TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

 

Arrêt du 4 novembre 2019

Composition

M. Pascal Langone, président; Mme Christina Zoumboulakis et Mme Pascale Fassbind-de Weck, assesseures.

 

Recourants

1.

A.________ à ********, 

 

2.

B.________ à ********, 

 

 

3.

C.________ à ********, 

 

 

4.

D.________ à ********, 

 

 

5.

E.________ à ********, 

 

 

6.

F.________ à ********, 

 

 

7.

G.________ à ********, 

 

 

8.

H.________ à ******** tous représentés par Me Yves NICOLE, avocat à Yverdon-Les-Bains, 

 

  

Autorité intimée

 

Commune de Vully-les-Lacs,  représentée par Me Alain THÉVENAZ, avocat à Lausanne,   

  

Autorité concernée

 

Département du territoire et de l’environnement (DTE),  représenté par le Service du développement territorial, à Lausanne,   

  

 

Objet

plan d'affectation           

 

Recours A.________ et consorts c/ décision du Département du territoire et de l’environnement (DTE) du 25 juillet 2018 (approuvant préalablement la zone réservée adoptée le 27 février 2018 par le Conseil communal de la Commune de Vully-les-Lacs; parcelle n° 174)

 

 

 

Vu les faits suivants:

A.                     La Commune de Vully-les-Lacs est issue de la fusion de Bellerive, Chabrey, Constantine, Montmagny, Mur, Vallamand et Villars-le-Grand. A.________, B.________, C.________, D.________, E.________, F.________, G.________ et H.________ (ci-après: A.________ et consorts) sont copropriétaires, dans le village de Bellerive, de la parcelle n° 174 de la Commune de Vully-les-Lacs. D'une surface totale de 1'204 m2, ce bien-fonds, libre de construction, est en nature de pré-champ (1'163 m2) et de vignes (41 m2). La parcelle n° 174 est colloquée à raison d'environ 720 m2 en zone d'habitations familiales (de faible densité) et le solde (environ 480 m2) en zone agricole, selon le Plan général d'affectation des zones de Bellerive approuvé en 1992. Bordée à l'ouest par le chemin de la Planta, la parcelle n° 174  jouxte au sud la parcelle n° 170 (également classée en zone d'habitations familiales) et au nord la parcelle bâtie n° 1152  (colloquée en zone de village A, soit en zone de centre de localité). A.________ et consorts sont également copropriétaire de la parcelle n° 1023, d'une surface de 15'227 m2, entièrement colloquée en zone agricole et qui est contigüe, du côté est, à la parcelle n° 174. Un projet de construction d'une villa sur la parcelle n° 170, propriété de I.________, a été mis à l'enquête publique du 29 octobre 2016 au 27 novembre 2016 (2016-094-E; CAMAC n° 162283).

B.                     La Municipalité de Vully-les-Lacs a mis à l'enquête publique, du 31 mai au 29 juin 2017, un projet de plan d'affectation et de règlement de la zone réservée communale. Le règlement est ainsi libellé:

"Art. 1     But

La zone réservée selon l'art. 46 LATC est instaurée afin de sauvegarder les buts et principes régissant l'aménagement du territoire. Elle doit permettre d'assurer une utilisation rationnelle et cohérente du sol et d'adapter le dimensionnement des zones à bâtir aux besoins conformément à la LAT.

Art. 2     Effets        

A l'intérieur de la zone réservée, toute nouvelle construction permettant la création d'un nouveau logement est strictement interdite. Les bâtiments existants peuvent être entretenus.

Art. 3     Degré de sensibilité au bruit

Les degrés de sensibilité au bruit attribués aux zones selon les plans d'affectation en     vigueur au sens de l'ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit (OPB) restent applicables.

Art. 4     Mise en vigueur, durée et abrogation

La zone réservée déploie ses effets dès la mise à l'enquête (art. 57 et 79 LATC) pour la période prévue par l'art. 46 LATC, à savoir 5 ans, prolongeable 3 ans. Elle abroge provisoirement toutes les dispositions antérieures, notamment celles des règlements communaux qui lui sont contraires."

Selon le projet de plan, la parcelle n° 174 a été incluse dans la zone réservée, contrairement à la parcelle contiguë n° 170, qui était au bénéfice d'un permis de construire.

C.                     A propos de la justification du projet de zone réservée, le "Rapport selon l'article 47 OAT)" expose ce qui suit:

"1.2     Résumé

La commune de Vully-les-Lacs est le résultat de la fusion de Bellerive, Chabrey, Constantine, Montmagny, Mur, Vallamand et Villars-le-Grand, en 2011. Chaque territoire est régi par le plan général d'affectation (ci-après PGA) de l'ancienne commune.

Depuis l'entrée en vigueur du nouveau plan directeur cantonal (ci-après PDCn) en 2008, les sept communes, puis Vully-les-Lacs, ont connu une croissance importante reflétant la dynamique régionale. Or, le PDCn, par sa mesure A11, vise à limiter la croissance des territoires hors des centres. Selon la quatrième adaptation du PDCn, il en découle que la capacité de la zone à bâtir des territoires hors des centres doit être limitée à 0.75 % annuels de la population de 2014.

La Municipalité doit émettre des priorités de développement affinées et plus strictes dans le cadre de la révision du PGA. Par exemple, il s'agit d'éviter la localisation de nouveaux habitants dans des secteurs constructibles mais mal situés, et de favoriser des secteurs soutenus par la Municipalité, denses, bien desservis par les transports publics et à proximité des services.

A cet effet, la Municipalité. met en place une zone réservée, ciblée, dont l'effet est d'interdire toute nouvelle construction permettant la création d'un nouveau logement. L'ensemble du dossier se base sur les fiches d'aide à l'application du redimensionnement de la zone à bâtir éditées par le département et le service du développement territorial (ci-après SDT) en janvier 2016.

1.3     Objectif

La Municipalité, en application de l'article 77 LATC, met en place une zone réservée ciblée sur certains secteurs. Cela permet d'empêcher un développement urbain non maîtrisé, risquant d'aller à l'encontre des législations supérieures et mettant en péril le processus de révision du PGA. Cette zone réservée bloque ainsi toute nouvelle construction permettant la création de nouveaux logements dans des secteurs identifiés, afin de laisser à la commune le temps de bien dimensionner les zones à bâtir en fonction des nouvelles législations, de les localiser correctement et de les prioriser de façon adéquate.

La zone réservée déploie ses effets dès la mise à l'enquête publique (art. 57 et 79 LATC) pour la période prévue par l'art. 46 LATC, à savoir 5 ans, prolongeable 3 ans. Elle abroge provisoirement toutes les dispositions antérieures, notamment celles des règlements communaux, qui lui sont contraires.

1.4     Planifications communales en vigueur

Le territoire de Vully-les-Lacs est actuellement régi par les PGA de chaque ancienne commune (...).

Le projet de zone réservée concerne l'ensemble des PGA.

1.5     Chronologie

En janvier 2015, le bilan des réserves à bâtir de la commune de Vully-les-Lacs est établi par le biais du guichet cartographique du canton de Vaud. Selon celui-ci, il ne reste plus aucune possibilité de croissance pour la commune.

