TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

 

Arrêt du 3 juin 2020  

Composition

M. Laurent Merz, président; M. Nicolas Perrigault et M. Roger Saul, assesseurs; M. Vincent Bichsel, greffier.

 

Recourant

 

A.________, à 1********, représenté par Me Yves AUBERSON, avocat à Villars-Sur-Glâne,  

  

Autorité intimée

 

Administration cantonale des impôts, à Lausanne,   

  

Autorité concernée

 

Administration fédérale des contributions, Division principale DAT, à Berne   

  

 

Objet

Impôt cantonal et communal (sauf soustraction) / Impôt fédéral direct (sauf soustraction)          

 

Recours A.________ c/ décision de l'Administration cantonale des impôts du 16 août 2017 (demande en constatation de nullité de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 pour la période fiscale 2010)

 

Vu les faits suivants:

A.                     Par décision du 18 octobre 2011, l'Administration cantonale des impôts (ACI) du canton de Vaud a fixé le domicile fiscal principal de A.________ à 2******** (VD) dès le 1er janvier 2010 au niveau cantonal, communal et fédéral. Elle a dans ce cadre retenu en particulier ce qui suit:

"[vu] que, selon les renseignements obtenus par la division de l'Inspection fiscale (IF) de l'ACI:

     □   A.________ […] est chirurgien orthopédiste. Il travaille apparemment à 3******** /VD, 4******** /VD et 5******** /Fr

[…]

     □   M. A.________ est propriétaire d'une maison au bord du Lac Léman au Chemin ******** à 2******** depuis avril 2010, mise à disposition en mars 2010; il n'est pas du tout inscrit au contrôle des habitants de 2********

[…]

     □   M. A.________ est père de deux enfants, nés en 2007 et 2009. Les enfants et leur mère habitent dans la maison du Chemin ******** à 2******** depuis mars 2010

[…]

     □   Sur la boîte aux lettres de 2******** figurent les noms de Monsieur et Madame

[…]

que, d'une manière générale, le lieu de travail coïncide avec le domicile,

que, lorsque des personnes entretiennent des relations avec un ou plusieurs endroits, leur domicile est également situé au lieu où les attachent les liens les plus étroits et les plus forts […],

qu'en l'espèce, il existe des éléments probants de domicile effectif de A.________, âgé de 45 ans, sur la commune de 2********, en particulier la commune dans laquelle M. A.________ habite dans sa propre maison avec ses enfants et leur mère et le lieu à partir duquel M. A.________ va travailler"

Cette décision a été adressée par courrier recommandé au recourant à son adresse à 2********, avec copie notamment à la Fiduciaire B.________ SA. Elle n'a pas été contestée.

B.                     a) Le 23 mars 2012, l'ACI a adressé à A.________ (à son adresse à 2********) une "Invitation à déposer la déclaration 2010 - Sommation", relevant qu'il n'avait pas déposé la déclaration en cause en temps utile et lui impartissant un ultime délai de 30 jours pour s'exécuter. Il était précisé qu'à ce défaut, l'autorité fiscale serait dans l'obligation d'évaluer d'office son revenu et sa fortune imposables.

b) Le 24 avril 2012, le Service cantonal des contributions du canton de Fribourg a procédé à la taxation d'office du recourant pour la période fiscale 2010. Il a notamment retenu un montant de 600'000 fr. à titre de revenu de son activité indépendante principale imposable dans ce canton.

c) Par "décision de taxation définitive et calcul de l'impôt et prononcé d'amende" adressée à A.________ (à son domicile à 2********) le 9 juillet 2012, l'Office d'impôt du district de Nyon (OID) a procédé à une évaluation d'office des éléments imposables de l'intéressé pour la période fiscale 2010. Il a retenu un revenu imposable de 445'300 fr. au taux de 1'418'400 fr. en matière d'impôt cantonal et communal (ICC) et de 1'417'900 fr. au taux de 1'417'900 fr. en matière d'impôt fédéral direct (IFD), respectivement une fortune imposable de 2'408'000 fr. au taux de 5'661'000 fr.; il a par ailleurs prononcé des amendes de 1'000 fr. en lien avec l'impôt cantonal et de 500 fr. en lien avec l'IFD. Etait jointe une "décision de répartition intercantonale/internationale des éléments imposables pour 360 jours en 2010" datée du même jour, dont il résulte en particulier qu'a été retenu un montant de 400'000 fr. à titre de revenu d'une activité indépendante imposable à 2********. 

d) A.________, par l'intermédiaire de la Fiduciaire B.________ SA, a adressé le 22 octobre 2012 à l'OID une "demande de révision" de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012. Il a en substance fait valoir que le bouclement définitif de ses comptes 2010 laissait apparaître de "grandes différences" avec les éléments imposables retenus dans cette décision et requis que cette dernière soit révisée en conséquence, et ce "malgré [qu'il] a[vait] validé ses comptes ainsi que sa déclaration fiscale très tardivement".  

