TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

 

Arrêt du 9 novembre 2020

Composition

M. François Kart, président; Mme Marie-Pierre Bernel, juge, et Mme Silvia Uehlinger, assesseure; Mme Nadia Egloff, greffière.

 

Recourants

1.

 A.________ à ********

 

2.

 B.________ à ********

 

 

3.

 C.________ à ********

 

 

4.

 D.________ à ********

 

 

5.

 E.________ à ********

 

 

6.

 F.________ à ********

 

 

7.

 G.________ à ********

 

 

8.

 H.________ à ********

 

 

9.

Communauté des propriétaires par étage I.________, à ********

tous représentés par Me Vincent BRUHLART et Me Christian CHILLÀ, avocats à Lausanne,  

 

  

 

Autorités intimées

1.

Municipalité de Nyon,    

 

2.

Direction générale de l'environnement DGE-DIRNA, Unité du service juridique.

 

  

 

Objet

permis de construire           

 

Recours A.________ et consorts c/ décisions de la Municipalité de Nyon du 18 novembre 2019 leur refusant leur demande de régularisation d'un couvert pour six voitures sur la parcelle n° 1301 (CAMAC 182002) et de la Direction générale de l'environnement du 19 août 2019 refusant de délivrer l'autorisation spéciale requise

 

Vu les faits suivants:

A.                     D'une surface de 1'479 m2, la parcelle n° 1301 de la commune de Nyon est colloquée en zone de villas au sens des art. 35 ss du règlement communal sur le plan d'extension et la police des constructions (ci-après: RPE), entré en vigueur le 16 novembre 1984. On y accède par le Chemin du Lignolet, qui longe le bien-fonds du côté Nord-Ouest. La parcelle n° 1301 jouxte sur son côté Sud-Est la parcelle n° 561, qui est propriété des CFF et qui est traversée par une ligne du réseau ferroviaire national. Sur toute sa partie Est, la parcelle n° 1301 est bordée par la parcelle n° 1445.

B.                     Dans le courant de l'année 2010, J.________, alors propriétaire de la parcelle n° 1301, a déposé une demande de permis de construire sur cette parcelle, après démolition du bâtiment ECA n° 1842, deux villas de chacune deux appartements et un couvert pour six voitures. La villa projetée le plus au Sud présentait à l'angle Sud-Est une distance de 6 m par rapport à la limite de propriété avec la parcelle n° 561. Il était par ailleurs prévu d'implanter le couvert à voitures, d'une longueur de 47,16 m et d'une largeur de 2,80 m, le long de la limite de propriété avec la parcelle n° 1445, en observant une distance de 6 m entre l'extrémité Sud-Est dudit couvert et la parcelle n° 561 (cf. plan de situation du 31 mai 2010).

                   Le Département des infrastructures et des ressources humaines (DIRH) a établi une synthèse des autorisations spéciales et des préavis des services de l'Etat le 16 août 2010 (synthèse CAMAC 106765). Les autorisations spéciales requises ont été délivrées, sous conditions, par les services de l'Etat concernés, étant précisé que le Service des forêts, de la faune et de la nature (SFFN; actuellement: la Direction générale de l'environnement, Inspection des forêts – DGE-FORET) n'a pas été consulté. 

                   Le 28 mars 2011, la Municipalité de Nyon (ci-après: la municipalité) a délivré à J.________ le permis de construire sollicité (permis n° 6762).

C.                     La société H.________, dont l'administrateur unique est A.________, a acquis la parcelle n° 1301 le 25 juin 2012.

D.                     A la demande de l'architecte de A.________ du 14 février 2013, la municipalité a prolongé le 25 février 2013 la validité du permis n° 6762 d'une année, soit jusqu'au 28 mars 2014.

E.                     En mai 2013, H.________ a déposé une demande de permis de construire sur la parcelle n° 1301 – où aucun des travaux liés au permis n° 6762 n'avait été entrepris –, après la démolition du bâtiment ECA n° 1842, quatre villas individuelles et trois couverts à voitures répartis entre les villas. Au Sud-Est, la quatrième villa était implantée à une distance de 5,02 m par rapport à la limite de propriété avec la parcelle n° 561. Le chemin d'accès aux villas et aux couverts longeait tout le côté Est de la parcelle (cf. plan de situation du 8 mai 2013). Le projet a été mis à l'enquête publique du 6 juillet au 4 août 2013.

                   Le 7 août 2013, le DIRH a adressé à la municipalité un courrier faisant état de ce qui suit:

"La Direction générale de l'environnement, Inspection des forêts d'arrondissement (DGE/FO12), après consultation du dossier mis à l'enquête et cité sous rubrique, constate que les documents présentés ne satisfont pas aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.

A cet égard, nous vous transmettons à titre d'information la détermination du Service précité, à savoir:

Direction générale de l'environnement, Inspection des forêts d'arrondissement (DES/DGE/FO) refuse de délivrer l'autorisation spéciale requise pour le motif ci-dessous:
La limite de la forêt, présente dans le talus côté sud-est de la parcelle 1301, n'est pas figurée sur le plan de situation. L'inspection des forêts prie le requérant du projet de mandater un géomètre pour qu'il relève la lisière selon les indications de l'inspecteur des forêts (…). Avec cette indication, le dossier pourra être traité par la DGE-Forêt."

                   Le 27 août 2013, l'inspecteur forestier a procédé à la délimitation de la lisière forestière sur la parcelle n° 1301. Il résulte du plan intitulé "Détermination de lisière forestière" établi le même jour par un géomètre que cette lisière suit la limite de propriété entre les parcelles nos 1301 et 561.

                   Par courriel du 9 septembre 2013, l'architecte du projet s'est plaint auprès du Service de l'urbanisme de la soudaine délimitation "en cours de route" d'une zone forêt au Sud-Est de la parcelle n° 1301, qui avait pour effet de diminuer le potentiel constructible de cette dernière et qui risquait d'entraîner une modification substantielle du projet, l'implantation de quatre villas n'étant plus possible. Indiquant qu'il allait déposer une demande de dérogation, il a sollicité un peu de souplesse dans le traitement de l'affaire.  

                   Il ressort de la synthèse CAMAC établie le 26 septembre 2013 (n° 139788) que la DGE-FORET a refusé de délivrer l'autorisation spéciale requise, pour les motifs suivants:

"Suite à la délimitation de la forêt, il s'avère que la lisière est confondue avec la limite sud-est de la propriété. Sur la base du projet mis à l'enquête, on constate qu'un bâtiment ainsi qu'une partie des accès sont à moins de 10 mètres de la lisière. Au surplus, l'accès au 3ème couvert est difficilement concevable sans accès dans les 10 mètres.

Considérant qu'il s'agit de nouvelles constructions, que l'emplacement des nouveaux bâtiments et annexes n'est pas imposé par le terrain et que la pression sur la forêt augmente fortement, l'inspection des forêts refuse d'accorder la dérogation forestière nécessaire."

 

                   Dans un courriel qu'elle a adressé début octobre 2013 au Directeur de la DGE, la Municipale en charge de l'urbanisme de l'époque s'est étonnée des sorts différents ayant été réservés aux deux projets déposés en 2010 et 2013, alors que les conditions d'environnement étaient demeurées les mêmes. Estimant que le requérant n'avait pas à faire les frais de ce traitement différencié, elle a indiqué que la municipalité ne pourrait que difficilement refuser le projet et imposer une restriction des possibilités de bâtir, si bien que "l'opposition" du Service des forêts serait probablement levée. Le Directeur de la DGE lui a répondu le 3 octobre 2013 que, pour le premier projet, le questionnaire avait été mal rempli et avait empêché une détermination sur le plan forestier, alors que cette analyse avait pu être effectuée dans le second projet. Soulignant que la municipalité n'était pas fondée à lever une opposition, puisqu'il était en l'espèce question d'une compétence cantonale de droit forestier, il a précisé qu'une réponse circonstanciée serait prochainement adressée à la municipalité.

                   Par lettre du 16 octobre 2013, le Service communal de l'urbanisme (ci-après: le Service de l'urbanisme) a fait savoir à l'architecte du projet qu'au vu du refus de la DGE-FORET de délivrer la dérogation forestière nécessaire exprimé dans la synthèse CAMAC du 26 septembre 2013 – dont un exemplaire était joint en annexe –, il se voyait dans l'obligation de refuser la demande de permis de construire. Il l'a invité à lui adresser un projet modifié respectant la limite de 10 m à la lisière de forêt avant d'initier une nouvelle mise à l'enquête.

                   H.________ n'a pas recouru contre la décision de la DGE-FORET contenue dans la synthèse CAMAC du 26 septembre 2013.

                   La DGE a encore adressé un courrier à la municipalité le 17 octobre 2013 dans lequel elle a indiqué que l'Inspection cantonale des forêts, qui avait réexaminé le projet, confirmait qu'une dérogation ne pouvait pas être délivrée. La DGE a relevé que le fait qu'un permis ait été délivré en 2011 ne pouvait pas être pris en compte dès lors que tant la demande de permis que le permis lui-même étaient entachés d'irrégularités. Sur le formulaire de demande de permis de construire concernant le projet soumis en juin 2010, la case "A moins de 10 m de la lisière légale de la forêt" n'avait pas été cochée, ce qui avait probablement échappé aux services communaux, erreur qui avait empêché que l'Inspection cantonale des forêts soit consultée. Le permis délivré en 2011 était ainsi entaché d'un vice formel au motif qu'il ne comprenait pas de dérogation pour une construction à moins de 10 m de la lisière. La DGE a ajouté qu'en juin 2013, bien que le formulaire de demande de permis de construire n'ait à nouveau pas été complété correctement, l'Inspecteur des forêts du 12ème arrondissement avait détecté le problème et avait demandé à être consulté.