En mai 2016, la Municipalité de Vully-les-Lacs décide d'entamer la révision des PGA des sept anciennes communes et d'élaborer un nouveau PGA. Un tout-ménage est envoyé à la population pour les informer de la mise en vigueur de la LAT révisée et des dispositions du PDCn pour assurer la mise en conformité des zones à bâtir avec les exigences de la LAT.

Fin mai 2016, un avis est publié dans le journal de la Broye et dans la feuille d'avis officiel (FAO) du vendredi 27 mai 2016. La Municipalité entend procéder à la révision de l'ensemble de ses PGA et que conformément à l'art. 77 LATC, la Municipalité pourra refuser un permis de construire pour tout projet non conforme à la planification envisagée.

(...)

2.1     Acteurs du projet de zone réservée

Le présent dossier est constitué par la Municipalité et le Service technique, appuyés par le bureau mandaté J.________, également en charge de la révision du PGA.

2.2     Information, concertation

Plusieurs échanges par courrier ainsi que des séances entre la Municipalité et le SDT ont permis de préciser le périmètre du territoire urbanisé de la commune et de décider de la mise en place d'une zone réservée.

Fin mai 2016, un avis est publié dans le journal de la Broye et dans la feuille d'avis officiel (FAO) du vendredi 27 mai 2016 pour avertir la population que la Municipalité entend procéder à la révision de l'ensemble de ses PGA.

En temps voulu, la Municipalité informera de manière appropriée la population conformément à l'art. 3 LATC.

3.1     Nécessité de la zone réservée

Comme décrit ci-dessus, la commune de Vully-les-Lacs est le résultat de la fusion de Bellerive, Chabrey, Constantine, Montmagny, Mur, Vallamand et Villars-le-Grand, en 2011. Chaque territoire est actuellement régi par le PGA de l'ancienne commune.

Les effets de l'art. 15 LAT et les mesures du PDCn concernées demandent la mise en place de nouvelles définitions et outils qui permettent d'identifier les besoins de développement de la commune et de planifier les zones à bâtir de telle manière qu'elles répondent aux besoins prévisibles pour les 15 années suivantes. Afin d'assurer un développement communal durable, il est nécessaire de favoriser le développement là où se concentrent les équipements, les services et la meilleure accessibilité au réseau de transport public.

La mise en place d'une zone réservée permet d'éviter de nouvelles constructions renforçant les problématiques liées à l'étalement urbain et au mitage du territoire. Elle suspend la constructibilité de logements sur des secteurs sur lesquels les plans doivent être revisités, modifiés ou élaborés et permet ainsi d'éviter tout projet qui pourrait entraver l'établissement du futur plan d'affectation.          

Durant les cinq ans de l'application de ce régime, la commune pourra étudier la croissance démographique prévue, dimensionner la zone à bâtir en conséquence, répartir les surfaces d'accueil des nouveaux habitants de manière cohérente, coordonnée et priorisée.

Enfin, du côté réglementaire, cela permettra à la commune de se conformer aux exigences de la nouvelle LAT et à l'application du plan directeur cantonal.

3.2     Méthodologie

Partant du constat que la commune est manifestement surdimensionnée, la zone réservée est appliquée à l'ensemble des zones à bâtir se situant à l'extérieur du périmètre du territoire urbanisé. Le périmètre du territoire, urbanisé est défini selon la fiche technique n°8 « délimiter le territoire urbanisé » du SDT du 18 janvier 2016.

Les zones à bâtir non concernées par le logement (zone d'utilité publique, industrielle, artisanale) n'ayant pas d'impact sur le dimensionnement ne sont pas touchées par la zone réservée.

4.1     Planifications d'ordre supérieur

La mise en place de la zone réservée, selon l'art. 27 LAT et l'art. 46 LATC, est conforme aux planifications d'ordre supérieur, aux mesures transitoires de la LAT et à la mise en oeuvre du PDCn.

La zone réservée respecte les conditions suivantes :

>            les buts et les principes régissant l'aménagement du territoire l'exigent

>            un intérêt public prépondérant est justifié

>            le principe de proportionnalité et l'égalité de traitement sont respectés

Au-delà de sa durée de validité et sans nouvelle affectation approuvée durant la validité de la zone réservée, l'affectation du sol en vigueur au moment de l'introduction de la zone réservée est rétablie automatiquement. Equivalant à un plan d'affectation, la zone réservée suit la procédure usuelle (art. 56 et ss LATC)."

D.                     Le 23 juin 2017, A.________ et consorts, qui sont copropriétaires de la parcelle n° 174, ont formé opposition au projet de zone réservée. La proposition de réponse à l'opposition de A.________ et consorts retient en substance que l'instauration d'une zone réservée s'applique à l'ensemble des parcelles situées à l'extérieur du territoire urbanisé, telle que la parcelle n° 174.

E.                     Le 5 décembre 2017, la municipalité a établi le préavis n° 2018/01 à l'intention du Conseil communal, dont la teneur est la suivante:

" I- CONTEXTE

Le 1er mai 2014, à la suite d'une votation populaire, sont entrées en vigueur diverses modifications apportées à la loi fédérale sur l'aménagement du territoire (ci-après : LAT). Parmi celles-ci, le nouvel art. 15 LAT prévoit que les réserves de zones à bâtir disponibles sur le territoire d'une commune doivent correspondre aux besoins prévisibles pour les 15 prochaines années. En cas de réserves excédentaires, celles-ci doivent être supprimées, c'est-à-dire que certains terrains à bâtir doivent redevenir non constructibles (affectation nouvelle en zone agricole, viticole, etc.). A la suite de cette modification du droit fédéral de l'aménagement du territoire, le Grand Conseil a récemment adopté, le 20 juin 2017, la 4ème adaptation du Plan directeur cantonal (ci-après : PDCant). Cette adaptation intègre au PDCant diverses règles, permettant de concrétiser les principes désormais ancrés dans le droit fédéral. Cette 4ème adaptation du PDCant est actuellement en cours d'approbation auprès du Conseil fédéral, qui devrait vraisemblablement se prononcer au cours du 1er trimestre de l'année 2018.

S'agissant de la Commune de Vully-les-Lacs, son territoire est encore régi par les plans généraux d'affectation, plans partiels d'affectation ou plans de quartier, adoptés par les anciennes Communes de Bellerive, Chabrey, Constantine, Montmagny, Mur, Vallamand et Villars-le-Grand. La Municipalité envisage d'engager prochainement des études, tendant à réviser ces planifications et à élaborer un nouveau plan général d'affectation régissant l'ensemble du territoire de la nouvelle Commune de Vully-les-Lacs, sous réserve de certains plans de quartier ou plans partiels d'affectation qui pourraient être maintenus. Ces études devraient démarrer au cours de l'année 2018.

Les réserves de zones à bâtir se trouvant sur le territoire de la Commune de Vully-les-Lacs sont largement excédentaires, par rapport à ce qui est nécessaire pour les 15 années à venir, si l'on applique les règles de calcul récemment adoptées par le Grand Conseil. Conscient de ce surdimensionnement, le Département du territoire et de l'environnement, par son Service cantonal du développement territorial, a fait opposition à plusieurs demandes de permis de construire, depuis le début de l'année 2016. Ces oppositions ont généralement été suivies par des projets de zones réservées cantonales, portant sur les parcelles concernées par les demandes de permis de construire. Face à cette situation et souhaitant éviter que trop de nouvelles constructions interviennent à bref délai sur le territoire communal, rendant encore plus difficile la réduction des zones constructibles excédentaires, la Municipalité a étudié l'opportunité d'élaborer un projet de zone réservée communale. La zone réservée, définie à l'art. 46 LATC, a pour objet de rendre provisoirement inconstructibles certains secteurs du territoire communal, dans l'attente de la révision du plan général d'affectation. Cette inconstructibilité provisoire a une durée limitée de 5 ans, prolongeable de 3 ans.