Par décision du 29 octobre 2012, l'ACI a rejeté cette demande, estimant que les conditions d'une révision n'étaient pas réunies. Cette décision n'a pas été contestée en temps utile.

e) Le 17 décembre 2012, l'OID a adressé à A.________ un document intitulé "Calcul de l'impôt résultant d'un réexamen de la dernière décision de taxation" reprenant les éléments imposables arrêtés dans la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012, ainsi qu'une nouvelle "décision de répartition intercantonale/internationale des éléments imposables pour 360 jours en 2010" datée du même jour dont la teneur est identique à celle du 9 juillet 2012.

f) Le recourant, par l'intermédiaire de son conseil, a déposé le 17 janvier 2013 une réclamation contre la "décision du 17 décembre 2012 de réexamen de la décision de taxation du 9 juillet 2012" ainsi qu'une "demande de nullité" de cette dernière décision. Il a en substance fait valoir ce qui suit:

"2.   […] M. A.________ exerce sa profession de médecin à titre indépendant dans les locaux qu'il occupe à 5******** dans le canton de Fribourg, où il dispose par conséquent d'un lieu d'exploitation (intitulé également base fixe d'affaires) […]. L'existence de cette base fixe dans le canton de Fribourg a pour conséquence que la totalité de son revenu d'indépendant doit être attribué à la souveraineté fiscale du canton de Fribourg, et qu'un revenu indépendant ne saurait lui être imputé dans un autre canton, y compris dans le canton de son domicile fiscal principal, sauf si la dite base fixe d'affaires devait y avoir constitué un établissement stable.

3.    Or, dans le cas de M. A.________, aucun établissement stable n'a été constitué dans le canton de Vaud pour la pratique de la médecine à titre indépendant, ni d'ailleurs dans les autres cantons dans lesquels le contribuable effectue des interventions chirurgicales. Cela signifie que, pour la période fiscale 2010, le canton de Vaud n'avait aucune compétence pour procéder, tant pour l'impôt cantonal et communal que pour l'impôt fédéral direct, à la taxation d'un revenu de médecin indépendant.

4.    Dès lors que la décision du 17 décembre 2012 donne au contribuable la possibilité d'attaquer la répartition des éléments imposables, M. A.________ conserve par conséquent le droit de revendiquer l'élimination de la somme de CHF 400'000 de ses revenus imposés dans le canton de Vaud lors de la période fiscale 2010.

5.    Au demeurant, une telle conclusion s'impose également au vu des règles posées par la doctrine et la jurisprudence en matière de nullité des décisions administratives.

[…]

7.    […] l'Office d'impôt du district de Nyon a […] commis un vice grave de procédure en omettant de constater que M. A.________ ne disposait d'aucun cabinet médical dans le canton de Vaud et en s'attribuant ainsi par erreur une compétence qu'il n'avait manifestement pas. La taxation du Dr A.________ en matière d'impôt cantonal et communal et en matière d'impôt fédéral direct est donc entachée d'un vice grave car elle est intervenue sur la base d'une méconnaissance évidente des principes applicables en matière d'interdiction de la double imposition intercantonale, en particulier de ceux relatifs à la répartition des compétences fiscales entre les cantons. Elle doit donc purement et simplement disparaître, soit par l'admission de la réclamation interjetée contre la décision du 17 décembre 2013, soit par la constatation de la nullité de la décision du 9 juillet 2012."

Il a en conséquence conclu principalement à l'admission de sa réclamation et subsidiairement à l'admission de sa "demande de nullité", avec pour suite dans les deux hypothèses que son revenu imposable était arrêté à 45'300 fr. au taux de 1'018'400 fr. en matière d'ICC et à 1'017'900 en matière d'IFD.

Après avoir entendu le conseil du recourant à l'occasion d'un entretien du 29 janvier 2013, l'OID a en substance relevé, par courrier du 1er février 2013, que la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 était entrée en force, que le motif allégué à l'appui de la "demande de nullité" aurait dû l'être dans le cadre d'une réclamation contre cette décision et qu'un tel motif ne justifiait pas la constatation de sa nullité. Il a considéré que la réclamation et la "demande de nullité" étaient irrecevables et a invité le recourant, en cas de maintien de sa réclamation, à lui faire part de ses observations motivées.

A.________ a confirmé ses conclusions par courrier de son conseil du 25 avril 2013. Il a soutenu que, en rendant la décision de répartition du 17 décembre 2012, l'OID avait "inévitablement fait courir un nouveau délai de réclamation" sur ce point. Quant à sa "demande de nullité", il a relevé que la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 n'avait pas été notifiée à la Fiduciaire B.________ SA (alors même que l'autorité de taxation avait connaissance de ce rapport de représentation) et que cette dernière n'en avait appris l'existence par hasard qu' "à fin août 2012" - étant précisé que la décision en cause avait par la suite été communiquée à cette fiduciaire le 30 août 2012; l'autorité fiscale n'ayant pas davantage adressé à sa fiduciaire notamment le formulaire de déclaration d'impôt pour la période fiscale concernée ou encore la sommation du 23 mars 2012, il a fait valoir qu'il avait été empêché de participer à la procédure de taxation et que ces circonstances (qui présentaient à son sens de "nombreuses similitudes" avec le cas jugé dans l'ATF 137 I 273) justifiaient la constatation de la nullité de la décision de taxation d'office en cause.

Après que, par courrier du 30 avril 2013, l'OID a contesté l'existence tant de vices de procédure que de similitudes avec l'arrêt du Tribunal fédéral (TF) évoqué, A.________ s'est en particulier prévalu par courrier de son conseil du 17 mai 2013 de son droit d'obtenir une décision sur sa demande lui ouvrant les voies de la réclamation puis du recours.

 L'OID a informé le recourant le 27 mai 2013 qu'il transmettait ce jour son dossier à l'ACI. Le même jour, cet office lui a également adressé un document intitulé "Obligation de payer l'impôt correspondant aux éléments déclarés ou admis" pour la période fiscale 2010.

g) Par acte de son conseil du 19 décembre 2013, A.________ a adressé à l'ACI une "demande de révision de la décision de taxation du 9 juillet 2012" ainsi qu'un "complément" à sa réclamation du 17 janvier 2013. Il a relevé que, par décision de taxation du gain immobilier du 15 novembre 2013 - contre laquelle il avait déposé une réclamation -, l'OID avait retenu qu'il n'avait habité dans sa maison de 2******** qu'à partir du 1er décembre 2011, ce qui constituait un fait nouveau ouvrant notamment la voie de la révision de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012.