                   Le 23 octobre 2013, l'architecte du projet a informé le Service de l'urbanisme qu'il "conservait" le projet ayant bénéficié d'une autorisation de construire en 2011 et qu'il soumettrait un dossier comprenant des modifications apportées à celui-ci concernant principalement les façades, ce qu'il a fait le 8 novembre 2013.

                   Le 16 décembre 2013, la municipalité a délivré, en lien avec le permis n° 6762, une autorisation portant sur une modification des façades selon des plans modifiés datés du 26 novembre 2013.

                   Les travaux sur la parcelle n° 1301 ont débuté le 2 septembre 2014. Ont été réalisés deux villas de deux appartements chacune ainsi qu'un couvert à voitures d'une longueur et d'une largeur respectives de 52,75 m et 2,50 m, subdivisé en quatre parties.

F.                     La parcelle n° 1301 a été constituée en propriété par étages le 19 février 2015 (PPE "Lignolet" de quatre lots). B.________ et C.________ sont copropriétaires du lot n° 1 depuis le 1er juillet 2015. D.________ et E.________ ont acquis le lot n° 2 le 4 mai 2015. F.________ et G.________ sont copropriétaires du lot n° 3 depuis le 2 juin 2015. Le lot n° 4 est resté propriété de H.________.

G.                    Après avoir pris connaissance du fait que certains des travaux réalisés ne respectaient pas le permis de construire délivré le 28 mars 2011, le Service de l'urbanisme a prié l'architecte du projet le 11 octobre 2016 de lui faire parvenir un dossier complet de mise à l'enquête concernant la transformation des façades et les modifications intérieures.

                   Cette procédure de mise en conformité concernant également la régularisation d'une cage d'escaliers réalisée partiellement dans la bande des 10 m à la lisière (cf. Dénonciation pénale concernant A.________ adressée le 10 octobre 2017 par l'Inspecteur des forêts à la Préfecture du district de Nyon), la DGE-FORET a été consultée en janvier 2017. Lors de sa visite le 1er février 2017 sur la parcelle n° 1301, l'Inspecteur des forêts a constaté que le couvert à voitures avait été construit jusqu'en limite de propriété avec la parcelle n° 561 et que son extrémité Sud-Est se situait par conséquent à moins de 10 m de la lisière de la forêt.

                   L'Inspecteur des forêts du 12ème arrondissement a informé le Service de l'urbanisme par courriel du 1er février 2017 que plusieurs aménagements étaient situés dans la bande inconstructible des 10 m à la lisière, que certaines des constructions existantes n'étaient pas conformes au permis de construire délivré en 2011 et qu'une barrière au Sud-Est de la parcelle compliquait fortement l'accès à la forêt. Il a sollicité divers renseignements en vue de se déterminer sur la suite à donner à l'affaire.

H.                     Le 10 octobre 2017, l'Inspecteur des forêts du 12ème arrondissement a informé A.________ du fait qu'il avait été dénoncé à la préfecture en raison des constatations faites le 1er février 2017 et l'a enjoint de déposer d'ici à fin 2017 une demande de régularisation du couvert, faute de quoi la remise en état de la surface pourrait être ordonnée.

                   La procédure de mise en conformité portant sur les façades a débouché, le 28 mai 2018, sur l'octroi par la municipalité d'un permis de construire complémentaire (permis n° 7225, n° CAMAC 166910).

                   Parallèlement, dans un courrier daté du 28 mai 2018, la municipalité s'est adressée en ces termes à l'architecte du projet:

"Dans le cadre du contrôle de la réalisation des 2 villas jumelles au chemin du Lignolet 14, il est apparu que celles-ci ne correspondent pas à l'autorisation délivrée (permis de construire n° 6762 du 28.03.2011).

(…)

Un dossier de mise en conformité des 2 bâtiments vient d'aboutir à la délivrance d'un permis complémentaire n° 7225, délivré en date du 28 mai 2018.

Cependant, la problématique du parking couvert est toujours pendante, celui-ci enfreignant la législation sur la protection des forêts en s'inscrivant à l'intérieur des 10 m à la lisière. Après consultation du service cantonal concerné (Inspection cantonale des forêts, 12ème arrondissement), nous vous informons que ce service n'entrera pas en matière quant à une dérogation.

Dès lors, 2 possibilités s'offrent à vous, soit :

1)     La démolition du garage conformément aux plans du permis de construire n° 6762 délivré le 28 mars 2011.

2)     Le dépôt d'une demande de régularisation qui aboutira inévitablement, au vu de la position du Canton, à un refus de permis. Cette décision sera dès lors susceptible d'un recours de votre part à la Cour de droit administratif. (…)"

                   L'architecte du projet a fait savoir au Service de l'urbanisme le 21 septembre 2018 qu'il sollicitait la régularisation du couvert à voitures, construction dont il indiquait qu'elle permettait une lecture plus harmonieuse de l'ensemble que ce qui aurait été le cas avec de petits couverts légers. Il a ajouté que la forêt dont il était question ne constituait que la fin d'une zone de forêt et se limitait à un alignement de quelques arbres séparant le talus des voies ferrées.

I.                       Le 18 mars 2019, A.________ a déposé une demande de "régularisation d'un couvert pour 6 voitures". Sur le formulaire de demande de permis de construire, sous rubrique "Demande de dérogation", il indiquait ceci: "Art. 5 de la loi forestière (921.01). Explication du motif sur la lettre en annexe du 21 septembre 2018". Le projet a été mis à l'enquête du 24 avril au 23 mai 2019. 

                   Il ressort de la synthèse CAMAC établie le 19 août 2019 (n° 182002) que la DGE-FORET a refusé de délivrer l'autorisation spéciale requise pour les motifs suivants:

"Base : plans dressés pour enquête du 16 octobre 2018 du Bureau ********.

FORET

Le dossier mis en consultation est une demande de mise en conformité de constructions non conformes au permis de construire et situées dans les 10 m à la lisière forestière : couvert à voiture, surface goudronnée, escalier au sud-est du bâtiment B. Le dossier, comprenant le plan figurant la lisière forestière levée par l'inspecteur des forêts le 27 août 2013, a été mis à l'enquête publique en avril-mai 2019 et n'a suscité ni opposition ni remarque.

Le règlement de construction régissant la zone villa impose la construction d'une place de parc par logement (téléphone du 27 avril 2018 avec le Service d'urbanisme de la Ville de Nyon). Quatre logements ont été construits sur la parcelle et les couverts construits sur celle-ci permettent le parcage de plus de quatre véhicules. Le nombre de places disponibles sur la parcelle est ainsi de toute évidence supérieur à ce qui est imposé par le règlement de construction.

Préavis

Considérant que :

-  Les limites de la forêt sont conformes à la détermination de la lisière par l'inspection des forêts du 12e arrondissement en date du 23 (recte: 27) août 2013.

-  La partie S-E du couvert à voiture et de la surface goudronnée sont situés à moins de 10 mètres de la lisière forestière;

-  Ces constructions ont été faites sans autorisation. De plus elles sont superflues en regard du règlement communal;

-  L'intérêt de leur réalisation ne l'emporte pas sur la protection de l'aire forestière ;

-  La situation par rapport à la forêt est péjorée. Le projet porte atteinte à la conservation, au traitement et à l'exploitation de la forêt et à la protection du site.

La DGE-FORET, Inspection des forêts du 12è arrondissement refuse de délivrer l'autorisation spéciale au sens de l'art. 27 LVLFo et par conséquent la régularisation des parties de l'abri à voiture et de la place goudronnée situées à moins de 10 m de la lisière forestière.

La DGE-FORET ordonnera la démolition de ces constructions et la remise en état des lieux à l'issue de la procédure de permis de construire.

Quant à la cage d'escalier accolée à la façade S-E du bâtiment B, la DGE-FORET entre en matière pour une dérogation et délivre l'autorisation spéciale au sens de l'art. 27 LVLFo. (…)"

J.                      Sur la base de la décision de la DGE-FORET contenue dans la synthèse CAMAC du 19 août 2019, la municipalité a, par décision du 18 novembre 2019, refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Une copie de la synthèse CAMAC du 19 août 2019 était jointe en annexe à la décision municipale.

K.                     Par l'entremise de leurs mandataires, A.________, B.________, C.________,  D.________, E.________,  F.________,  G.________, H.________ et la Communauté des propriétaires par étage I.________ (ci-après: les recourants) ont recouru le 20 décembre 2019 contre la décision municipale du 18 novembre 2019 et contre la décision de la DGE-FORET contenue dans la synthèse CAMAC du 19 août 2019 en concluant, principalement, à leur réforme en ce sens que l'autorisation spéciale était octroyée et le permis de construire délivré, subsidiairement à leur annulation et au renvoi de la cause aux autorités pour nouvelle décision.

L.                      Dans l'intervalle, du 9 novembre au 8 décembre 2019, la commune de Nyon a mis à l'enquête publique la délimitation des lisières forestières réalisée sur l'entier du territoire communal.

M.                    La municipalité et la DGE se sont déterminées sur le recours respectivement les 27 janvier et 27 février 2020 et ont conclu à son rejet, la DGE relevant par ailleurs que le permis délivré en 2011 n'était plus valable lorsque les travaux ont débuté en 2014.

                   Les recourants ont déposé des observations complémentaires le 13 mai 2020.