II- LE PROJET DE ZONE RESERVEE COMMUNALE

Schématiquement, la Municipalité a envisagé deux scénarios.

Selon le premier, la zone réservée aurait porté sur l'ensemble du territoire de la Commune de Vully-les-Lacs. Cette solution empêcherait toute nouvelle construction ou tout nouvel agrandissement, voire tout changement d'affectation sur l'ensemble du territoire communal pendant quelques années. La Municipalité a estimé que cette solution était disproportionnée, dans la mesure où la Commune doit pouvoir continuer à bénéficier d'un développement ces prochaines années ; de surcroît, le dézonage ne va pas comprendre l'ensemble des parcelles à bâtir actuelles, en particulier celles qui sont déjà construites et qui pourraient être transformées, mais seulement certains secteurs. Pour ces raisons, la Municipalité s'est orientée sur un deuxième scénario, consistant à n'inclure dans la zone réservée que certaines parcelles, qui devront selon le plus de probabilités, être dézonées dans le cadre de la révision des plans d'affectation actuels. La méthodologie retenue, d'entente avec le Service du développement territorial, a été de définir le périmètre du territoire urbanisé et d'affecter en zone réservée l'ensemble des zones à bâtir se situant en dehors de celui-ci. Les zones à bâtir non concernées par le logement (zones d'utilité publique, industrielles, artisanales), n'ayant pas d'impact sur le dimensionnement des zones à bâtir vouées à l'habitation, n'ont pas été inclues dans la zone réservée.

Comme déjà relevé, la zone réservée est une mesure provisoire. Les décisions relatives au déclassement définitif des parcelles concernées se prendront ultérieurement, lors de la révision des plans d'affectation et l'adoption d'un nouveau plan général d'affectation pour l'ensemble du territoire de la Commune de Vully-les-Lacs. La mise en place d'une zone réservée permet d'éviter de nouvelles constructions renforçant les problématiques liées à l'étalement urbain et au mitage du territoire. Elle suspend la constructibilité de logements sur les secteurs sur lesquels les plans doivent être revisités, modifiés ou élaborés et permet ainsi d'éviter tout projet qui pourrait entraver l'établissement du futur plan général d'affectation.

III.- PROCEDURE

(...)

IV.- LE SECTEUR DE COTTERD

Le secteur dit de Cotterd, comprenant les parcelles nos 171,172, 241, 242, 244, 247, 248, 249, 250, 251, 254, 1089, 1090 et 1162, ne fait pas partie du territoire urbanisé, tel que défini par le SDT. Par conséquent, les parcelles précitées font partie de la zone réservée, telle qu'elle a été soumise à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017. Quatre propriétaires, concernés par ce secteur, ont formé opposition à l'encontre de la zone réservée ; ces oppositions concernent au total 7 parcelles (oppositions nos 24, 38, 44 et 69). Dans sa vision, la Municipalité avait déjà estimé que le secteur de Cotterd devrait faire partie du territoire urbanisé, afin de renforcer les territoires construits entre les villages de Bellerive et Salavaux. Quand bien même aujourd'hui ce secteur ne fait pas partie du périmètre du territoire urbanisé, tel que défini par le SDT lors de son examen préalable, la Municipalité propose de revenir à sa première vision et de sortir les parcelles précitées de la zone réservée. Cette modification ne nécessitera pas d'enquête publique complémentaire, comme l'a confirmé le Service du développement territorial, dans une lettre adressée à la Municipalité le 27 octobre 2017 (...)".

 

V.- CONCLUSIONS

Se fondant sur ce qui précède, la Municipalité vous prie, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers, de bien vouloir voter le décret suivant :

Le Conseil communal de Vully-les-Lacs :

sur proposition de la Municipalité,

ouï le rapport de la Commission chargée d'étudier le préavis n° 2018/01

considérant que cet objet a été porté à l'ordre du jour,

décide :

1.-          d'amender le plan d'affectation de la zone réservée, soumis à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017, en excluant de la zone réservée le secteur de Cotterd, comprenant les parcelles nos 171,172, 241, 242, 244, 247, 248, 249, 250, 251, 254, 1089, 1090 et 1162.

2.-          de lever les oppositions formulées à l'encontre du plan d'affectation et règlement de la zone réservée, soumis à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017, et d'adopter les projets de réponses aux oppositions figurant dans l'annexe au préavis n° 2018/01.

3.-          d'adopter le plan d'affectation et le règlement de la zone réservée, soumis à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017, sous réserve de l'amendement voté au chiffre 1.-.

4.-          d'autoriser la Municipalité à entreprendre toutes démarches pour mener ce projet à terme et à plaider si nécessaire devant toutes instances saisies.(...)".

F.                     Le 13 février 2018, la commission du Conseil communal sur le préavis municipal No 2018/01 a rédigé le rapport suivant:

"La commission chargée de l'étude du préavis 2018/01 a été nommée début décembre 2017 et a reçu le 12 décembre la documentation nécessaire à l'exécution de son travail d'examen. Le dossier remis aux membres de la commission comprenait le plan d'affectation et le règlement de la zone réservée tels que mis à l'enquête, les oppositions, les comptes rendus des séances de conciliation tenues selon l'article 58, alinéa 1 de la Loi sur l'aménagement du territoire et des communes (LATC), les propositions de réponses aux oppositions, ainsi qu'un jeu complet de plans de chaque village. Par la suite, la commission a reçu — à sa demande — d'autres documents et informations permettant de compléter sa compréhension du dossier.

(...)

La commission était composée d'un représentant par village (...)

Afin de comprendre la démarche et les critères appliqués dans le cadre de l'élaboration du plan d'affectation de la zone réservée, la commission a rencontré à deux reprises une délégation de la municipalité emmenée par le syndic, accompagnée du responsable technique communal et du représentant de J.________, bureau d'urbanisme mandaté par la commune. Le 17 janvier 2018, l'historique, les généralités du projet de création de la zone réservée ont été présentés par J.________ et la municipalité ; de plus, des réponses ont été données aux questions préalablement soumises par la commission. Le 31 janvier 2018 des points précis relatifs aux choix effectués par la municipalité et le bureau J.________ ont été abordés.

Rappel des faits :

La révision de la Loi fédérale sur l'aménagement du territoire (LAT) est entrée en vigueur le 1er  mai 2014. Le nouvel article 15 prévoit que les réserves de zones à bâtir disponibles sur le territoire du canton et des communes doivent correspondre aux besoins prévisibles pour les 15 prochaines années. Si les réserves sont supérieures aux besoins, celles-ci doivent être supprimées dans le cadre de l'élaboration d'un nouveau plan général d'affectation (PGA) des zones du territoire. Ces nouvelles dispositions ont des répercussions considérables sur la planification territoriale à l'échelle des cantons et des communes et impliquent un changement de vision.