Le conseil du recourant a été entendu par des collaborateurs de l'ACI le 20 janvier 2014. Selon le procès-verbal établi à cette occasion, il a notamment été informé que la réclamation contre l'impôt sur les gains immobiliers serait acceptée.

Par courrier de son conseil du 31 mars 2014, A.________ a retiré sa demande de révision du 19 décembre 2013, compte tenu de la rectification de la taxation du gain immobilier intervenue dans l'intervalle le 22 janvier 2014. Il a en revanche maintenu sa réclamation et sa "demande de nullité" du 17 janvier 2013, et développé son grief relatif aux vices ayant à son sens entaché les notifications auxquelles avaient procédé les autorités fiscales vaudoises.

Les 9 septembre 2014 et 21 janvier 2015, le recourant a encore invité l'ACI à lui indiquer la date approximative à laquelle il serait statué respectivement requis qu'une décision soit rendue.

 h) Par courrier du 2 avril 2015, l'ACI a prié A.________ de lui faire parvenir différentes pièces en lien avec la taxation dont il avait fait l'objet pour la période fiscale 2010 dans les cantons de Fribourg et de Genève.

Après que le recourant s'est exécuté, par courrier de son conseil du 20 avril 2015, l'ACI a exposé par courrier du 5 août 2015 les motifs pour lesquels elle estimait que la réclamation devait être refusée et la "demande de nullité" rejetée.

Invité à se déterminer, A.________ a maintenu tant sa réclamation que sa "demande de nullité" par courrier de son conseil du 9 septembre 2015.

i)    Par décision du 16 août 2017, l'ACI a rejeté la "demande de nullité" de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 concernant l'ICC et l'IFD pour la période fiscale 2010, déclaré sans objet la réclamation contre le calcul de l'impôt du 17 décembre 2012 respectivement, au surplus, déclaré irrecevable la réclamation à l'encontre de la décision du 29 octobre 2012 refusant la révision de la taxation d'office en cause. S'agissant spécifiquement de la "requête en nullité de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012", elle a en particulier retenu les motifs suivants:

"B.   Lors de la période fiscale concernée, le contribuable est assujetti à l'impôt fédéral, cantonal et communal dans le canton de Vaud suite à la décision d'assujettissement non contestée du 18 octobre 2011 en raison de son rattachement personnel conformément aux articles 3 LI [loi vaudoise du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux, BLV 642.11] et 3 LIFD [loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct, RS 642.11].

[…]

E.    En l'espèce, la taxation opérée était justifiée dans son principe compte tenu de l'assujettissement illimité. Cependant, le contribuable n'ayant pas remis de déclaration d'impôt malgré sommation, une taxation d'office […] a dû être effectuée. […] une taxation d'office doit être établie sur la base d'une appréciation consciencieuse. Ainsi, l'OID doit, selon les informations en sa possession, fixer les éléments imposables malgré l'absence de collaboration du contribuable.

F.    Au moment où la taxation a été opérée, il était établi que le contribuable avait son domicile dans le canton de Vaud et qu'une partie de son activité professionnelle était exercée auprès de cliniques dans ce même canton. L'OID savait également que le contribuable exerçait son activité sous la forme d'une raison individuelle avec un établissement stable dans le canton de Fribourg. Compte tenu de ces éléments et vu l'absence de renseignements fournis par le contribuable, il ne peut être reproché à l'OID d'avoir considéré qu'une part de l'activité indépendante était exercée sur territoire vaudois.

G.    Concrètement, le contribuable reproche à l'autorité fiscale de n'avoir pas su taxer en pleine connaissance de cause alors que lui-même n'a fourni aucun renseignement pour la taxation de la période en cause. Il estime encore que l'OID aurait dû l'interpeller afin qu'il se détermine sur le revenu indépendant imposable dans le canton de Vaud. L'ACI se limite ici à rappeler qu'il a bel et bien été sommé de remplir sa déclaration d'impôt, et donc d'indiquer ses éléments de revenu et de fortune. En outre, suivre le contribuable reviendrait à vider de sa substance le principe même de la taxation d'office en ouvrant la voie de la nullité à toute décision faite par voie d'évaluation qui s'écarterait de la réalité et sans qu'il soit nécessaire de respecter les délais légaux de réclamation ce qui n'est pas soutenable.

H.    Le contribuable invoque encore une jurisprudence [ATF 137 I 273] faisant état d'une constatation en nullité d'une décision de taxation rendue par un canton au motif d'un assujettissement limité qui n'a finalement pas pu être démontré. Vu l'assujettissement illimité du contribuable, la comparaison avec ce cas ne peut être effectuée. En effet, la décision de taxation contestée était attendue en raison de l'assujettissement personnel du contribuable, ce dernier se devait d'être d'autant plus vigilant à sa réception. Ainsi, dans l'hypothèse, non démontrée, où les renseignements à disposition de l'autorité faisant état d'une collaboration du contribuable avec des cliniques vaudoises étaient erronés, ce dernier avait tout le loisir de le contester dans le cadre de la procédure de réclamation possible après la notification de la décision de taxation. Or, il n'a pas souhaité utiliser cette voie.