                   A la demande du juge instructeur, la municipalité a produit le 8 juin 2020 le dossier relatif au permis de construire n° 6762 délivré le 28 mars 2011, ainsi que le dossier concernant le nouveau projet déposé par H.________ en 2013.

Le tribunal a tenu audience le 1er septembre 2020. A cette occasion, il a procédé à une vision locale. On extrait du procès-verbal les passages suivants: 

"L'audience débute à 9h30 sur la parcelle n° 1301, dont A.________ confirme qu'elle a été acquise par H.________ en juin 2012. L'existence d'un mur anti-bruit implanté sur la parcelle n° 561 et bordant la ligne ferroviaire est par ailleurs constatée.

Le président procède à un bref rappel historique du dossier. A la demande du président, K.________ [juriste auprès de la DGE] confirme que la DGE n'a pas été consultée dans le cadre du projet autorisé en 2011. L.________ [responsable des affaires juridiques de la ville de Nyon] indique que la validité du permis de construire délivré en 2011 a été prolongée au 28 mars 2014 et que les travaux sur la parcelle litigieuse ont débuté en septembre 2014. A la question de savoir si le permis n'était pas périmé lors du commencement des travaux, L.________ explique que la municipalité a à l'époque visiblement considéré que tel n'était pas le cas. Elle se réfère à une autorisation délivrée en décembre 2013 portant sur une demande de modifications des façades, laquelle avait fait l'objet d'une dispense d'enquête publique. Elle précise que c'est une réalisation non conforme des travaux autorisés en décembre 2013 qui a conduit à la procédure de mise en conformité ayant abouti, le 28 mai 2018, à l'octroi d'un permis de construire complémentaire portant sur les façades. L.________ indique qu'elle transmettra au tribunal le dossier municipal relatif à l'autorisation délivrée en décembre 2013.

La question de l'affectation de la parcelle n° 561 est brièvement discutée. Les représentants de la municipalité considèrent que ce bien-fonds, qui apparaît en blanc sur le plan général d'affectation, est colloqué en zone intermédiaire. Me Chillà observe que cette teinte blanche pourrait aussi correspondre à la zone «hors affectation».

Il est discuté du couvert à voitures. A.________ admet que celui-ci n’a pas été réalisé conformément au projet autorisé en 2011, en ce sens qu'il a été construit plus près de la forêt. Il l'explique par des motifs esthétiques, une prolongation dudit couvert jusqu'au fond de la parcelle étant «très jolie» à voir. K.________ relève qu'il n'y en l'occurrence aucune nécessité de disposer de davantage de places de stationnement. A la demande du président, M.________ [Inspecteur des forêts du 12ème arrondissement] fait savoir que c'est dans le cadre de l'examen de la régularisation des façades en 2017 que l'Inspecteur des forêts alors en poste a constaté que le couvert n'avait pas été réalisé conformément au permis délivré en 2011. Il ajoute que la pose d'enrobé et l'installation de la clôture en bordure Sud de la parcelle n° 1301 auraient nécessité une demande d'autorisation. Le président constate qu'alors qu'elle empiète également dans la bande inconstructible des 10 m à la lisière, la villa sise le plus au Sud n'a fait l'objet d'aucune remarque de la part de la DGE dans la synthèse CAMAC du 19 août 2019, contrairement à la cage d'escalier accolée à ce bâtiment. M.________ indique qu'il a vraisemblablement été jugé préférable de se concentrer sur ce dernier élément, ainsi que sur le couvert à voitures et la surface goudronnée.

Le Président donne lecture du passage suivant figurant dans la réponse de la DGE du 27 février 2020: «L'espace bordant la lisière a un rôle de liaison biologique pour la petite faune et les insectes, forme un territoire de chasse pour les chauves-souris et sert de lieu de nidification et de nourriture pour les oiseaux. Enfin, il agrémente et embellit le paysage et participe à la qualité du cadre de vie. En milieu urbain en particulier, plus les constructions sont proches de la forêt, plus la pression y est importante et les atteintes telles que bruit, chaleur et pollution nombreuses. En l'occurrence, la forêt jouxtant les constructions incriminées est une liaison biologique latérale rattachée à un TIB (territoire d'intérêt biologique». Le Président se réfère aux observations complémentaires des recourants du 13 mai 2020 où ces derniers soutiennent que la parcelle n° 1301 et le talus situé à la limite Est se situent non pas dans un territoire d'intérêt biologique prioritaire ou supérieur mais dans un espace dit de «localisation potentielle de la liaison». Me Chillà présente à cet égard un plan du guichet cartographique cantonal. K.________ indique qu'au vu de son caractère approximatif, un tel plan ne permet pas de situer précisément où prend fin un TIB. M.________ ajoute que la reconnaissance d'un TIB n'implique pas forcément la présence de forêt et inversement. A la question de Me Chillà s'agissant de savoir ce qu'il faut entendre par «liaisons biologiques», M.________ évoque la présence de corridors biologiques, d'éléments nature, permettant à la faune de conserver un lien entre le lac et le Jura. 

M.________ relève que la parcelle n° 1301 a fait l'objet de deux déterminations de la lisière forestière, une première en 2013 et une seconde en 2019, effectuée par un inspecteur différent, qui a intégralement confirmé celle de 2013 et n'a pas suscité d'opposition. Il ajoute que quand bien même le critère quantitatif n'est pas rempli, au motif que la largeur de 12 m n'est pas atteinte, ses prédécesseurs ont considéré que suffisamment de critères qualitatifs et de fonctions justifiaient néanmoins de reconnaître l'existence d'une forêt. Me Chillà exprime des doutes quant au respect du critère qualitatif également, en indiquant que la proximité de la ligne ferroviaire implique que les arbres ne peuvent à cet endroit pas dépasser une certaine hauteur. M.________ relève que cela n'en reste pas moins un passage pour la faune et que la bande des 10 m à la lisière revêt une fonction de zone tampon et de transition biologique, tout en permettant également de protéger la pérennité d'un ouvrage. Il ajoute qu'une demande d'abattage ne conduirait pas à nier l'existence de la forêt. K.________ indique que la notion de forêts n'implique pas uniquement l'existence de hauts arbres, mais également celle de buissons par exemple.

Le président pose la question de savoir si une procédure de constatation de la nature forestière n'aurait pas dû être mise en œuvre en 2013. K.________ concède qu'une telle procédure n'a pas été suivie en 2013 et que la délimitation de la lisière forestière relevée en 2013 n'a pas été mise à l'enquête comme tel a été le cas en 2019. Me Chillà fait valoir que la décision de la DGE refusant de délivrer l'autorisation spéciale date d'août 2019 alors que la délimitation des lisières forestières sur l'entier du territoire communal n'a été mise à l'enquête qu'en novembre 2019. M.________ objecte que les recourants ne pouvaient plus ignorer depuis 2013 l'existence d'une aire forestière au Sud-Est de leur parcelle. Il relève que A.________ ne s'est en outre pas opposé à l'ordonnance préfectorale ayant fait suite à sa dénonciation, dans laquelle il était notamment constaté que l'extrémité Sud-Est du couvert empiétait dans l'aire forestière, et qu'il a ce faisant accepté l'existence de cette forêt. Me Chillà exprime ses doutes quant au fait que les recourants aient véritablement analysé les motifs du refus exprimé en 2014 et fait valoir que A.________ n'a à l'époque pas souhaité s'opposer à l'ordonnance pénale en question. 

A la demande du président, A.________ déclare ne pas avoir été informé de la mise à l'enquête en novembre 2019 de la délimitation des lisières forestières. M.________ explique qu'alors que son prédécesseur avait initialement repris toutes les lisières dans le cadre de la procédure de révision du PGA communal, il a par la suite été décidé de séparer la mise à l'enquête des lisières de celle du PGA. M.________ indique que la constatation de la nature forestière effectuée en 2019 n'est pas encore formellement entrée en force, quatre oppositions étant encore en cours de traitement. K.________, relayée par M.________, relève que cette constatation sera de toute manière confirmée pour ce qui concerne la parcelle n° 1301, dès lors qu'elle n'a fait l'objet d'aucune opposition. L.________ indique qu'elle informera le tribunal sur le fait de savoir si la Ville de Nyon a préalablement informé les propriétaires de la mise à l'enquête de la constatation de la nature forestière en 2019 et, le cas échéant, par quel biais et à quel moment.

La question du nombre de places de stationnement est abordée. A.________ relève qu'il en est prévu six pour les quatre logements. M.________ indique en voir huit, soit deux dans chaque subdivision du couvert."

                   Par avis du 3 septembre 2020, le juge instructeur a invité la municipalité à indiquer si les propriétaires concernés avaient été informés de la mise à l'enquête en 2019 de la délimitation des lisières forestières effectuée sur l'entier du territoire communal. Les parties ont par ailleurs été avisées qu'il était renoncé à requérir la production du dossier municipal relatif à l'autorisation délivrée en décembre 2013.

                   La municipalité a indiqué le 7 septembre 2020 que les propriétaires de parcelles partiellement boisées ou situées en limite de l'aire forestière ont été avisés par un courrier du 17 septembre 2018 du Service de l'urbanisme, d'une part, qu'une lisière allait être levée sur leur parcelle en vue d'une prochaine mise à l'enquête, d'autre part de la tenue d'une séance d'information le 9 octobre 2018. Elle a à cet égard produit le courrier adressé à A.________, en précisant qu'il l'avait reçu non pas en tant que copropriétaire de la parcelle n° 1301 mais comme propriétaire d'une autre parcelle située à proximité. Ajoutant qu'une annonce parue dans un journal local invitait ces propriétaires à participer à une nouvelle séance d'information le 5 novembre 2019, elle a indiqué que la mise à l'enquête de la constatation de la nature forestière avait été publiée dans la Feuille des avis officiels et dans un quotidien local. 