Comme cela a été rappelé dans le cadre de la présentation faite lors du conseil communal du 23 janvier 2018, la commune de Vully-les-Lacs est en surcapacité, quelle que soit la, méthode de calcul appliquée. La réserve de terrains en zone à bâtir existante dépasse largement le potentiel de croissance autorisé pour notre commune. Une diminution du nombre de mètres carrés constructibles est donc inéluctable. Il en résulte pour les propriétaires concernés une perte de patrimoine. Ce travail de réduction sera effectué lors de l'élaboration du nouveau plan général d'affectation (PGA) du territoire de Vully-les-Lacs dès 2018.

Le plan d'affectation et le règlement de la zone réservée ont été soumis à l'enquête publique du 31 mai au 29 juin 2017.

La zone réservée

Pour rappel, la mise en place d'une zone réservée — selon l'article 46 LATC - est une mesure provisoire d'une durée limitée à 5 ans, prolongeable de 3 ans au maximum. Pour Vully-les-Lacs, cette mesure sera en vigueur jusqu'au 30 mai 2022, respectivement 2025.

Comme le précise le règlement mis à l'enquête par la municipalité, toute construction additionnelle visant à la création d'un nouveau logement est strictement interdite. Cependant, les bâtiments existants peuvent être entretenus conformément aux dispositions de l'article 80 LATC ; c'est-à-dire qu'ils peuvent être rénovés, transformés, pour autant que leur capacité d'accueil de nouveaux habitants ne soit pas augmentée.

Comme rappelé par la municipalité, lors de la séance d'information du 23 janvier dernier, la construction d'un garage, d'un cabanon de jardin ou d'une piscine —. par exemple — sont possibles sur un terrain mis en zone réservée, pour autant que les dispositions du PGA en vigueur au moment de l'instauration de la zone réservée le permettent.

Lors du lancement de l'élaboration des travaux du plan d'affectation de la zone réservée, la municipalité a choisi la stratégie de définir un territoire urbanisé, plutôt que de mettre la totalité du territoire communal en zone réservée.

Cette stratégie - validée) par le Service cantonal du développement territorial (DT) - offre plusieurs avantages :

. elle permet de réduire le développement de nouvelles habitations et donc de respecter les exigences du canton,

. elle permet de poursuivre le développement de la commune sur les parcelles situées à l'intérieur du territoire urbanisé.

Cependant, cette manière de faire ne permet pas une égalité de traitement de tous les propriétaires de terrains situés en zone à bâtir. Seuls les propriétaires de terrains situés dans le nouveau périmètre urbanisé défini pour chaque village de la commune ont la possibilité de construire de nouveaux logements.

Malgré cet inconvénient, la majorité de la commission soutient le principe de la mise en place d'une zone réservée.

La commission tient également à relever que le nombre de terrains en zone à bâtir encore disponibles dans les villages composant Vully-les-Lacs est très variable ; le village de Mur a, par exemple, pratiquement épuisé son potentiel de développement. C'est pourquoi, il n'y a pas une répartition équitable du nombre de terrains mis en zone réservée par village.

Examen par la commission :

La commission s'est appliquée à comprendre, analyser et vérifier les critères utilisés pour définir les périmètres des territoires urbanisés, en particulier celui du principe de la proportionnalité et d'égalité de traitement. La municipalité a confirmé s'être basée sur les critères définis dans les 2 fiches cantonales du 18 janvier 2016 « Délimiter le territoire urbanisé » et « Définir des zones réservées » pour définir la zone réservée.

La commission a cependant constaté que l'application des critères de ces deux fiches était sujette à interprétation et que d'autres critères comme la date de dépôt du dossier de mise à l'enquête ont été utilisés.

Le projet de la municipalité a fait l'objet d'un premier examen préalable du SDT en décembre 2016, puis d'un second en février 2017.

Initialement la commission a pensé que plusieurs modifications pouvaient être apportées au projet afin de l'améliorer ; au cours de l'avancement de nos travaux, nous avons compris qu'un bouleversement du projet pourrait très probablement engendrer une opposition au niveau cantonal. Cela risquerait de bloquer de manière bien plus importante le développement de l'ensemble du territoire de la commune de Vully-les-Lacs.

La zone de Cotterd :

Concernant la zone de Cotterd, la commission a débattu longuement sur ce sujet. Nous avons bien compris le travail en amont de la municipalité afin de sortir ce secteur de la zone réservée. La lettre du SDT, datée du 27.10.2017, est malheureusement explicite. Si ce secteur est retiré de la zone réservée, aucune mise à l'enquête complémentaire n'est nécessaire. Par contre, la marge de manoeuvre du PGA n'en sera que plus limitée. Nous sommes d'avis que la perte de la zone de Cotterd (soit 15'205 m2) influence trop lourdement la marge de manoeuvre de l'établissement du PGA. En refusant l'amendement, nous démontrons au canton une sagesse, et de la bonne volonté.

Remarques complémentaires :

Nous tenons à rendre la municipalité attentive à la communication. Nous avons été surpris de constater qu'elle n'a à aucun moment cherché à informer de manière précise les propriétaires des terrains mis en zone. Ce n'est certes pas une obligation, mais une élégance ; par ailleurs cela aurait permis de mieux expliquer la démarche et sa complexité et limiter le nombre des oppositions et frais encourus. Dans le même souci d'amélioration de la communication, la commission est d'avis qu'il est important de modifier les réponses aux opposants afin qu'une réponse adaptée à chaque opposition soit donnée.

La commission tient à souligner qu'une acceptation du préavis municipal 2018/01, modifié ou non par un ou plusieurs amendements, ne constitue pas un chèque en blanc pour établir le futur PGA de la commune de Vully-les-Lacs qui serait exactement calqué sur le plan d'affectation de la zone réservée.

Pour terminer, la commission encourage la municipalité à démarrer sans délai les travaux de mise en oeuvre du nouveau plan général d'affectation (PGA) de la commune. En effet, le conseil fédéral ayant adopté le 31 janvier dernier la 4ème révision du plan directeur cantonal, celui-ci peut désormais être mis en oeuvre. Les communes disposant de zones à bâtir d'habitation et mixtes trop importantes par rapport à leurs besoins doivent procéder à leur redimensionnement d'ici au 30 juin 2022.

Compte tenu de ce qui précède et après d'intenses délibérations, la commission accepte - à la majorité - le plan tel que mis à l'enquête et refuse - à une majorité confortable - l'amendement proposé par la municipalité pour la zone de 'Cotterd'.

En conclusion et en se fondant sur ce qui précède, la commission propose au conseil communal :

1.   de refuser l'amendement proposé par la municipalité,

2.   a) de lever toutes les oppositions formulées à l'encontre du plan  d'affectation et du règlement de la zone réservée soumis à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017,

      b) de donner mandat à la municipalité de fournir aux opposants des   réponses écrites complétées et personnalisées,

3.   d'adopter le plan d'affectation et le règlement de la zone réservée tels que soumis à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017,

4,   d'autoriser la municipalité à entreprendre toutes démarches pour mener ce projet à terme et à plaider si nécessaire devant toutes instances saisies."