I.     Dans tous les cas, le contribuable se savait assujetti dans le canton pour la période en cause. Il a choisi de ne pas donner suite aux diverses sollicitations l'invitant à déposer sa réclamation. Dans le cadre de la décision de taxation, l'OID a bien procédé à une évaluation consciencieuse de la situation. Il a d'ailleurs attribué une part de l'activité lucrative indépendante au canton de Fribourg dans le cadre de la répartition intercantonale, prenant acte de l'existence d'un établissement stable hors canton.

J.    Ainsi, il ne peut être retenu que l'OID a commis une erreur d'appréciation si grave que la décision de taxation devrait être considérée comme nulle. Au contraire, l'OID s'est contentée [sic!] de faire usage du pouvoir d'appréciation offert par la loi compte tenu de la procédure de taxation d'office. Dans ce contexte, invoquer la nullité permettrait uniquement de pallier aux manquements répétés du contribuable, non pas de réparer un vice grave.

K.    Compte tenu de ce qui précède, la décision de taxation d'office était justifiée et elle ne saurait être considérée comme nulle au motif qu'aucune base fixe d'affaire ne doit être reconnue dans le canton. Le contribuable ayant failli à ses devoirs de collaboration, l'OID a procédé à la taxation d'office vu les renseignements en sa possession."

C.                     a) A.________ a formé recours contre cette décision devant la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal par acte de son conseil du 18 septembre 2017, concluant à son annulation avec pour suite l'admission de sa "demande de nullité" de la décision du 9 juillet 2012, son revenu imposable étant fixé à 45'300 fr. au taux de 1'018'400 fr. en matière d'ICC respectivement à 1'017'900 fr. en matière d'IFD. Il a en substance repris ses griefs, en ce sens que "la seule possibilité que le canton de Vaud aurait eue d'imposer une partie du revenu d'activité indépendante du recourant consistait […] dans le fait, en vertu du fardeau de la preuve lui incombant, de démontrer que le Dr A.________ possédait une succursale de sa raison individuelle fribourgeoise située sur le territoire vaudois sous la forme d'un cabinet médical ayant pignon sur rue et occupant du personnel", ce qui n'était "manifestement pas le cas en l'occurrence"; en l'imposant sur son activité indépendante pour la période fiscale concernée, le canton de Vaud avait en conséquence "rendu une décision pour laquelle il n'était pas compétent, commettant ainsi une grossière erreur de procédure". Il a par ailleurs maintenu qu' "en ne respectant pas un rapport de représentation qu'elle avait elle-même admis sans l'intervention du contribuable et que celui-ci n'avait ensuite pas remis en question [en référence au fait que la décision de fixation du domicile fiscal du 18 octobre 2011 avait été adressée à la Fiduciaire B.________ SA; cf. let. A supra], l'autorité fiscale a[vait] une nouvelle fois gravement violé ses obligations de procédure". Enfin, il s'est prévalu de ce qu'il n'avait "jamais été informé que le canton de Vaud, contre toute attente, avait l'intention de le taxer sur son revenu d'activité indépendante", estimant que cet "oubli" par l'autorité de taxation devait également être qualifié de "grossière erreur de procédure".

L'autorité intimée a conclu au rejet du recours dans sa réponse du 27 novembre 2017, précisant en particulier ce qui suit:

"a)      Imposition d'une activité lucrative indépendante dans le canton de Vaud

[…] la critique faite à l'encontre de l'attribution d'un revenu d'activité lucrative indépendante relève […] d'une question de fond qui devait être contestée dans le cadre d'une procédure de réclamation. Ce grief, doit donc être rejeté.

Ce n'est ainsi qu'à titre subsidiaire et par souci de complétude que l'ACI relève ce qui suit.

En l'espèce, lorsque l'autorité de taxation a procédé à l'évaluation d'office, elle ne possédait que peu d'éléments. En effet, le recourant ayant également été taxé d'office dans le canton de Fribourg et de Genève, ces informations ne pouvaient servir de renseignements fiables. Elle disposait cependant d'informations faisant état d'une activité exercée par le recourant auprès de cliniques privées lausannoises. Or, le revenu de l'activité lucrative indépendante est bel et bien imposable au for principal du domicile, sous réserve d'un établissement stable hors de ce domicile. Concrètement, cela signifie que l'entier des revenus de l'activité indépendante, hormis ceux rattachés à l'établissement stable fribourgeois, doivent être attribués au canton de Vaud, puisque le recourant admet qu'il n'a aucun établissement stable en dehors du canton de Fribourg. Il n'y a pas de force attractive du for de Fribourg sur les autres fors. Par ailleurs au regard de l'absence de collaboration du recourant, il était légitime de penser que les autres activités indépendantes (hors Fribourg) devaient être taxées au for du domicile principal. Dans cette situation, l'imposition dans le canton de Vaud du revenu indépendant est correcte sans qu'il faille démontrer l'existence d'un établissement dans ce canton. […]

[…]

Finalement, l'évaluation opérée ne saurait être qualifiée d'arbitraire. En effet, il est plausible qu'un médecin exerçant son activité de manière indépendante dispose auprès d'une clinique d'un établissement stable. […]

[…]

Pour le surplus, l'ACI relève que le recourant interprète les règles relatives au domicile spécial à contresens. En effet et comme le rappelle l'arrêt précité [ATF 137 I 279], le principe d'unicité du domicile fiscal prévoit que l'ensemble des revenus est imposable au domicile fiscal principal du contribuable sauf exception, tel que l'établissement stable. Or, comme toute exception en droit fiscal, il revient au contribuable de l'invoquer, ce qu'il n'a pas fait en ne remplissant pas de déclaration d'impôt.

b)           Sommation

[…] la sommation […] n'a pas vocation à indiquer précisément quels sont les éléments qui seront évalués […].