                   Le 17 septembre 2020, les recourants se sont déterminés sur le procès-verbal. S'agissant du passage "Il est discuté du couvert à voitures. A.________ admet que celui-ci n’a pas été réalisé conformément au projet autorisé en 2011, en ce sens qu'il a été construit plus près de la forêt", ils ont requis que le terme "forêt", qui pourrait à tort laisser entendre que l'intéressé aurait admis la qualification d'aire forestière invoquée par la DGE, soit remplacé par celui de "talus". Le procès-verbal devait également être complété en ce sens que les recourants avaient expressément cité la pièce n° 54 du dossier municipal, soit l'autorisation délivrée le 16 décembre 2013, valable deux ans et faisant référence au permis délivré en mars 2011. Ils ont par ailleurs fait valoir que le courrier du 17 septembre 2018 adressé à A.________, outre le fait qu'il ne concernait pas la parcelle n° 1301, était subséquent à la construction litigieuse. Ils ont enfin relevé à nouveau que la mise à l'enquête en 2019 de la délimitation des lisières forestières était postérieure à la décision litigieuse et que cette procédure, pas terminée à ce jour, ne pouvait être opposée à un propriétaire ayant réalisé son projet entre 2014 et 2016.

                   Le 18 septembre 2020, la DGE a fait valoir que ni la municipalité ni les recourants n'étaient parvenus à prouver que la validité du permis n° 6762, sur la base duquel le projet avait été réalisé, avait été prolongée jusqu'en mars 2014. Elle a relevé que si un doute devait subsister pour le tribunal quant à la validité dudit permis, il conviendrait d'inviter la municipalité à produire son dossier relatif à l'autorisation délivrée en décembre 2013.

Considérant en droit:

1.                      Les recourants invoquent une violation de leur droit d'être entendus. Ils se plaignent du fait que la municipalité n'a adressé la décision du 18 novembre 2019, à laquelle était jointe la synthèse CAMAC du 19 août 2019, qu'à A.________ et non également aux autres copropriétaires de la parcelle 1301. Par ce grief, les recourants dénoncent en réalité une absence de notification, respectivement une notification irrégulière des décisions litigieuses.

                   a) L'art. 44 al. 1 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative (LPA-VD; BLV 173.36) prévoit que les décisions sont en principe notifiées à leurs destinataires sous pli recommandé ou par acte judiciaire. La notification est la communication officielle de la décision. Elle permet au destinataire de la décision d'en prendre connaissance et, le cas échéant, de faire usage des voies de droit ouvertes à son encontre. S'agissant d'un acte soumis à réception, la notification est réputée parfaite au moment où la décision entre dans la sphère d'influence de son destinataire (ATF 113 Ib 296 consid. 2a p. 297; arrêts FI.2019.0141 du 3 février 2020 consid. 3a; CR.2008.0078 du 12 septembre 2008 consid. 1c). 

Selon un principe général du droit, déduit des art. 5 al. 3 et 9 de la Constitution fédérale de la Confédération suisse du 18 avril 1999 (Cst.; RS 101), protégeant la bonne foi du citoyen, une notification irrégulière ne peut entraîner aucun préjudice pour les parties (ATF 138 I 49 consid. 8.3.2). Il convient dans ce cadre de distinguer la notification irrégulière de l'absence totale de notification (cf. TF 2C_160/2019 du 5 novembre 2019 consid. 4.1). Lorsque l'autorité omet purement et simplement de communiquer la décision à l'une des personnes à qui elle s'adresse en vérité –  qui est de ce chef notamment empêchée d'exercer son droit de recours –, le vice qui affecte la décision sur le plan formel est si fondamental qu'il peut conduire à admettre la nullité absolue de cette décision (cf. ATF 110 V 145 consid. 2d et les références). La jurisprudence n'attache toutefois pas nécessairement la nullité à l'existence de vices dans la notification. La protection des parties est en principe suffisamment réalisée lorsque la notification irrégulière atteint son but malgré cette irrégularité (cf. ATF 139 II 243 consid. 11.2). Il y a donc lieu d'examiner, d'après les circonstances du cas concret, si la partie intéressée a réellement été induite en erreur par l'irrégularité de la notification et a, de ce fait, subi un préjudice (ATF 122 I 97 consid. 3a; TF 1C_422/2018 du 4 novembre 2019 consid. 3.2). Le délai de recours pour attaquer un acte notifié irrégulièrement court dès le jour où le destinataire a pu en prendre connaissance, dans son dispositif et ses motifs (cf. ATF 139 IV 228 consid. 1.3; 102 Ib 91 consid. 3). En vertu du principe de la bonne foi, l'intéressé est toutefois tenu de se renseigner sur l'existence et le contenu de la décision dès qu'il peut en soupçonner l'existence, sous peine de se voir opposer l'irrecevabilité d'un éventuel moyen pour cause de tardiveté (ATF 139 IV 228 consid. 1.3; TF 2C_309/2018 du 10 septembre 2018 consid. 4.1).

b) En l'espèce, la décision municipale du 18 novembre 2019 et la synthèse CAMAC du 19 août 2019 ont, il est vrai, uniquement été notifiées sous pli recommandé à l'architecte du projet, lequel les a ensuite transmises au recourant A.________ qui admet avoir "reçu un exemplaire des décisions entreprises" (cf. recours, p. 6). On peut relever que, suite au courrier de la municipalité du 28 mai 2018, c'est A.________, par l'entremise de son architecte, qui a mené des discussions avec l'autorité municipale (cf. notamment courrier du 21 septembre 2018). C'est également lui qui a signé seul le 18 mars 2019 le formulaire de demande de permis de construire tendant à la régularisation du couvert, en se désignant comme propriétaire, maître d'ouvrage et destinataire des factures. Enfin, tant le plan de situation daté du 16 octobre 2018 que les plans de construction du 15 octobre 2018 portent uniquement la signature de A.________. La question de savoir si l'autorité intimée pouvait inférer des circonstances que A.________ agissait tant pour lui-même qu'en qualité de représentant de l'ensemble des copropriétaires de la parcelle n° 1301 et qu'il lui suffisait donc de notifier les décisions querellées au seul intéressé, par l'entremise de son architecte, n'a cependant pas lieu d'être examinée plus avant. Tous les copropriétaires de la PPE ******** ont en effet pu prendre connaissance dans l'intervalle des décisions litigieuses et les ont contestées en temps utile devant la présente instance de recours. Ils n'ont ainsi pas subi de préjudice résultant d'une éventuelle notification irrégulière des décisions. Le grief formulé sur ce point est partant mal fondé.

2.                      Est litigieuse la question de savoir si la municipalité était fondée à refuser la régularisation du couvert à voitures construit sur la parcelle n° 1301 au motif que son extrémité Sud-Est, ainsi qu'une portion de la surface goudronnée sont implantées à moins de 10 m de la lisière forestière telle qu'elle a été délimitée le 27 août 2013.

3.                      D'emblée, on relèvera que contrairement à ce que laisse entendre la DGE dans ses écritures du 18 septembre 2020, la prolongation de la durée de validité du permis n° 6762 a bien été documentée. Le dossier produit par la municipalité le 8 juin 2020 relatif à l'autorisation de construire délivrée le 28 mars 2011 comprend en effet sous pièce n° 50 un courrier en ce sens de la municipalité, qui a reporté l'échéance dudit permis au 28 mars 2014. Quant à la question de savoir si la délivrance le 16 décembre 2013 d'une autorisation portant sur une modification des façades a eu pour effet d'interrompre le délai de péremption courant jusque-là et d'en faire repartir un nouveau de deux ans dès cette date (art. 118 de la loi du 4 décembre 1985 sur l’aménagement du territoire et les constructions [LATC; BLV 700.11]), celle-ci peut demeurer indécise, les travaux liés au couvert à voitures litigieux n'ayant de toute manière pas été réalisés conformément au permis n° 6762. La renonciation à requérir la production du dossier municipal relatif à l'autorisation délivrée en décembre 2013, signifiée par avis du 3 septembre 2020, peut ainsi être confirmée.

4.                      Les recourants soutiennent que le couvert à voitures litigieux ne constitue pas un ouvrage nécessitant un permis de construire.

a) A teneur de l'art. 22 al. 1 de la loi fédérale du 22 juin 1979 sur l'aménagement du territoire (LAT; RS 700), aucune construction ou installation ne peut être créée ou transformée sans autorisation de l'autorité compétente. L'al. 2 dispose que l'autorisation est délivrée si la construction ou l'installation est conforme à l'affectation de la zone (let. a) et si le terrain est équipé (let. b).

Selon la jurisprudence, sont considérés comme des constructions ou installations au sens de l'art. 22 al. 1 LAT tous les aménagements durables et fixes créés par la main de l'homme, exerçant une incidence sur l'affectation du sol, soit parce qu'ils modifient sensiblement l'espace extérieur, soit parce qu'ils chargent l'infrastructure d'équipement ou soit encore parce qu'ils sont susceptibles de porter atteinte à l'environnement. La procédure d'autorisation doit permettre à l'autorité de contrôler, avant la réalisation du projet, sa conformité aux plans d'affectation et aux réglementations applicables. Pour déterminer si l'aménagement prévu est soumis à cette procédure, il faut évaluer si, en général, d'après le cours ordinaire des choses, il entraînera des conséquences telles qu'il existe un intérêt de la collectivité ou des voisins à un contrôle préalable (arrêt TF 1C_618/2014 du 29 juillet 2015 consid. 3.1; arrêt AC.2019.0169 du 6 janvier 2020 consid. 2a).