Dans sa séance du 27 février 2018, le Conseil communal de Vully-les-Lacs a décidé

- de refuser l'amendement de la municipalité sur le plan d'affectation de la zone réservée demandant d'exclure de la zone réservée le secteur de Cotterd, comprenant les parcelles nos 171,172, 241, 242, 244, 247, 248, 249, 250, 251, 254, 1089, 1090 et 1162

- d'accepter les projets de réponses aux oppositions formulées à l'encontre du plan d'affectation et règlement de la zone réservée, et

- d'adopter le plan d'affectation et le règlement de la zone réservée, soumis à l'enquête publique du 31 mai 2017 au 29 juin 2017.

Le 25 juillet 2018, la Cheffe du Département du territoire et de l'environnement (DTE) a décidé d'approuver préalablement la zone réservée communale.

G.                    Agissant le 12 septembre 2018 par la voie du recours de droit administratif à l'encontre des décisions du Conseil communal du 27 février 2018 (adoption de la zone réservée) et du département cantonal du 25 juillet 2018 (approbation préalable de cette zone), A.________ et consorts concluent principalement à la réforme desdites décisions en ce sens que la parcelle n° 174 est retranchée de la zone réservée communale. Subsidiairement, ils concluent à l'annulation des décisions attaquées.

Dans leur réponse respective du 14 décembre 2018, la municipalité et le Service du développement territorial (SDT), agissant au nom du département cantonal, concluent au rejet du recours. Le 29 janvier 2019, les recourants ont déposé spontanément une réplique. Le 26 février 2019, le SDT a dupliqué. Le 11 mars 2019, les recourants ont déposé spontanément des observations.

 

Considérant en droit:

1.                      a) Le recours est dirigé contre les décisions du conseil communal et du DTE par lesquelles le plan de la zone réservée a été adopté puis approuvé préalablement. Ces deux décisions ont été notifiées simultanément aux opposants déboutés, conformément à l'art. 60 de la loi du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du territoire et les constructions (LATC; BLV 700.11), dans sa teneur applicable alors (avant la révision entrée en vigueur le 1er septembre 2018). Elles peuvent ensemble faire l'objet d'un recours de droit administratif au Tribunal cantonal (anciens art. 60 et 61 al. 2 LATC; art. 92 ss de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative [LPA-VD; BLV 173.36]).

Déposé en temps utile (art. 95 LPA-VD) par des personnes ayant pris part à la procédure devant l’autorité précédente et manifestement atteintes par les décisions attaquées (art. 75 LPA:VD), le présent recours, qui respecte toutes les autres conditions formelles (art. 76, 77 et 79 LPA-VD, par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), est recevable.

2.                      Les recourants sollicitent la tenue d'une inspection locale.

a) Le droit d'être entendu garanti à l'art. 29 al. 2 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999 de la Confédération suisse (Cst.; RS 101) comprend notamment celui de faire administrer les preuves, pour autant qu'elles apparaissent utiles à l'établissement des faits pertinents (ATF 139 II 489 consid. 3.3 p. 496); il ne comprend en revanche pas le droit d'être entendu oralement (ATF 140 I 68 consid. 9.6.1 p. 76; 134 I 140 consid. 5.3 p. 148). L'autorité peut mettre un terme à l'instruction lorsque les preuves administrées lui ont permis de former sa conviction et que, procédant d'une manière non arbitraire à une appréciation anticipée des preuves qui lui sont encore proposées, elle a la certitude que ces dernières ne pourraient l'amener à modifier son opinion (ATF 140 I 285 consid. 6.3.1 p. 299; 137 III 22 p. 210).

b) En l'espèce, le dossier – qui contient notamment plusieurs plans – est suffisamment complet pour permettre au Tribunal de céans de statuer en toute connaissance de cause. Il y a dès lors lieu de rejeter, par une appréciation anticipée des moyens de preuve, la requête de la recourante tendant à la mise en œuvre d'une inspection locale.

3.                      Il sied d'examiner en premier lieu si, dans son principe, la zone réservée litigieuse s'avère bien fondée et répond à un intérêt public.

a)  aa) Les zones réservées sont régies par les dispositions suivantes :

L'art. 27 de la loi fédérale du 22 juin 1919 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700), intitulé "Zones réservées", a la teneur suivante:

" 1 S'il n'existe pas de plan d'affectation ou que l'adaptation d'un tel plan s'impose, l'autorité compétente peut prévoir des zones réservées dans des territoires exactement délimités. A l'intérieur de ces zones, rien ne doit être entrepris qui puisse entraver l'établissement du plan d'affectation.

2 Une zone réservée ne peut être prévue que pour cinq ans au plus; le droit cantonal peut prolonger ce délai."

Sous la note marginale "zone réservée", l'art. 46 LATC, dans sa teneur au moment où la décision attaquée a été rendue, prévoit ce qui suit:

"1 La commune ou l'Etat peuvent établir une zone réservée, à titre provisoire, pour une durée de cinq ans pouvant être prolongée de trois ans au maximum lorsque la sauvegarde des buts et des principes régissant l'aménagement du territoire l'exige.

2 La procédure est réglée au chapitre IV ci-dessous."

L'art. 46 LATC, dans sa nouvelle teneur en vigueur dès le 1er septembre 2018, prévoit que les communes ou le département peuvent établir des zones réservées selon l'art. 27 LAT. Ces zones interdisent ou limitent la constructibilité des terrains pendant une période maximale de cinq ans, pouvant être prolongée de trois ans au maximum (al. 1). La procédure d'approbation est celle des plans d'affectation (al. 2).

Les zones réservées ont pour but de garantir (provisoirement) la planification (telle qu'elle a été envisagée). Il s'agit en particulier de garantir aux autorités chargées de l'aménagement du territoire la liberté de planifier et de décider, et d'éviter que des projets de constructions viennent entraver cette liberté.

bb) Selon la jurisprudence (rappelée par la Cour constitutionnelle dans l'arrêt CCST.2014.0001 du 3 juillet 2014; v. ég. AC.2017.0386 du 27 septembre 2018, AC.2017.0078 du 28 février 2018, AC.2016.0420 du 6 juin 2017, AC.2013.421 du
26 avril 2016), l'instauration d'une zone réservée suppose réunies trois conditions matérielles, soit une intention de modifier la planification, une délimitation exacte des territoires concernés et le respect du principe de la proportionnalité: la délimitation des zones concernées ne doit pas aller au-delà de ce qui est nécessaire au maintien d'une situation en vue de la nouvelle planification (ATF 138 I 131 consid. 6.2). Dans le périmètre de la zone réservée, on peut interdire toute construction nouvelle, voire toute transformation – si le principe de la proportionnalité est respecté –, ou bien n'autoriser que celles qui ne menacent pas le futur plan d'aménagement (cf. Piermarco Zen-Ruffinen / Christine Guy-Ecabert, Aménagement du territoire, construction, expropriation, Berne 2001, n° 460 p. 201/202). En raison de l'importance de la restriction de la propriété que peut représenter l'instauration d'une zone réservée, le principe de la proportionnalité (cf. art. 36 al. 3 de la Constitution fédérale du 18 avril 1999; Cst; RS 101) exige que cette mesure provisionnelle ne soit prescrite que pour des périmètres délimités précisément, dans lesquels une adaptation du plan d'affectation se justifie; d'un point de vue spatial, elle ne doit pas aller au-delà du "territoire exactement délimité" pour lequel elle est nécessaire (cf. Alexander Ruch, in Commentaire pratique LAT: Planifier l'affectation, 2016, n° 47 ad art. 27; Bernhard Waldmann / Peter Hänni, Handkommentar RPG, Berne 2006, n° 21 ad art. 27).

