TRIBUNAL CANTONAL

 

 

 

 


 

 


COUR ADMINISTRATIVE

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RECUSATION CIVILE

Séance du

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Présidence de               M.              Meylan, président

Juges              :              MM.              Muller et Michellod

Greffière              :              Mme              Berger

 

 

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Art. 47 al. 1 let. f et 48 CPC; art. 8a al. 3 et 8b al. 4 CDPJ; art. 6 al. 1 ROTC

 

 

              Vu la requête commune en divorce déposée le 7 avril 2015 par A.W.________ et B.W.________ auprès du Tribunal d'arrondissement de Lausanne,

 

              vu le courrier du 8 avril 2015 par lequel le Premier Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne a requis la récusation en corps de son office, au motif que la requérante est administratrice gestionnaire au greffe des affaires familiales dudit tribunal,

 

              vu les pièces au dossier;

 

 

              attendu que la cour de céans est compétente pour statuer sur la demande de récusation spontanée du 8 avril 2015 en vertu des art. 8a al. 3 CDPJ (Code de droit judiciaire privé vaudois du 12 janvier 2010, RSV 211.02) et 6 al. 1
let. a ROTC (règlement organique du Tribunal cantonal du 13 novembre 2007, RSV 173.31.1),

 

              que la demande satisfait aux exigences de fond et de forme,

 

              qu'elle est ainsi recevable;

 

              attendu qu'à teneur de l'art. 47 al. 1 let. f CPC (Code de procédure civile suisse du 19 décembre 2008, RS 272), les magistrats et fonctionnaires judiciaires se récusent lorsqu'ils pourraient être prévenus, notamment en raison d'un rapport d'amitié ou d'inimitié avec une partie ou son représentant,

 

qu’à teneur de l’art. 48 CPC, le magistrat ou le fonctionnaire judiciaire concerné fait état en temps utile d’un motif de récusation possible et se récuse lorsqu’il considère que ce motif est réalisé,

 

              que la récusation d'un juge ou d'un tribunal ne doit pas être autorisée à la légère, mais uniquement pour des motifs sérieux, la récusation devant demeurer l'exception (TF 1C_103/2011 du 24 juin 2011 c. 2.1; ATF 116 Ia 14 c. 4, JT 1991 IV 157),

 

              que la garantie du juge impartial, qui découle des art. 30 al. 1 Cst (Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999, RS 101) et 6 § 1 de la Convention du 4 novembre 1950 de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (RS 0.101), s'oppose à ce que des circonstances extérieures au procès puissent influencer le jugement d'une manière qui ne serait pas objective, en faveur ou au préjudice d'une partie (TF 5A_316/2012 du 17 octobre 2012 c. 6.2.1; TF 4A_151/2012 du 4 juin 2012 c. 2.1; ATF 138 I 1 c. 2.2 et les réf. citées, SJ 2012 I 351),

 

              qu'en la matière, même les apparences peuvent revêtir de l'importance, pour autant qu'elles fassent redouter une attitude partiale du ou des magistrats (ATF 134 I 20 c. 4.2), qu'elles soient objectives et résultent de faits déterminés (TF 5A_316/2012 du 17 octobre 2012 c. 6.2.1; ATF 138 I 1 c. 2.2 et les références citées; ATF 131 I 24 c. 1.1, JT 2006 II 186),

 

              qu'en l'espèce, la requérante travaille actuellement en tant qu'administratrice gestionnaire au greffe des affaires familiales du Tribunal d'arrondissement de Lausanne,

 

              que cette activité implique des contacts réguliers et professionnels avec les membres de cette autorité,

 

              qu'il est possible qu'un rapport d'amitié ou d'inimitié ait pu naître des relations professionnelles entre A.W.________ et les magistrats qui seront appelés à statuer sur la requête du 7 avril 2015 (CA 25 mars 2015/9; CA 3 novembre 2014/43),

 

              qu'il pourrait ainsi résulter de ces relations une apparence de prévention, du moins aux yeux de la partie adverse et des tiers,

 

              que la situation pourrait également être délicate pour les collaborateurs du greffe des affaires familiales amenés à intervenir dans la cause,

 

qu'afin de garantir l'impartialité du tribunal appelé à statuer sur la requête commune en divorce de A.W.________ et B.W.________, la demande de récusation présentée par le Premier président du tribunal d'arrondissement de Lausanne doit être admise,

 

              que, dans un tel cas, la cause doit être déléguée à une autre juridiction ayant les mêmes compétences (art. 8b al. 4 CDPJ),

 

              qu'il convient dès lors de désigner le Tribunal d'arrondissement de La Côte;

 

              attendu que le présent arrêt doit être rendu sans frais, ni dépens.

 

 

Par ces motifs,

la Cour administrative du Tribunal cantonal,

statuant à huis clos

prononce :

 

              I.              La demande de récusation déposée le 8 avril 2015 par le Tribunal d'arrondissement de Lausanne est admise.

 

              II.              La cause est transmise, dans l'état où elle se trouve, au Tribunal d'arrondissement de La Côte.

 

              III.              L'arrêt est rendu sans frais ni dépens.

 

              IV.              L'arrêt est exécutoire.

 

 

Le président :               La greffière :

 

 

 

Du

 

              L'arrêt qui précède, dont la rédaction a été approuvée à huis clos, est notifié en expédition complète, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑              M. [...], Premier président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne,

-              Me David Abikzer (pour A.W.________),

-              M. B.W.________.

 

 

              Un recours au sens des art. 319 ss CPC peut être formé dans un délai de 10 jours, la décision étant rendue en procédure sommaire, dès la notification de la présente décision en déposant au greffe du Tribunal cantonal un mémoire écrit et motivé. La décision objet du recours doit être jointe.

 

              Cet arrêt est communiqué, par l'envoi de photocopies, à :

 

‑              M. [...], Premier président du Tribunal d'arrondissement de La Côte.

 

              La greffière :