Suivre le recourant reviendrait à limiter, le pouvoir d'appréciation de l'autorité dans le cadre d'une procédure de taxation d'office. En effet, il reviendrait à contraindre l'autorité de taxation à examiner préalablement à l'envoi de la sommation le dossier dans son intégralité et à transformer la sommation en une sorte de demande de pièces qui l'empêcherait par la suite de s'en écarter dans le cadre de l'évaluation des éléments mentionnés. Ce grief ne peut être retenu.

[…]

c)           Notification des correspondances relatives à la période fiscale 2010

[…]

Toutes les correspondances ont été envoyées à ********, à 2********. Dite adresse a été confirmée par le recourant lors de l'envoi de la procuration octroyée à la fiduciaire le 26 novembre 2012. […] il n'est pas contesté que les autres correspondances relatives à la taxation en cause, soit, les rappels requérant le paiement des impôts 2010 du 11 septembre 2012 ainsi que les commandements de payer y relatifs, ont bien été reçus à l'adresse du recourant à 2********. A noter que le recourant a formé opposition le 24 octobre 2012 contre ces commandements de payer.

[…] Quand bien même vice il y aurait eu, ce que l'ACI conteste, il devrait être considéré comme réparé par la prise de connaissance de la décision en cause par la fiduciaire le 30 août 2012.

Pour le surplus, […] en ne déposant pas sa déclaration d'impôt, il n'était pas possible pour l'office d'impôt de connaître l'existence d'un rapport de représentation avec qui plus est élection de for pour la notification de toute correspondance relative à ses obligations fiscales vaudoises. […] Il importe peu que dans le cadre d'une autre procédure, en l'espèce une procédure d'assujettissement, menée en outre par un autre service que celui de la taxation, un mandataire ait agi pour le recourant.

Il ne saurait donc être reproché à l'OID de ne pas avoir envoyé les correspondances fiscales du recourant spontanément et sans indication de la part du contribuable à la fiduciaire."

Dans ses observations complémentaires par écriture de son conseil du 5 février 2018, le recourant a notamment maintenu qu'il aurait appartenu aux autorités fiscales vaudoises, dès lors qu'elles savaient qu'il avait une raison individuelle dans le canton de Fribourg, de l'interpeller pour savoir s'il disposait également d'une succursale de cette raison individuelle dans le canton de Vaud; l'omission de cette obligation et le fait que les autorités fiscales vaudoises s'étaient considérées à tort comme compétentes constituaient son sens des violation graves de ses obligations de procédure justifiant la nullité de la décision en cause. Il a également relevé dans ce cadre que l'autorité intimée n'avait pas démontré ni même allégué les faits qui lui permettaient de penser qu'il exerçait une partie de son activité indépendante dans le canton de Vaud. Il a par ailleurs soutenu qu'un vu des éléments dont l'OID avait connaissance ou aurait dû avoir connaissance, cet office n'avait aucunement procédé à une appréciation consciencieuse de sa situation respectivement n'avait "nullement cherché à ce que son estimation soit plausible, mais n'a[vait] retenu un montant selon son bon vouloir que pour punir le contribuable de son absence de collaboration"; en admettant l'existence dans le canton de Vaud d'une succursale de la raison individuelle située dans le canton de Fribourg, le revenu de cette raison individuelle ne pouvait en effet être imposé dans le canton de Vaud "qu'à raison d'une quote-part du revenu retenu par le fisc fribourgeois, et non pas en ajoutant encore arbitrairement un montant de CHF 400'000 au revenu de CHF 600'000 déjà taxé dans le canton de Fribourg".

L'autorité intimée a confirmé ses conclusions dans le sens d'un rejet du recours par écriture du 27 février 2018. Elle a estimé qu'il ne pouvait être reproché à l'OID de n'avoir pas procédé à une requête supplémentaire auprès du recourant, en l'absence de dépôt par ce dernier d'une déclaration d'impôt. Quant à l'activité exercée dans le canton de Fribourg, le recourant avait également été taxé d'office dans ce canton, "de sorte que l'OID ne pouvait concrètement ni connaître la nature de cette activité, ni son ampleur". Cela étant, "l'OID savait notamment que le recourant exerçait une activité auprès de la clinique C.________ à 3******** "; cet élément n'était au demeurant pas pertinent dès lors que, quoi qu'il en soit, il aurait appartenu au recourant de contester la décision de taxation d'office concernée en temps utile, la question du montant de la taxation constituant une question de fond qui n'avait pas à être débattue dans le cadre d'une demande en nullité en raison de vices de forme.

Par écriture de son conseil du 28 mars 2018, le recourant a soutenu, en particulier, que l'OID ne disposait lorsqu'il avait statué d'aucun élément permettant de démontrer qu'il exerçait une partie de son activité indépendante sur territoire vaudois par le biais d'un établissement stable. Il a également relevé que, pour la période fiscale 2011, cet office n'avait imposé aucun revenu d'activité indépendante dans le canton de Vaud, ce qui constituait à son sens un "nouvel indice du caractère exclusivement punitif que poursuivait la taxation d'office du 9 juillet 2012". Il estimait que, "prises ensemble en considération", les "différentes erreurs (vices de procédure, incompétence, taxation d'office exclusivement pénal[e]) justifi[ai]ent un prononcé de nullité".