En droit vaudois, la question de l'assujettissement des constructions à autorisation est régie par l'art. 103 LATC, prévoyant qu'aucun travail de construction ou de démolition, en surface ou en sous-sol, modifiant de façon sensible la configuration, l'apparence ou l'affectation d'un terrain ou d'un bâtiment, ne peut être exécuté avant d'avoir été autorisé (al. 1). Selon l'alinéa 2, ne sont pas soumis à autorisation: les constructions, les démolitions et les installations de minime importance ne servant pas à l'habitation ou à l'activité professionnelle et dont l'utilisation est liée à l'occupation du bâtiment principal (let. a); les aménagements extérieurs, les excavations et les travaux de terrassement de minime importance (let. b); les constructions et les installations mises en place pour une durée limitée (let. c).

L'art. 68 al. 1 let. a du règlement du 19 septembre 1986 d'application de la LATC (RLATC; BLV 700.11.1) prévoit que sont notamment subordonnés à l'autorisation de la municipalité, sous réserve de l'art. 68a RLATC, les constructions nouvelles, les transformations intérieures ou extérieures des bâtiments ou leurs annexes, ainsi que les ouvrages mentionnés aux articles 39 et 40 du règlement. En particulier, l'art. 39 RLATC régit les dépendances de peu d'importance et les autres aménagements assimilés.

L'art. 68a al. 2 RLATC contient une liste de constructions et d'installations qui peuvent ne pas être soumises à autorisation. Selon la lettre a de cette disposition, peuvent ne pas être soumis à autorisation les constructions et les installations de minime importance ne servant pas à l'habitation ou à l'activité professionnelle dont l'utilisation est liée à l'occupation du bâtiment principal à proximité duquel elles se situent telles que bûchers, cabane de jardin ou serres d'une surface maximale de 8 m2 à raison d'une installation par bâtiment ou unité de maisons jumelles ou groupées; pergolas non couvertes d'une surface de 12 m2; abris pour vélos, non fermés, d'une surface maximale de 6 m2; fontaines, sculptures, cheminées de jardin autonomes; sentiers piétonniers privés; panneaux solaires aménagés au sol ou en façade d'une surface maximale de 8 m2.

Au plan communal, l'art. 82 RPE, disposition applicable à toutes les zones, prévoit que la Municipalité est compétente pour autoriser la construction, dans les espaces réglementaires de non-bâtir entre bâtiments ou entre bâtiment et propriétés voisines, de dépendances peu importantes n'ayant qu'un rez-de-chaussée de 3 m de hauteur à la corniche au maximum. On entend par dépendance les buanderies, bûchers, garages particuliers pour une ou deux voitures, etc. Ces petites constructions ne peuvent en aucun cas servir à l'habitation ou à l'exercice d'une activité professionnelle. La construction de garages pour plus de deux voitures, en dérogation de distance, ne peut être autorisée qu'après entente écrite entre les parties (Municipalité-voisins-constructeur).

b) Les recourants font valoir que le couvert à voitures litigieux n'est pas destiné à l'habitation ou à l'activité professionnelle et que son utilisation est liée à l'occupation du bâtiment principal à proximité duquel il se situe. Il ne s'agirait ainsi pas d'un bâtiment nécessitant un permis de construire.

La construction litigieuse est un couvert, non un garage. Il n'en demeure pas moins qu'au vu de ses dimensions (longueur de 52,75 m et largeur de 2,50 m), un tel ouvrage ne saurait être considéré comme une installation de minime importance pouvant être dispensée d'autorisation de construire. Modifiant sensiblement l'espace extérieur, cette construction, destinée à durer vu sa conception, est au contraire assujettie à autorisation. L'art. 82 RPE prévoit par ailleurs expressément qu'il revient à la municipalité d'"autoriser la construction" de dépendances peu importantes prenant place dans les espaces réglementaires de non-bâtir, ce qui est le cas du couvert litigieux qui s'inscrit le long de la limite de propriété avec la parcelle n° 1445. Le grief formulé sur ce point par les recourants doit ainsi être écarté.

5.                      Les recourants contestent l'existence d'une forêt au Sud-Est de la parcelle n° 1301. Ils en déduisent qu'aucune autorisation spéciale émanant de la DGE-FORET n'était requise.

a) aa) La loi fédérale sur les forêts du 4 octobre 1991 (LFo; RS 921.0) a pour but général la protection des forêts, notamment la conservation de l'aire forestière (art. 1 et 3 LFo). La notion de forêt est définie à l'art. 2 al. 1 LFo; elle s'entend de toutes les surfaces couvertes d'arbres ou d'arbustes forestiers à même d'exercer des fonctions forestières, sans égard à leur origine, à leur mode d'exploitation ou aux mentions figurant au registre foncier. Sont assimilés aux forêts, les forêts pâturées, les pâturages boisés, les peuplements de noyers et de châtaigniers (art. 2 al. 2 let. a LFo), les surfaces non boisées ou improductives d'un bien-fonds forestier telles que les vides ou les surfaces occupées par des routes forestières ou d'autres constructions ou installations forestières (art. 2 al. 2 let. b LFo), ou encore les biens-fonds faisant l'objet d'une obligation de reboiser (art. 2 al. 2 let. c LFo). En revanche, ne sont pas considérés comme forêts les groupes d'arbres ou d'arbustes isolés, les haies, les allées, les jardins, les parcs et les espaces verts, les cultures d'arbres en terrain nu destinées à une exploitation à court terme ainsi que les buissons et les arbres situés sur ou à proximité immédiate des installations de barrage (art. 2 al. 3 LFo).

Dans le cadre de la législation d'exécution qu'il leur appartient d'adopter (art. 50 LFo et 66 de l’ordonnance du 30 novembre 1992 sur les forêts [OFo; RS 921.01]), les cantons peuvent, dans les limites fixées par le Conseil fédéral, préciser la largeur, la surface et l'âge minimaux que doit avoir un peuplement sur une surface conquise par la forêt ainsi que la largeur et la surface minimales que doit avoir un autre peuplement pour être considéré comme forêt (art. 2 al. 4 LFo). Les limites précitées ont été précisées à l'art. 1 al. 1 OFo de la façon suivante: surface comprenant une lisière appropriée: de 200 à 800 m2; largeur comprenant une lisière appropriée: de 10 à 12 mètres; âge du peuplement sur une surface conquise par la forêt: 10 à 20 ans. Si le peuplement en question exerce une fonction sociale ou protectrice particulièrement importante, les critères cantonaux ne sont pas applicables (art. 1 al. 2 OFo et 2 al. 4 LFo). Ces critères sont établis dans le droit cantonal vaudois à l'art. 4 al. 1 de la loi forestière du 8 mai 2012 (LVLFo; BLV 921.01), qui dispose que sont reconnus comme forêts les surfaces boisées de 800 m2 et plus (let. a); les cordons boisés de douze mètres de largeur et plus (let. b); les surfaces conquises par un peuplement fermé âgé de plus de vingt ans (let. c).

bb) Pour ce qui relève des fonctions forestières de la forêt, l'art. 2 al. 1 LFo dispose que toute surface couverte d'arbres ou d'arbustes forestiers à même d'exercer des fonctions forestières est une forêt. L'art. 1 al. 1 let. c LFo mentionne, à titre de "fonctions de la forêt", les fonctions protectrice, sociale et économique. Dans ce cadre, il suffit que la surface boisée puisse assumer l'une ou l'autre fonction forestière pour être considérée comme telle (arrêt du TF 1A.225/2005 du 17 octobre 2006 consid. 7 et les réf. cit.; arrêt AC.2018.0231 du 18 mars 2019 consid. 2a/bb). En outre, la protection du paysage, c'est-à-dire la fonction optique et esthétique d'un peuplement et son importance biologique en tant que milieu vital pour la flore et la faune font également partie des fonctions sociales de la forêt (ATF 124 II 85 consid. 3d/bb; TF 1A.319/2005 du 28 août 2006 consid. 3.3).

Dans son message du 29 juin 1988 concernant la LFo (FF 1988 III 157, p. 172), le Conseil fédéral a précisé que les forêts exercent une fonction protectrice lorsqu'elles protègent la population ou des valeurs matérielles contre des catastrophes naturelles telles que les avalanches, les glissements de terrain, l'érosion et les chutes de pierres; elles représentent une fonction économique lorsque la matière première que représente le bois est exploitée; enfin, elles exercent une fonction sociale lorsque leur situation, leur structure, leur peuplement et leur aménagement leur permettent de servir de zone de délassement à la population, lorsque par leur forme, elles modèlent le paysage, lorsqu'elles protègent contre des nuisances telles que le bruit ou les immissions, qu'elles assurent des réserves d'eau de quantité et de qualité suffisantes ou encore qu'elles offrent à la faune et à la flore un habitat irremplaçable (concernant la fonction sociale, voir. ég. ATF 124 II 185 consid. 3d/bb et les réf. cit.; arrêt du TF 1C_559/2016 du 28 août 2017 consid. 5.1).