Du point de vue temporel, la limitation à cinq ans de la durée de la zone réservée lie les cantons, qui ne peuvent prévoir par une règle générale une autre durée initiale (Ruch, op. cit., n° 55 ad art. 27). Les cantons peuvent permettre une prolongation de la durée, ce qu'a fait le droit vaudois (cf. art. 46 al. 1 LATC). Il faut que la nécessité d'une prolongation soit démontrée dans chaque cas concret, et il ne serait pas admissible de fixer d'emblée à plus de cinq ans la durée d'une zone réservée, en faisant préventivement usage de la possibilité de prolonger. Au demeurant, il doit être mis fin à la zone réservée même avant l'échéance des cinq ans de l'art. 27 al. 2 LAT, si la mesure provisionnelle n'est plus nécessaire (cf. Ruch, op. cit., n° 57 ad art. 27; Waldmann/Hänni, op. cit., n° 22 ad art. 27).

b) Pour l'instauration d'une zone réservée cantonale ou communale, l'art. 46 al. 2 LATC prévoit que la procédure est réglée au chapitre IV de la LATC, ce qui signifie que la procédure est la même que pour l'établissement des plans d'affectation.

La LAT impose au droit cantonal certaines exigences en matière de protection juridique. Une autorité cantonale de recours au moins doit disposer d’un libre pouvoir d’examen (art. 33 al. 3 let. b LAT). Il n’est pas indispensable que l’autorité dont parle l’art. 33 al. 3 let. b LAT soit une autorité judiciaire; il peut s’agir d’un département de l’administration ou du gouvernement cantonal, statuant sur opposition (ATF 131 II 81 consid. 6.6 p. 96, 127 II 238 consid. 3b/bb p. 242/243), pour autant que cette autorité soit indépendante de celle qui adopte le plan (ATF 127 II 238 consid. 3b/aa, bb p. 242/243). Le libre pouvoir d’examen dont parle l’art. 33 al. 3 let. b LAT ne se réduit pas à la constatation des faits et de l’application du droit; il comprend aussi le contrôle de l’opportunité du plan, qui permet à l’autorité d’opter pour une autre solution équivalente qu’elle juge préférable, et cela quand bien même la solution qui lui est soumise est conforme au droit (ATF 131 II 81 consid. 6.6 p. 96/97, 127 II 238 consid. 3b/aa p. 242; arrêt TF 1C_417/2009 du 21 janvier 2010 consid. 2.3). Cela ne signifie pas pour autant que l’autorité cantonale investie du contrôle de l’opportunité agisse comme autorité supérieure de planification ou de surveillance (ATF 131 II 81 consid. 6.6 p. 97). Elle vérifie que l’autorité qui a adopté le plan n’a pas abusé ou mésusé de son pouvoir d’appréciation. Elle s’impose une certaine retenue, s’agissant des circonstances locales ou des questions de pure appréciation (cf. art. 2 al. 3 LAT; ATF 131 II 81 consid. 6.6 p. 97). Une mesure de planification doit être maintenue lorsqu’elle se révèle appropriée à la situation de fait; l’autorité de recours n’est pas habilitée à lui substituer une autre solution, même tout aussi appropriée (ATF 127 II 238 consid. 3b/aa p. 242).

c) À l'appui de sa décision d'instaurer une zone réservée communale, les autorités intimées invoquent en particulier le surdimensionnement de la zone à bâtir communale.

aa) L'art. 75 al. 1 Cst. prévoit que la Confédération fixe les principes applicables à l'aménagement du territoire. Celui-ci incombe aux cantons et sert une utilisation judicieuse et mesurée du sol et une occupation rationnelle du territoire. L'art. 1er al. 1 LAT précise que la Confédération, les cantons et les communes veillent à assurer une utilisation mesurée du sol et à réaliser une occupation du territoire propre à garantir un développement harmonieux de l'ensemble du pays. L'art. 1 al. 2 LAT définit les buts de l'aménagement du territoire. Cette disposition, dans sa nouvelle teneur entrée en vigueur le 1er mai 2014, précise que les autorités chargées de l'aménagement du territoire soutiennent les efforts entrepris aux fins, notamment: d'orienter le développement de l'urbanisation vers l'intérieur du milieu bâti, en maintenant une qualité de l'habitat appropriée (let. a bis); de créer un milieu bâti compact (let. b). L'art. 3 LAT prescrit les principes d'aménagement, parmi lesquels il convient notamment de préserver le paysage (art. 3 al. 2) et d'aménager les territoires réservés à l'habitat et à l'exercice d'activités économiques selon les besoins de la population tout en limitant leur étendue (art. 3 al. 3 LAT).

L’art. 15 LAT, dans sa teneur en vigueur depuis le 1er mai 2014, dispose ce qui suit:

"Art. 15  Zones à bâtir

11 Les zones à bâtir sont définies de telle manière qu'elles répondent aux besoins prévisibles pour les quinze années suivantes.

2 Les zones à bâtir surdimensionnées doivent être réduites.

3 L'emplacement et la dimension des zones à bâtir doivent être coordonnés par-delà les frontières communales en respectant les buts et les principes de l'aménagement du territoire. En particulier, il faut maintenir les surfaces d'assolement et préserver la nature et le paysage.

(...)".

Avec ces modifications, le législateur fédéral a voulu se concentrer sur les problèmes les plus aigus de l'aménagement du territoire, à savoir la dispersion des constructions et la perte de terres cultivables. Le nouvel art. 15 LAT précise les conditions permettant de classer des nouveaux terrains en zone à bâtir, conditions qui résultaient déjà de la jurisprudence fédérale (ATF 141 II 393 consid. 2; arrêt TF 1C_113/2014 du 3 septembre 2014 consid. 3.1; Message du Conseil fédéral du 20 janvier 2010 relatif à une révision partielle de la loi sur l'aménagement du territoire publié in FF 2010 959, ch. 1.1 p. 963). Ainsi, le nouvel art. 15 LAT a essentiellement codifié la jurisprudence et la pratique, mais la modification de la LAT apporte certaines innovations telles que l'exigence de plans directeurs contenant les stratégies de répartition des zones à bâtir et le calcul supposé plus précis des surfaces en fonction des besoins (ATF 141 II 393 consid. 2; Alexandre Flückiger, La création et le dimensionnement des zones à bâtir: enjeux et méthodes, Révision 2014 de la LAT - Faire du neuf avec du vieux?, 2015, p. 81). Les nouvelles règles de la LAT relatives au redimensionnement des zones à bâtir ont permis de mettre en évidence d'importants décalages entre les exigences légales prévalant déjà sous l'ancien droit et les dimensions effectives des zones à bâtir (arrêts TF 1C_568/2014 et 1C_576/2014 du 13 janvier 2016 consid. 7.2; Message, FF 2010 959, ch. 1.1 p. 963, ch. 2.3.4 p. 980, ch. 2.6 p. 987 et ch. 3.2 p. 988).