L'autorité a notamment estimé, par écriture du 25 avril 2018, que l'OID avait bel et bien respecté son devoir d'investigation en contactant le canton de Fribourg (qui n'avait eu que peu d'éléments à fournir puisque le recourant avait également été taxé d'office dans ce canton) et en procédant à des recherches sur Internet qui avaient fait état d'une activité du recourant dans le canton de Vaud.

b) Le 11 février 2019, le recourant a encore spontanément produit copie d'un courrier daté du 15 octobre 2013 adressé par l'ACI à sa fiduciaire - qui n'était parvenu à cette dernière que le 16 octobre 2018. Il a relevé que ce courrier aurait dû être adressé à son conseil, l'ACI ayant été informée de ce mandat par courrier du 17 décembre 2017, ce qui démontrait une fois encore les erreurs de notification commises par l'administration vaudoise à son détriment; il se référait également dans ce cadre à deux courriers qu'il avait dû adresser à l'ACI les 21 janvier 2015 et 5 décembre 2013 "pour corriger d'autres erreurs". Il a pour le reste fait valoir en particulier ce qui suit:

"Dans son courrier du 15 octobre 2013, l'administration envoie au contribuable une sommation pour l'inviter à fournir des preuves relatives aux revenus d'un cabinet prétendument exploité dans le canton de Vaud. Il s'agit précisément de la démarche qui aurait pu et dû être effectuée en rapport avec la taxation du Dr A.________ pour la période fiscale 2010 pour que les règles sur la taxation d'office soient respectées […] et que la même administration, autorité intimée dans le cadre de la présente procédure, prétend pourtant ne pas pouvoir être imposée à l'autorité de taxation dans le cadre de la procédure de taxation d'office dont le Dr A.________ a été victime pour 2010 […]."

D.                     Le tribunal a statué par voie de circulation.

 

 

Considérant en droit:

1.                      Déposé en temps utile (cf. art. 140 al. 1 de la loi fédérale du 14 décembre 1990 sur l'impôt fédéral direct - LIFD; RS 642.11 - et art. 95 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative - LPA-VD; BLV 173.36 -, applicable par renvoi de l’art. 199 de la loi vaudoise du 4 juillet 2000 sur les impôts directs cantonaux
- LI; BLV 642.11), le recours satisfait par ailleurs aux autres conditions formelles de recevabilité (cf. en particulier art. 140 al. 2 LIFD et 79 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 99 LPA-VD), de sorte qu'il y a lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.                      Appelé à se prononcer sur une question relevant tant de l'IFD que de l'ICC, le tribunal doit en principe rendre deux décisions; ces dernières peuvent toutefois figurer dans un seul acte, avec des motivations et des dispositifs distincts ou à tout le moins un dispositif distinguant expressément les deux impôts (ATF 135 II 260 consid. 1.3.1 et les références). Lorsque la question juridique à trancher par l'autorité cantonale de dernière instance est réglée de la même façon en droit fédéral et en droit cantonal harmonisé et peut donc être traitée avec un raisonnement identique, il est admis qu'une seule décision soit rendue et que le dispositif ne distingue pas entre les deux catégories d'impôts, à condition toutefois que la motivation de la décision attaquée permette clairement de saisir que la décision rendue vaut aussi bien pour l'impôt fédéral direct que pour les impôts cantonal et communal (ATF 135 II 260 précité, consid. 1.3.1; CDAP FI.2019.0001 du 12 février 2020 et les références).

3.                      Par la décision attaquée, l'ACI a rejeté la "demande de nullité" de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 concernant l'ICC et l'IFD pour la période fiscale 2010 (cf. let. B/e supra). Elle a également déclaré sans objet la réclamation contre le calcul de l'impôt du 17 décembre 2012 (cf. let. B/e supra) respectivement déclaré irrecevable, "au surplus", la réclamation à l'encontre de la décision du 29 octobre 2012 refusant la révision de la taxation d'office en cause (cf. let. B/d supra) - étant précisé d'emblée que le recourant n'a jamais formellement déposé de réclamation contre cette dernière décision et que le rejet d'une telle (hypothétique) réclamation n'a ainsi été prononcé qu'à toutes fins utiles, dans l'hypothèse où les écritures de l'intéressé devaient être interprétées dans ce sens.

Le recours (tant dans ses conclusions que dans sa motivation) n'est toutefois dirigé contre cette décision qu'en tant que l'autorité intimée a rejeté la "demande de nullité" de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 concernant l'ICC et l'IFD pour la période fiscale 2010, de sorte que les autres points sur lesquels l'autorité intimée s'est prononcée dans cette même décision échappent d'emblée à l'objet du litige (s'agissant des notions d'objet de la contestation et d'objet du litige, cf. TF 2C_470/2017 du 6 mars 2018 consid. 3.1 et les références; CDAP PS.2019.0090 du 10 mars 2020 consid. 1a).

4.                      Le litige porte ainsi sur le rejet par l'autorité intimée de la "demande de nullité" (soit la demande en constatation de nullité) de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012.

Il convient en premier lieu de rappeler le cadre légal applicable en matière de taxation d'office respectivement de nullité des décisions administratives.

a)  Aux termes de l'art. 130 LIFD respectivement 180 LI - dont la teneur est identique -, l’autorité de taxation contrôle la déclaration d’impôt et procède aux investigations nécessaires (al. 1). Elle effectue la taxation d’office sur la base d’une appréciation consciencieuse si, malgré sommation, le contribuable n’a pas satisfait à ses obligations de procédure ou que les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision voulue en l’absence de données suffisantes; elle peut prendre en considération les coefficients expérimentaux, l’évolution de fortune et le train de vie du contribuable (al. 2).