Selon la jurisprudence, les critères quantitatifs servent à clarifier la notion qualitative de forêt. Sauf circonstances particulières, la nature forestière doit être reconnue lorsque les critères quantitatifs sont satisfaits, de sorte que ces derniers constituent des seuils minimaux. On ne peut cependant nier la qualité de forêt du simple fait que ces seuils ne sont pas atteints: les critères quantitatifs doivent concrétiser la notion qualitative de forêt, et non la vider de son sens (cf. ATF 125 II 440 consid. 3; arrêt du TF 1C_559/2016 précité consid. 5.1). Ce qui est décisif dans ce cadre, ce n'est ainsi pas le respect des critères quantitatifs – qui ne sont pas à eux seuls déterminants –, mais l'existence des attributs forestiers typiques, de manière à ce que le peuplement puisse exercer des fonctions forestières (cf. arrêts AC.2019.0017 du 26 juillet 2019 consid. 3a/bb; AC.2014.0224 du 27 juillet 2016 consid.4b; GE.2011.0084 du 17 juillet 2012 consid. 4b). En vertu de l'art. 2 al. 1 LFo, "la mention au registre foncier n['est] pas pertinent[e]" pour définir une aire forestière, mais c'est bien la capacité de la surface en cause d'exercer les fonctions forestières qui est déterminante. C'est la croissance effective du peuplement et sa fonction au moment de la décision qui sont déterminants pour décider s'il s'agit d'une forêt (ATF 124 II 85 consid. 4d; JdT 1998 I p. 507; arrêt précité AC.2018.0231 consid. 2a/cc).

cc) La LFo prévoit une procédure de constatation de la nature forestière d'un bien-fonds. Selon l'art. 10 LFo, celle-ci peut intervenir à la demande d'une personne disposant d'un intérêt digne d'être protégé à obtenir une décision sur ce point (al. 1) ou doit être ordonnée lors de l'édiction et de la révision des plans d'affectation au sens de la LAT (al. 2), là où des zones à bâtir confinent ou confineront la forêt (let. a) et là où, en dehors des zones à bâtir, le canton veut empêcher une croissance de la surface forestière (let. b). A teneur de l'art. 13 LFo, les limites des biens-fonds dont la nature forestière a été constatée conformément à l'art. 10 al. 2 LFo sont fixées dans les plans d'affectation (al. 1). Les nouveaux peuplements à l'extérieur de ces limites de forêts ne sont pas considérés comme forêt (al. 2). Les limites de forêts peuvent être réexaminées dans le cadre d'une procédure en constatation de la nature forestière conformément à l'art. 10 lorsque les plans d'affectation sont révisés et que les conditions effectives se sont sensiblement modifiées (al. 3). La procédure de constatation de l'aire forestière est réglée à l'art 24 LVLFo, qui prévoit ce qui suit:

"1. La demande de constatation de la nature forestière doit être adressée au service. Elle contient notamment un extrait du plan cadastral de la parcelle concernée.

2. Lorsqu'il y a lieu de constater la nature forestière d'un bien-fonds, le service fixe les limites de la forêt sur le terrain et les fait reporter sur un plan de situation comprenant le fonds cadastral. Le piquetage des lisières est effectué par l'inspecteur des forêts. Le levé et le report sur un plan cadastral sont authentifiées par un ingénieur géomètre breveté, inscrit au registre fédéral des ingénieurs géomètres, mandaté par le requérant.

3. Le projet de plan est mis à l'enquête publique selon la procédure prévue par l'article 16 LVLFo. Lorsqu'il est lié à une procédure distincte d'autorisation ou de planification, la mise à l'enquête du plan suit les modalités de la procédure principale.

4. La décision de constatation de la nature forestière est rendue par le service, qui statue en outre sur les oppositions. Elle peut faire l'objet d'une mention au Registre foncier.

(…)".

En principe, l'autorité forestière compétente pour procéder à une constatation de nature forestière au sens de l'art 10 LFo doit se fonder sur la situation effective du terrain au moment où elle statue (cf. art. 1 du règlement d'application de la loi forestière du 8 mai 2012 [RLVLFo; BLV 921.01.1], qui prévoit que la limite de la forêt est déterminée par la nature des lieux). Dans certaines circonstances, l'existence d'une forêt peut toutefois être admise malgré l'absence de boisement, en particulier lorsqu'il apparaît qu'un défrichement a eu lieu sans autorisation; en effet, la suppression d'un couvert forestier sans autorisation de défricher ne modifie pas le caractère forestier du terrain concerné et le moment déterminant pour évaluer la nature du boisement n'est alors plus celui de la décision de première instance (cf. ATF 124 II 85 consid. 4d; JdT 1998 I p. 507; 120 Ib 339 consid. 4; JdT 1996 I p. 543; arrêts du TF 1C_239/2016 du 13 février 2017 consid. 3; 1C_187/2014 du 13 novembre 2014 consid. 5.1).

dd) Aux termes de l'art. 17 LFo, les constructions et installations à proximité de la forêt peuvent être autorisées uniquement si elles n’en compromettent ni la conservation, ni le traitement, ni l’exploitation (al. 1). Les cantons fixent la distance minimale appropriée qui doit séparer les constructions et les installations de la lisière de la forêt. Cette distance est déterminée compte tenu de la situation et de la hauteur prévisible du peuplement (al. 2). Si des raisons importantes le justifient, les autorités compétentes peuvent autoriser une distance plus courte en imposant des conditions et des charges (al. 3). Selon l'art. 27 LVLFo, la distance minimale des constructions et installations par rapport à la forêt doit être fixée en fonction de la situation et de la hauteur prévisible du peuplement; dans tous les cas, les constructions et installations sont interdites à moins de dix mètres de la limite de la forêt (al. 1). L'art. 58 al. 3 LVLFo impose encore de laisser le long des lisières un espace libre de tout obstacle fixe sur une largeur minimale de quatre mètres à des fins d'exploitation et de vidange de la forêt. Ces dispositions visent à protéger la forêt des atteintes naturelles ou humaines. La distance par rapport à la forêt doit également permettre d'y avoir accès et de la gérer de façon appropriée, de la protéger contre les incendies et de préserver les lisières qui ont une grande valeur écologique. Elle permet encore de protéger les constructions et installations contre les dangers pouvant venir de la forêt (vents, humidité, etc.) (arrêts du TF 1C_18/2018 du 20 novembre 2018 consid. 2.2; 1C_386/2014 du 13 novembre 2014 consid. 3.1; 1C_621/2012 du 14 janvier 2014 consid. 8.1, in DEP 2014 251, p. 262; arrêt AC.2018.0068 du 17 février 2020 consid. 3c).

Les dispositions sur les distances à la lisière poursuivent à la fois des buts de police sanitaire et de police des forêts, mais aussi de protection du paysage et, indirectement, d'aménagement du territoire. Du point de vue de la salubrité et de l'hygiène, elles servent à protéger les constructions et leurs occupants contre les dommages provoqués par le vent (risques de chutes d'arbres) et contre des influences climatiques désagréables (humidité et ombre). Du point de vue de la police des forêts, cette marge de sécurité permet d'éviter des préjudices au peuplement forestier (incendies, piétinement des repousses) et d'assurer une exploitation rationnelle de la forêt. Enfin, du point de vue de la protection du paysage, elle permet d'atténuer le contraste frappant entre la silhouette de la forêt et les constructions et installations qui la rompent de manière choquante (arrêts AC.2018.0068 précité consid. 3c et la réf. cit.; AC.2005.0256 du 4 avril 2007 consid. 3a).

ee) Au plan communal, l'aire forestière est régie par l'art. 76 RPE, ainsi formulé:

"L'aire forestière est figurée sur le plan des zones à titre indicatif. Les forêts sont caractérisées, notamment, par l'interdiction de défricher, de construire à l'intérieur et à moins de 10 mètres des lisières, de faire des dépôts.

Les lois forestières fédérale et cantonale sont applicables."

b) Les recourants allèguent que la surface qualifiée d'aire forestière par la DGE-FORET ne remplit pas les fonctions typiques d'une zone forestière tant au plan quantitatif que qualitatif. Il s'agit selon eux d'un talus végétalisé comprenant quelques arbres, qui n'offre aucune protection phonique et qui n'est pas destiné au délassement de la population ou à la production de bois. On verrait en outre mal qu'un ouvrage destiné au trafic ferroviaire ait pu être construit au milieu d'une zone forestière. Ils soulignent également que les CFF ont donné leur accord aux constructions litigieuses, fait qui permettrait à lui seul de retenir que l'aire en cause ne peut constituer une forêt. Un tel constat serait aussi confirmé par la synthèse CAMAC du 16 août 2010 qui ne fait pas mention d'une autorisation spéciale en lien avec la législation forestière. Les recourants ajoutent que le secteur en question se situe dans la zone intermédiaire au sens de l'art. 66 RPE, voire devrait être considéré comme une zone de verdure au sens de l'art. 62 RPE, soit des zones auxquelles les limites de constructions imposées par la législation forestière ne trouveraient pas à s'appliquer. Enfin, la délimitation de la lisière forestière mise à l'enquête en novembre 2019 ne leur serait pas opposable sauf à violer le principe de non-rétroactivité, les travaux litigieux ayant été achevés en 2016.

c) Les recourants ne sauraient tout d'abord rien déduire en leur faveur du fait que le SFFN n'a pas été consulté dans le cadre de la procédure concernant le premier projet qui a abouti au permis de construire du 28 mars 2011. La DGE a en effet expliqué ce manquement par le fait que les documents à disposition de la commune (PGA, géodonnées, cadastre) n'indiquaient pas le boisement du talus (cf. réponse au recours du 27 février 2020). Ce n'est partant pas de manière délibérée que le service cantonal compétent n'est pas intervenu, mais en raison de la méconnaissance de la nature du secteur.