L'art. 8a LAT dispose que dans le domaine de l'urbanisation, le plan directeur cantonal doit définir notamment la dimension totale des surfaces affectées à l'urbanisation (let. a), la manière de concentrer le développement d'une urbanisation de qualité à l'intérieur du milieu bâti (let. c) et la manière d'assurer la conformité des zones à bâtir aux conditions de l'art. 15 LAT (let. d). Conformément à l'art. 9 LAT, le plan directeur a force obligatoire pour les autorités (ATF 143 II 476 consid. 3.7).

bb) Dans le canton de Vaud, la question de l'adaptation des zones à bâtir aux besoins prévisibles (sur cette notion: arrêt TF 1C_528/2016 du 20 décembre 2017 consid. 4) pour les quinze années suivantes a été traitée en particulier par la mesure A11 du Plan directeur cantonal (PDCn).

Entré en vigueur le 1er août 2008, le PDCn a fait l'objet de plusieurs adaptations. Une quatrième adaptation a été adoptée par le Grand Conseil les 20 et
21 juin 2017 pour être approuvée par le Conseil fédéral le 31 janvier 2018. A cet égard, on relèvera que cette 4ème adaptation du PDCn pose des principes directement applicables à la délimitation des zones à bâtir, notamment à la réduction de zones à bâtir surdimensionnées, qui doivent être appliqués aux procédures pendantes devant le Tribunal cantonal dès son entrée en vigueur. Il en va de même des nouvelles dispositions de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire concernant la délimitation des zones à bâtir (ATF 141 II 393 consid. 2.4 et 3; arrêts AC.2017.0104 du 15 janvier 2019 consid. 3b et AC.2016.0354 20 décembre 2018 consid. 1c).

Quelle que soit sa version, le PDCn a constaté en substance que la capacité d'accueil d'habitants et d'emplois des zones à bâtir actuellement légalisées dans le canton est bien plus importante que nécessaire pour les besoins prévisibles à quinze ans, horizon temporel déterminé par l'art. 15 LAT. Il a ainsi enjoint les communes à définir leur besoins, à savoir la croissance démographique programmée à quinze ans, puis à évaluer leur capacité existante de développement résidentiel (capacité d'accueil, réserves) et enfin à faire le bilan en vérifiant que leur capacité de développement est à la mesure de leurs besoins, sinon à adapter leur zone à bâtir (mesure A11). Dans sa version actuelle, le PDCn retient que le réseau des centres vaudois, qui garantit la cohésion du canton, est menacé par l'étalement urbain, à savoir la dispersion de la population et de l’habitat hors des centres, en périphérie et en campagne. Pour y remédier, il préconise en priorité le développement à l'intérieur du territoire urbanisé, la valorisation du potentiel inutilisé et la recherche d'une densification adaptée au contexte (ligne d'action A1; voir aussi mesure A11). ). Il convient de souligner que, pour mettre en oeuvre la mesure A11, les communes surdimensionnées ne peuvent délivrer de permis de construire tant qu'elles n'ont pas redimensionné leurs zones à bâtir si de tels permis sont susceptibles d'entraver la mise en conformité des planifications ou que les terrains répondent aux qualités des surfaces d'assolement.

Pour sa part, la 4ème adaptation du PDCn a modifié l'année de référence en la repoussant de 2008 à 2015, étendu l'horizon de planification à 2036 et fixé le taux de croissance à 0,75% pour les villages et quartiers hors centre (mesure A11 du PDCn). Le développement maximal d'une commune hors centre se calcule désormais en multipliant la croissance annuelle admise (0,75%) par le nombre d'années qui séparent la date de référence de l'horizon de planification (21 ans). Il correspond ainsi à une croissance totale de 15,75% (0,75% x 21 ans). Les communes qui doivent redimensionner leurs zones à bâtir doivent réviser leurs plans d'affectation et soumettre leur projet à l'approbation du canton au plus tard cinq ans après l'adoption du PDCn par le Grand Conseil (à savoir en juin 2022).

d) En l'espèce, il n'est pas contesté que les zones à bâtir pour l'habitation et mixtes de la commune de Vully-les-Lacs, qui constitue un village hors centre, sont manifestement surdimensionnées et qu'elles doivent en conséquence être réduites. Selon le guichet cantonal de simulation des réserves de la zone à bâtir (d'habitation et mixtes), le potentiel de croissance autorisé est de 335 habitants à l'horizon 2036. Or la capacité d'accueil de la commune est de 3'611 habitants, si bien que la commune présente une surcapacité d'accueil de 3'276 habitants (3'611 – 335 habitants). Il est donc admis que la commune est tenue de modifier son plan général d'affectation (PGA) afin de répondre aux exigences du nouvel art. 15 LAT entré en vigueur le 1er mai 2014, démarche qui devrait notamment se concrétiser par une réduction des zones à bâtir.

Compte tenu du surdimensionnement très important de la zone à bâtir communale, il faut ainsi constater que la création d'une zone réservée est justifiée de manière à ne pas rendre plus difficiles, voire impossibles, de futurs déclassements ou réaffectations et à garantir le redimensionnement de la zone à bâtir dans le cadre de la révision du PGA.

4.                      Les recourants critiquent le choix des autorités communales, approuvé par le département cantonal, d'avoir instauré non pas une zone réservée dont le périmètre comprend l'ensemble des zones à bâtir de la commune, mais une zone réservée qui "cible" quelques parcelles dont la leur, sans avoir prévu des mesures particulières pour toutes les autres parcelles sises en zone à bâtir. Il est vrai que la délimitation de la zone réservée selon la méthode dite du "périmètre global" constitue une alternative possible pour les communes qui doivent mettre en œuvre un redimensionnement de leur zone à bâtir afin de respecter les nouvelles exigences de la LAT. La jurisprudence cantonale a récemment retenu qu'une telle option était admissible (cf. arrêt AC.2018.0001 du 23 novembre 2018 consid. 1e). Auparavant, la jurisprudence cantonale avait rappelé que selon le droit fédéral (cf. art. 27 LAT), la zone réservée, comme mesure conservatoire, ne pouvait être prescrite que pour des périmètres délimités précisément, dans lesquels une adaptation du plan d'affectation se justifie et que par conséquent, elle ne devait pas aller au-delà du territoire exactement délimité pour lequel elle est nécessaire; en principe et sauf circonstances particulières, les effets de la mesure conservatoire ne devraient pas être étendus à toute la commune (cf. arrêt CCST.2014.0001 du 3 juillet 2014 consid. 2d, cité notamment in arrêt AC.2016.0420 du 6 juin 2017 consid. 2). Certes, on peut considérer que l'opération complexe de redimensionnement de la zone à bâtir dans une commune où les réserves de terrain constructible sont disséminées dans tous les secteurs, est propre à justifier un "moratoire" général, par le biais d'une zone réservée s'appliquant à toutes les zones d'habitation et mixtes. Il s'agit toutefois d'une option et non d'une obligation pour la commune. Or, en l'espèce, les autorités de planification ont opté pour la délimitation exacte et ciblée de la zone réservée en fonction de l'appartenance ou non de la parcelle concernée au territoire urbanisé (voir à ce sujet le préavis n° 2018/01, ch. II). Une telle méthode constitue une atteinte moindre à la garantie de propriété par rapport à la délimitation du périmètre global; la délimitation des zones réservées ne doit pas aller au-delà de ce qui est nécessaire à la planification envisagée selon le principe de la proportionnalité. Quoi qu'il en soit, le choix de la méthode de délimitation de la zone réservée relève du large pouvoir d'appréciation des autorités locales de planification (cf. art. 2 al. 3 LAT et art. 2 et 3 OAT) et n'est pas constitutive en l'occurrence d'une violation du principe de l'égalité de traitement.