Le contribuable peut adresser à l'autorité de taxation une réclamation écrite contre la décision de taxation dans les 30 jours qui suivent sa notification (art. 132 al. 1 LIFD; art. 185 et 186 al. 1 LI). Le contribuable qui a été taxé d'office peut déposer une réclamation contre cette taxation uniquement pour le motif qu'elle est manifestement inexacte; la réclamation doit être motivée et indiquer, le cas échéant, les moyens de preuve (art. 132 al. 3 LIFD; art. 186 al. 2 LI; cf. ég. ATF 131 II 548 consid. 2.3; TF 2C_435/2018 du 24 mai 2018 consid. 6.2, 2C_509/2015 du 2 février 2016 consid. 6.1). Le délai commence à courir le lendemain de la notification. Il est considéré comme respecté si la réclamation a été remise à l'autorité de taxation, à un office de poste suisse ou à une représentation diplomatique ou consulaire suisse à l'étranger le dernier jour ouvrable du délai au plus tard; lorsque le dernier jour du délai tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié officiel, le délai expire le premier jour ouvrable qui suit (art. 133 al. 1 LIFD; art. 19 et 20 al. 1 LPA-VD, applicables par renvoi de l'art. 188 al. 6 LI). Les délais fixés dans la loi ne peuvent être prolongés (cf. art. 119 al. 1 LIFD; art. 21 al. 1 LPA-VD, applicable par renvoi de l’art. 188 al. 6 LI).

En l'espèce, il convient de relever d'emblée qu'il n'est pas contesté que le recourant n'a pas déposé de réclamation contre la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 en temps utile, et ce même dans l'hypothèse où il y aurait lieu de retenir que cette décision ne lui a été notifiée (par l'intermédiaire de la Fiduciaire B.________ SA) que le 30 août 2012 (cf. à ce propos consid. 5c et 5d/cc infra). Le recourant ne soutient pas pour le reste qu'il pourrait se prévaloir d'un motif de restitution du délai de réclamation (cf. art. 133 al. 3 LIFD et 22 LPA-VD, applicable par renvoi de l'art. 188 al. 6 LI).

b)  Selon la jurisprudence, la nullité d'une décision n'est admise que si le vice dont elle est entachée est particulièrement grave, est manifeste ou du moins facilement décelable et si, en outre, la constatation de la nullité ne met pas sérieusement en danger la sécurité du droit. Des vices de fond n'entraînent qu'à de très rares exceptions la nullité d'une décision. De graves vices de procédure, ainsi que l'incompétence qualifiée de l'autorité qui a rendu la décision, sont en revanche des motifs de nullité (ATF 138 II 501 consid. 3.1 et les références). En lien avec la violation du droit d'être entendu (cf. art. 29 al. 2 Cst. et 27 al. 2 Cst-VD), un manquement particulièrement grave aux droits essentiels des parties - telle que l'absence de possibilité de participer à la procédure -, peut ainsi entraîner la nullité (cf. Tribunal administratif fédéral [TAF] A-6871/2018 du 8 avril 2019 consid. 4.3.2 et les références). L'annulabilité est toutefois la règle, la nullité l'exception; hormis les cas expressément prévus par la loi, il n'y a lieu d'admettre la nullité qu'à titre exceptionnel, lorsque les circonstances sont telles que le système de l'annulation n'offre manifestement pas la protection nécessaire (TF 2C_549/2009 du 1er décembre 2009 consid. 4.1; TAF A-6871/2018 précité, consid. 4.1 et 4.2 et les références; cf. ég. Moor/Poltier, Droit administratif, Vol. II, 3e éd., Berne 2011, ch. 2.2.7.4 p. 322).

La nullité doit être constatée d'office, en tout temps et par l'ensemble des autorités étatiques ; elle peut aussi être constatée en procédure de recours (ATF 137 III 217 consid. 2.4.3 et la référence; TF 5A_360/2018 du 4 décembre 2018 consid. 3.4.3.3).

5.                      Le recourant se plaint en premier lieu de vices en lien avec la notification tant de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 que des autres actes qui lui ont été adressés antérieurement par les autorités fiscales en lien avec cette taxation - notamment la déclaration d'impôt pour la période en cause et la sommation du 23 mars 2012. Il se prévaut dans ce cadre d'un rapport de représentation. Il se réfère en outre à la jurisprudence publiée aux ATF 137 I 273.

a)  Aux termes de l'art. 116 al. 1 LIFD, les décisions et les prononcés sont notifiés au contribuable par écrit et doivent indiquer les voies de droit. Selon l'art. 44 LPA-VD, applicable à la notification des décisions fiscales par renvoi de l'art. 163 al. 1 LI, les décisions sont en principe notifiées à leurs destinataires sous pli recommandé ou par acte judiciaire (al. 1); si les circonstances l'exigent, notamment lors de décisions rendues en grand nombre, l'autorité peut notifier ses décisions sous pli simple ou sous une autre forme (al. 2, 1ère phrase).