Le second projet déposé en mai 2013 a en revanche été soumis à la DGE-FORET. A cette occasion et conformément à sa pratique habituelle, l'Inspecteur des forêts (l'autorité compétente en la matière) a constaté qu'une aire forestière se trouvait sur la parcelle n° 561 et que la lisière se confondait avec la limite Sud-Est de la parcelle n° 1301, constatations qui ont ensuite été reportées sur un plan établi par un géomètre le 27 août 2013. Si A.________ entendait contester l'existence d'une aire forestière à cet endroit, elle aurait pu faire usage des voies de droit mentionnées au pied de la synthèse CAMAC du 26 septembre 2013, afin de soumettre les constatations de l'Inspecteur des forêts au contrôle juridictionnel du Tribunal cantonal. Quoi qu'il en soit, il y a lieu de constater que, au plan formel, l'existence d'une aire forestière sur la parcelle n° 561 a valablement été constatée en 2013, ceci quand bien même la procédure de constatation de la nature forestière prévue par l'art. 24 LVLFo n'a pas été strictement suivie à ce moment-là.

Sur le fond, le tribunal ne peut que constater que la délimitation de l'aire forestière à laquelle a procédé l'Inspecteur des forêts le 27 août 2013 sur la parcelle n° 561 ne prête pas le flanc à la critique. Au plan quantitatif, l'entité boisée en cause satisfait en effet aux conditions précédemment énumérées pour être soumise au régime forestier. Elle constitue l'une des ramifications de la forêt riveraine de grande dimension à laquelle elle est rattachée, qui s'étend de part et d'autre du Boiron et dont la surface, qui excède largement 800 m2 (cf. art. 4 al. 1 LVLFo), se termine en pointe au droit de la parcelle n° 561. Les recourants ne sauraient ainsi être suivis lorsqu'ils prétendent qu'il serait question d'un groupe d'arbres isolés au sens de l'art. 2 al. 3 LFo. S'agissant des critères qualitatifs, ces derniers doivent également être considérés comme réunis, sans que la question – discutée par les parties – de savoir si la surface en cause se situe ou non dans un territoire d'intérêt biologique (TIB) doive être tranchée, la présence de forêt n'impliquant pas forcément la reconnaissance d'un TIB (cf. p.-v. d'audience). Le tribunal ne voit à cet égard aucun motif de s'écarter des explications données par l'Inspecteur des forêts lors de l'audience selon lesquelles, en dépit de la présence de la ligne ferroviaire, ce boisement joue un rôle de liaison biologique important dès lors qu'il constitue un lieu de passage permettant à la faune de conserver un lien entre le lac et le Jura. La forêt à l'endroit litigieux exerce ainsi, à tout le moins, une fonction sociale au sens de l'art. 1 al. 1 let. c LFo. La vision locale a de surcroît permis de constater la présence d'essences forestières typiques (repousses d'érables notamment). On relèvera encore que la taille de certains arbres, rendue nécessaire pour garantir une sécurité suffisante à la ligne ferroviaire toute proche, n'est pas de nature à remettre en cause l'existence d'une forêt. Enfin, l'accord donné par les CFF le 12 avril 2019 aux constructions litigieuses n'est pas non plus susceptible de remettre en cause ce constat. Consultés uniquement en raison de la proximité immédiate du projet avec une ligne de chemin de fer (cf. art. 18m de la loi sur les chemins de fer du 20 décembre 1957 [LCdF; RS 742.101]), les CFF ne se sont à juste titre pas exprimés sur la conformité des ouvrages litigieux sous l'angle du régime juridique applicable aux parcelles nos 561 ou 1301, examen qui relève de la compétence de la municipalité et/ou de services cantonaux spécialisés.

                   d) Vu ce qui précède, la législation forestière trouve à s'appliquer en l'espèce et prime sur la réglementation de la zone intermédiaire dans laquelle est colloqué le secteur, contrairement à ce que prétendent les recourants. Une autorisation spéciale de la DGE était par conséquent requise.

6.                      Les recourants soutiennent que dans l'hypothèse où l'existence d'une surface forestière doit être reconnue au Sud-Est de la parcelle n° 1301, une dérogation à l'interdiction de construire dans l'espace de 10 m à la lisière de la forêt devrait leur être accordée.

a) On l'a vu, la distance minimale légale des constructions et installations par rapport à la forêt est de 10 m (cf. art. 27 al. 1 LVLFo; supra consid. 5a/dd). Or, il résulte du plan de situation du 16 octobre 2018 qu'une partie du couvert, ainsi qu'une portion de la surface goudronnée sont implantées à moins de 10 m de la lisière forestière. La demande de permis de construire litigieuse sollicitait sur ce point une dérogation.

b) aa) L'art. 27 al. 4 LVLFo prévoit que, s'agissant de la distance par rapport à la forêt, des dérogations ne peuvent être octroyées par le service que si la conservation, le traitement et l'exploitation de la forêt ne sont pas compromis et si la protection du site, de la nature et du paysage est assurée. L'art. 26 RLVLFo est libellé comme suit:

"Art. 26 Distance par rapport à la forêt (LVLFo, art. 27)  

 1 Le service ne peut accorder des dérogations que lorsque les conditions suivantes sont remplies:

a.     la construction ne peut être édifiée qu'à l'endroit prévu;

b.     l'intérêt de sa réalisation l'emporte sur la protection de l'aire forestière;

c.     il n'en résulte pas de sérieux danger pour l'environnement;

d.     l'aménagement des zones limitrophes répond aux conditions de l'article 58 de la loi forestière.

2 Les dérogations peuvent en outre être assorties de conditions.

3 Lors de la pesée des intérêts en présence, il est prêté une attention particulière à la valeur écologique des lisières, ainsi qu'aux territoires ou liaisons biologiques d'importance régionale ou supra-régionale selon le réseau écologique cantonal."

                   bb) Pour statuer sur une demande de dérogation, l'autorité doit comparer l'intérêt public au maintien de la distance de 10 m visant à protéger la forêt et l'intérêt privé du particulier à l'octroi de cette dérogation (arrêt AC.2011.0192 du 14 mars 2012 consid. 3b). D'après la jurisprudence cantonale, l'intérêt public à la protection de la forêt – qui est garantie notamment par le respect de la distance minimale prévue par l'art. 17 LFo, à cause de la valeur paysagère, esthétique et biologique des lisières – l'emporte en principe sur les intérêts de convenance personnelle des propriétaires (arrêts AC.2012.0353 du 15 juillet 2013 consid. 3; AC.2011.0192 précité consid. 3b). Sur ce point, on peut relever que l’espace inconstructible des 10 mètres à la lisière forestière est une zone de transition qui constitue un milieu favorable à la faune et à la flore. Une lisière de forêt présente en effet un intérêt important du point de vue de la protection de la nature. La lisière est une structure de transition entre l’habitat typiquement forestier et celui des espaces de prairies ou ruraux; elle est plus riche en espèces que l’intérieur même de la forêt et présente ainsi un remarquable potentiel de diversité biologique (arrêt AC.2011.0192 précité consid. 3b; John Aubert, La protection des lisières en droit fédéral et en droit vaudois, in RDAF 1998 I p. 2). La lisière peut ainsi répondre à la notion de biotope d’importance locale ou régionale au sens des art. 18 al. 1bis et 18b de la loi fédérale sur la protection de la nature du 1er juillet 1966 (LPN; RS 451); elle fait partie en effet des milieux qui jouent un rôle important dans l’équilibre naturel et présentent des conditions particulièrement favorables pour les biocénoses, comme c’est le cas pour les haies vives (arrêt AC.2011.0192 précité consid. 3b; John Aubert, op. cit. in RDAF 1998 I p. 22-23).

                   c) En l'occurrence, la DGE-FORET fonde son refus d'accorder une dérogation à l'interdiction de construire dans la bande inconstructible de 10 m à la lisière forestière sur le fait que les conditions posées à l'art. 26 RLVLFo ne sont pas toutes satisfaites. Elle relève que le recourant A.________ a opté pour la solution qui l'arrangeait le mieux, alors que le projet aurait pu être conçu de manière à ménager les espaces non constructibles. Elle ajoute que les six places qu'abrite le couvert excèdent le minimum de quatre places exigées par le RPE pour la zone de villas et que les recourants ne souffriraient pas outre mesure du refus puisque des places subsisteraient sous le couvert. La DGE-FORET soutient par ailleurs que le couvert et la place goudronnée suppriment la zone tampon constituée par la bande des 10 m par rapport à la lisière, qui remplit une fonction importante en milieu urbain notamment, soit un motif qui avait déjà conduit la DGE-FORET à ne pas délivrer l'autorisation spéciale requise en 2014. Enfin, le couvert rend l'évacuation des bois difficile, voire impossible. 

                   Les recourants allèguent pour leur part que les autorités n'indiquent pas en quoi la construction litigieuse, qui n'a provoqué aucune diminution de la prétendue surface de forêt, porterait concrètement atteinte à l'intérêt public de la protection de la zone forestière.

                   d) Peu importe en premier lieu que la surface forestière en cause n'ait pas été diminuée comme le plaident les recourants, qui perdent à cet égard de vue que la protection de la forêt est également garantie par le respect de la distance minimale de 10 m prescrite par l'art. 27 al. 1 LVLFo. Pour le surplus, on relève qu'il est possible de réaliser sur la parcelle n° 1301 un couvert à voitures permettant de respecter à la fois les exigences du règlement communal en ce qui concerne le nombre de places de stationnement (création de quatre places) et la distance de 10 m par rapport à la limite de la forêt. Le refus de régulariser le couvert à voitures – dont la longueur a été prolongée de plus de 5 m par rapport au permis de construire délivré le 28 mars 2011  – n'aura ainsi pas pour effet de créer un déficit de places de parc sur la parcelle n° 1301 par rapport aux exigences de la réglementation communale. Rien n'impose non plus de réaliser la surface goudronnée litigieuse dans la bande des 10 mètres à la lisière. Dans ces circonstances, les conditions de l'art. 26 RVLFLo ne sont manifestement pas remplies et, de manière générale, les recourants ne peuvent pas se prévaloir d'intérêts privés à l'octroi de la dérogation qui l'emporteraient sur l'intérêt à la protection de la forêt. Partant, c'est à juste titre que la DGE a refusé de délivrer la dérogation requise.  