5.                      a) Il reste à examiner si le choix de l'emplacement de la zone réservée litigieuse est adéquat du point de vue du principe de la proportionnalité. Les recourants font valoir que la parcelle n° 174, qui longe la rue principale du village, serait entièrement équipée et située à une centaine de mètres du "coeur du village de Bellerive" et à proximité immédiate d'un arrêt de bus. En outre, ils prétendent qu'une utilisation à des fins agricoles de leur bien-fonds, inscrit hors des surfaces d'assolement, ne serait pas envisageable, à raison de la pente marquée. Les recourants en déduisent que leur parcelle, non bâtie, formerait une brèche dans le bâti existant ("Baulücke") et qu'elle devrait être considérée comme faisant partie du territoire urbanisé.

Il est vrai que dans la mesure où la parcelle n° 174 borde la route qui dessert directement le village de Bellerive, on aurait pu envisager de l'exclure de la zone réservée d'autant que ce bien-fonds jouxte au sud la parcelle n° 170 qui longe la même route et sur laquelle des travaux de construction d'une villa sont en cours. Même s'il s'agit d'un cas un peu limite, il existe toutefois des motifs légitimes et objectifs d'instaurer une zone réservée sur la parcelle n° 174, qui n'a pas vocation urbaine. Cette parcelle, libre de toute construction, n'est pas située au coeur d'un secteur d'habitation. Elle est d'ailleurs classée à cheval sur la zone à bâtir (en zone d'habitation familiale dans partie ouest) et la zone agricole (dans sa partie est), contrairement à la parcelle contiguë n° 1152 (bâtie), qui est colloquée en zone de village, soit en zone de centre de localité. Comme cela ressort du guichet cartographique cantonal (www.geo.vd.ch), la parcelle n° 174 se trouve, du côté est, en continuité de terres agricoles (parcelle n° 1023). La parcelle n° 174 ne se trouve donc pas au centre du village de Bellerive, mais dans un secteur où les constructions sont dispersées, soit (dans sa partie constructible) dans une zone d'habitation de très faible densité. Comme le soulignent à juste titre les autorités communale et cantonale, la parcelle n° 174 est située à l'extérieur du territoire urbanisé, selon les critères définis par la Fiche d'application du SDT "Comment délimiter le territoire urbanisé"). Par territoire urbanisé, il faut entendre un tissu urbain largement bâti, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.

A noter en passant que même si la parcelle n° 174 pouvait être considérée comme une "brèche dans la continuité du tissu urbain" au sens de l'art. 15a LAT (ATF 121 II 417 consid. 5a) compte tenu de la villa qui prendra place sur la parcelle contigüe n° 170, son inclusion dans la zone réservée se justifierait. En effet, dans le cadre de l'élaboration de son nouveau PGA, l'autorité de planification ne doit pas uniquement prendre en considération le critère relatif aux terrains propres à la construction déjà largement bâtis et aux brèches dans la continuité du tissu bâti. La commune devra aussi tenir compte des buts et principes de l'aménagement du territoire résultant notamment des art. 1 et 3 LAT (protéger les bases naturelles de la vie telles que le sol; garantir les sources d'approvisionnement suffisantes dans le pays, réserver suffisamment de terres cultivables à l'agriculture etc.).            

Quoi qu'il en soit, le fait que la parcelle en question soit équipée, qu'elle soit proche d'un arrêt de bus et qu'elle ne se prêterait pas à l'agriculture n'est pas déterminant, puisqu'il s'agit ici de donner aux autorités de planification la marge de manoeuvre nécessaire afin de procéder à une révision en profondeur du PGA. On ne saurait considérer d'emblée que la parcelle des recourants restera entièrement ou partiellement en zone à bâtir. En effet, même les parcelles équipées, voire comportant déjà des constructions, peuvent – ou au besoin doivent – être attribuées à un zone de non bâtir (cf. ATF 113 Ia 362 consid. 2b). En l'espèce, Il n'y a aucun motif sérieux d'interférer dans le processus de planification locale, pour lequel les autorités communales bénéficient d'un large pouvoir d'appréciation

b) Les recourants se plaignent d'une violation du principe de l'égalité. Il convient toutefois de souligner qu'il résulte de la nature de mesure provisionnelle de la zone réservée que celle-ci peut concerner des parcelles qui, à la fin du processus de planification, ne seront pas dézonées. Il n'est pas question de trancher au stade de la procédure relative à la zone réservée la question du redimensionnement définitif de la zone à bâtir, et des questions qui y sont liées. C'est ainsi prématurément que la recourante se prévaut du principe de l'égalité de traitement par rapport notamment aux propriétaires riverains dont les parcelles sont toutefois déjà bâties, voire au bénéfice d'un permis de construire entré en force. Quoi qu'il en soit, la recourante n'explique pas concrètement en quoi la situation des autres parcelles nos 246 et 9969 (comprises en bordure du secteur de Cotterd et qui sont distantes de la parcelle n° 170 de plus de deux cents mètres) serait comparable avec celle de la parcelle n° 174, notamment en ce qui concerne leur localisation, leur équipement et leur environnement naturel.

c) Tout bien considéré, le choix de l'emplacement de la zone réservée apparaît judicieux sous l'angle du principe de la proportionnalité. La mesure instaurée rendant la parcelle n° 174 provisoirement inconstructible paraît ainsi apte et nécessaire à préserver la marge de manœuvre des autorités communales dans le cadre de la révision du PGA. Comme le relève du reste le SDT, la parcelle n° 174 fait l'objet d'une zone réservée et non d'un changement d'affectation. Cette mesure conservatoire a pour but d'étudier de manière détaillée si un dézonage est nécessaire en tout ou partie en vue de la révision de la planification communale; cela ne préjuge pas de l'affectation définitive de cette parcelle, quoi qu'en disent les recourants.

6.                      Mal fondé, le recours doit être rejeté, ce qui entraîne la confirmation des décisions attaquées. Succombant, les recourants supporteront un émolument judiciaire (art. 49 LPA-VD), ainsi qu'une indemnité à titre de dépens à allouer à la commune, qui a agi par l'intermédiaire d'un avocat (art. 55 LPA-VD).


 

Par ces motifs
 la Cour de droit administratif et public
du Tribunal cantonal
arrête:

 

I.                       Le recours est rejeté.

II.                      La décision du Département du territoire et de l’environnement (DTE) du 25 juillet 2018 et la décision du Conseil communal de la Commune de Vully-les-Lacs du 27 février 2018 adoptant la zone réservée en ce qui concerne la parcelle n° 174.

III.                    Un émolument judiciaire de 2'000 (deux mille) francs est mis à la charge des recourants, solidairement entre eux.

IV.                    Les recourants A.________ et consorts sont débiteurs solidaires de la Commune de Vully-les-Lacs d'une indemnité de 1'500 (mille cinq cents) francs à titre de dépens.

Lausanne, le 4 novembre 2019

 

                                                          Le président:                                  


Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'Office fédéral du développement territorial ARE.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000 Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.