7.                      Les recourants invoquent une violation du principe de la bonne foi.

a) Le principe de la bonne foi protège le citoyen dans la confiance légitime qu'il met dans les assurances reçues des autorités, lorsqu'il a réglé sa conduite d'après des décisions, des déclarations ou un comportement déterminé de l'administration. Ce principe découle des art. 5 al. 3 et 9 Cst. et vaut pour l'ensemble de l'activité étatique (ATF 138 I 49 consid. 8.3.1; 129 I 161 consid. 4.1). Selon la jurisprudence, un renseignement ou une décision erronés de l'administration peuvent obliger celle-ci à consentir à un administré un avantage contraire à la réglementation en vigueur, à condition que l'autorité soit intervenue dans une situation concrète à l'égard de personnes déterminées, qu'elle ait agi ou soit censée avoir agi dans les limites de ses compétences et que l'administré n'ait pas pu se rendre compte immédiatement de l'inexactitude du renseignement obtenu. Il faut encore qu'il se soit fondé sur les assurances ou le comportement dont il se prévaut pour prendre des dispositions auxquelles il ne saurait renoncer sans subir de préjudice, que la réglementation n'ait pas changé depuis le moment où l'assurance a été donnée et que l'intérêt à une application correcte du droit objectif ne soit pas prépondérant par rapport à la protection de la confiance (ATF 137 II 182 consid. 3.6.2; 131 II 627 consid. 6.1; 129 I 161 consid. 4.1; 122 II 113 consid. 3b/cc et les réf. cit.).

Le droit à la protection de la bonne foi peut aussi être invoqué en présence simplement d'un comportement de l'administration, notamment en cas de silence de l'autorité dans une situation de fait contraire au droit (TF 2C_1013/2015 du 28 avril 2016 consid. 3.1 et la réf. cit.), pour autant que celui-ci soit susceptible d'éveiller chez l'administré une attente ou une espérance légitime (ATF 129 II 361 consid. 7.1). Ce droit ne peut cependant être invoqué avec succès lorsque des intérêts publics prépondérants s’y opposent (ATF 129 I 161 consid. 4.1 et les réf. cit.). La précision que l'attente ou l'espérance doit être "légitime" est une autre façon de dire que l'administré doit avoir eu des raisons sérieuses d'interpréter comme il l'a fait le comportement de l'administration et d'en tirer les conséquences qu'il en a tirées. Tel n'est notamment pas le cas s'il apparaît, au vu des circonstances, qu'il devait raisonnablement avoir des doutes sur la signification du comportement en cause et se renseigner à ce sujet auprès de l'autorité (TF 2C_138/2015 du 6 août 2015 consid. 5.1 et les réf. cit.). Il ne suffit pas que, pendant un certain temps, l'autorité tolère, c'est-à-dire n'intervienne pas à l'encontre d'un état de fait illégal, et encore moins que, par ignorance ou faute d'actualité du problème, elle soit en quelque sorte restée neutre. Il faut qu'elle manifeste d'une manière ou d'une autre sa position. Il n'est pas nécessaire pour autant qu'elle le fasse par un acte explicite; elle sera liée si l'administré, sachant qu'elle est au courant, peut de bonne foi conclure de son mutisme qu'elle considère la situation comme régulière ou qu'elle a renoncé à exiger l'exécution de la prestation qu'il doit (Pierre Moor, Droit administratif, Berne 2012, vol. I, n° 6.4.2.3 p. 929).

Le principe de la bonne foi est l'émanation d'un principe plus général, celui de la confiance, lequel suppose que les rapports juridiques se fondent et s'organisent sur une base de loyauté et sur le respect de la parole donnée. Le principe de la loyauté impose aux organes de l'Etat ainsi qu'aux particuliers d'agir conformément aux règles de la bonne foi. Cela implique notamment qu'ils s'abstiennent d'adopter un comportement contradictoire ou abusif (ATF 136 I 254 consid. 5.2). De manière même plus positive, le principe de la confiance peut, suivant les circonstances, obliger l'autorité à informer l'administré de ses droits, ou à l'aviser de comportements erronés qu'il suit ou s'apprête à suivre, de manière que, en les corrigeant, il puisse éviter le préjudice qui en découlerait. Une telle obligation n'est cependant pas générale: elle n'existe que si l'administration est objectivement en mesure de le faire et que, de son côté, l'administré se trouve avec elle dans une relation de fait ou de droit assez particulière pour qu'il soit en droit de s'y attendre (Pierre Moor, Droit administratif, Berne 2012, vol. I, n° 6.4.5.1 p. 936 s.).

b) Concédant que le projet validé par le permis délivré le 28 mars 2011 prévoyait un couvert plus court que celui qui a finalement été réalisé, les recourants arguent du fait que la distance entre ledit couvert et la limite de propriété était à l'époque déjà inférieure à la limite de 10 m imposée par la législation forestière et que la synthèse CAMAC du 16 août 2010 ne faisait aucunement mention d'une autorisation spéciale qui aurait été requise auprès de la DGE-FORET ou de la municipalité. Ils allèguent que sur la base des renseignements obtenus des autorités communale et cantonale, ils ne pouvaient imaginer que le couvert aurait dû respecter la limite de 10 m aujourd'hui invoquée dans les décisions entreprises.

c) Il est vrai que le projet tel qu'autorisé le 28 mars 2011 – pour lequel le SFFN n'avait à l'époque pas été consulté pour les motifs indiqués plus haut – empiétait déjà dans la bande inconstructible de 10 m à la lisière de la forêt, puisqu'une distance de 6 m seulement séparait le couvert à voitures de la parcelle n° 561. Cependant, depuis le 27 août 2013, H.________ n'ignorait plus qu'une surface forestière prenait place sur la parcelle n° 561 et que la lisière de la forêt s'inscrivait sur la limite de propriété entre les parcelles nos 1301 et 561. En prolongeant le couvert à voitures jusqu'en limite de propriété avec la parcelle n° 561, pour des motifs de pure convenance personnelle, H.________ a non seulement violé le permis de construire délivré en mars 2011 mais a également sciemment aggravé l'emprise du projet dans la bande inconstructible de 10 m, en faisant fi des développements de la DGE-FORET contenus dans la synthèse CAMAC du 26 septembre 2013. Les recourants sont ainsi particulièrement malvenus d'invoquer à présent la protection de leur bonne foi, argument qui ne peut être qu'écarté. 

8.                      Les recourants font valoir que la décision "ordonnant la démolition des constructions en cause" est disproportionnée. En lieu et place d'une démolition, ils proposent une compensation au sens de l'art. 7 LFo.

a) L'objet du litige est défini par trois éléments: la décision attaquée, les conclusions du recours et les motifs de celui-ci (arrêts AC.2019.0174 du 10 janvier 2020 consid. 1; AC.2017.0434 du 17 juillet 2018 consid. 3c/bb). Selon le principe de l'unité de la procédure, ne peuvent être examinés et jugés, en principe, que les rapports juridiques à propos desquels l'autorité administrative s'est prononcée préalablement, d'une manière qui la lie sous forme de décision. L'objet du litige peut être réduit devant l'autorité de recours, mais non étendu, ni modifié (ATF 136 V 362 consid. 3.4.2). Le juge administratif n'entre pas en matière sur des conclusions qui vont au-delà de l'objet du litige qui lui est soumis (ATF 134 V 418 consid. 5.2.1; 125 V 413 consid. 1a).

b) Contrairement à ce que laissent entendre les recourants, le présent litige est circonscrit au refus par la municipalité de délivrer un permis de construire tendant à la régularisation du couvert à voitures et d'une surface goudronnée et au refus de la DGE   de délivrer l'autorisation spéciale requise. Certes, la DGE indique dans sa décision qu'elle ordonnera la démolition des constructions et la remise en état des lieux à l'issue de la procédure de permis de construire. En l'état, aucune décision sur ce point n'a toutefois été rendue et il s'ensuit que les développements contenus dans le recours en lien avec un ordre de remise en état n'ont pas à être traités dans le présent arrêt, car sortant du cadre des décisions attaquées.

9.                      Les considérants qui précèdent conduisent au rejet du recours et à la confirmation des décisions attaquées. Succombant, les recourants supporteront les frais de la cause. Il n'y a pas lieu d'allouer des dépens (art. 49 al. 1 et 55 al. 1 LPA-VD).


Par ces motifs
 la Cour de droit administratif et public
du Tribunal cantonal
arrête:

 

I.                       Le recours est rejeté.

II.                      La décision de la Municipalité de Nyon du 18 novembre 2019 et la décision de la Direction générale de l'environnement du 19 août 2019 sont confirmées.

III.                    Un émolument judiciaire de 3'000 fr. est mis à la charge de A.________, B.________, C.________, D.________, E.________, F.________, G.________, H.________ et la Communauté des propriétaires par étage I.________, débiteurs solidaires.

IV.                    Il n'est pas alloué de dépens.

 

Lausanne, le 9 novembre 2020

 

Le président:                                                                                             La greffière



 

                                                                                                                 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu'à l'Office fédéral des transports (OFT)

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000 Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.