La notification doit permettre au destinataire de prendre connaissance de la décision et, le cas échéant, de faire usage des voies de droit ouvertes à son encontre. Selon la jurisprudence, la décision est notifiée non pas au moment où le justiciable en prend connaissance, mais le jour où elle est dûment communiquée; s'agissant d'un acte soumis à réception, la notification est réputée parfaite au moment où la décision entre dans la sphère de puissance de son destinataire (TF 9C_413/2011 du 15 mai 2012 consid. 4.2; CDAP PS.2015.0042 du 30 octobre 2015 consid. 1a). Si ce dernier devait s'attendre à recevoir une notification ou s'il s'absente pour une longue période, on peut exiger de lui qu'il prenne les mesures nécessaires pour recevoir les décisions qui lui sont adressées. Ainsi, la notification à l'ancienne adresse d'un administré est valablement effectuée lorsque ce dernier s'absente pour un temps prolongé sans faire suivre son courrier, ni donner de nouvelles ou charger un tiers d'agir à sa place (ATF 113 Ib 296 consid. 2a et les références; TF 2P.259/2006 du 18 avril 2007 consid. 3.1; CDAP CR.2011.0073 du 22 octobre 2014 consid. 2b).

Le fardeau de la preuve de la notification d'un acte et de la date à laquelle celui-ci a été notifié incombe en principe à l'autorité qui entend en tirer une conclusion juridique, laquelle supporte donc les conséquences de l'absence de preuve - en ce sens que, si la notification ou sa date sont contestées et qu'il existe un doute à ce sujet, il y a lieu de se fonder sur les déclarations du destinataire de l'envoi (ATF 142 IV 125 consid. 4.3 et les références; TF 2C_884/2019 du 10 mars 2020 consid. 7.1).

Selon un principe général du droit déduit des art. 5 al. 3 et 9 Cst. (protégeant la bonne foi du citoyen), une notification irrégulière ne peut entraîner aucun préjudice pour les parties (ATF 138 I 49 consid. 8.3.2 et les références). Il convient dans ce cadre de distinguer la notification irrégulière de l'absence totale de notification (cf. TF 2C_160/2019 du 5 novembre 2019 consid. 4.1 et les références); lorsque l'autorité omet purement et simplement de communiquer la décision à l'une des personnes à qui elle s'adresse en vérité - qui est de ce chef notamment empêchée d'exercer son droit de recours -, le vice qui affecte la décision sur le plan formel est si fondamental qu'il peut conduire à admettre la nullité de cette décision (cf. ATF 110 V 145 consid. 2d et les références). La jurisprudence n'attache toutefois pas nécessairement la nullité à l'existence de vices dans la notification. La protection des parties est en principe suffisamment réalisée lorsque la notification irrégulière atteint son but malgré cette irrégularité (cf. ATF 139 II 243 consid. 11.2; TF 8C_130/2014 du 22 janvier 2015 consid. 2.3.2, in: SJ 2015 I 293). Il y a donc lieu d'examiner, d'après les circonstances du cas concret, si la partie intéressée a réellement été induite en erreur par l'irrégularité de la notification et a, de ce fait, subi un préjudice (ATF 122 I 97 consid. 3a; TF 1C_422/2018 du 4 novembre 2019 consid. 3.2). Le délai de recours pour attaquer un acte notifié irrégulièrement ne court que dès le jour où le destinataire a pu en prendre connaissance, dans son dispositif et ses motifs (cf. ATF 139 IV 228 consid. 1.3; 102 Ib 91 consid. 3). En vertu du principe de la bonne foi, l'intéressé est toutefois tenu de se renseigner sur l'existence et le contenu de la décision dès qu'il peut en soupçonner l'existence, sous peine de se voir opposer l'irrecevabilité d'un éventuel moyen pour cause de tardiveté (ATF 139 IV 228 consid. 1.3 et les références; TF 2C_309/2018 du 10 septembre 2018 consid. 4.1; cf. ég. Noël/Aubry Girardin [éds], Commentaire romand, Impôt fédéral direct [CR LIFD], 2e éd., Bâle 2017
- Masmejean-Fey/Berthoud, art. 116 LIFD N 20 et 21; Bellanger, Les principes constitutionnels et de procédure applicables en droit fiscal, in Ordre romand des experts fiscaux diplômés [OREF] [éd.], Les procédures en droit fiscal, 3e éd., Berne 2015, let. H pp. 117 s.).

b)  A teneur de l'art. 117 al. 1 LIFD, le contribuable peut se faire représenter contractuellement devant les autorités chargées de l’application de la présente loi, dans la mesure où sa collaboration personnelle n’est pas nécessaire. Selon l'art. 16 al. 1 LPA-VD, applicable à la représentation en la matière par renvoi de l'art. 164 LI, les parties peuvent se faire représenter en procédure, sauf si elles doivent agir personnellement en vertu de la loi ou pour les besoins de l'instruction; elles peuvent se faire assister.

La preuve de l'existence d'un rapport de représentation valable et de sa communication correcte aux autorités fiscales incombe au contribuable. A défaut d'une procuration écrite clairement libellée, on n'admettra l'existence d'un rapport de représentation, ne serait-ce qu'en raison du secret fiscal, que si l'on peut inférer des circonstances que le contribuable a manifesté sans ambiguïté la volonté de conférer des pouvoirs de représentation à un tiers. Sinon, la présomption naturelle que des pouvoirs de représentation n'ont pas été conférés s'applique et il faut notifier les décisions au contribuable lui-même (TF 2C_577/2013 et 2C_578/2013 du 4 février 2014 consid. 6.1 et les références; cf. ég. CDAP FI.2008.0050 du 16 décembre 2008 consid. 1a).

Dans la mesure où le représenté a désigné un représentant contractuel, c'est à l'adresse de ce dernier que le fisc doit notifier ses décisions. S'il ne le fait pas, la notification est irrégulière et aucun désavantage en découlant ne peut être mis à la charge du contribuable. Tant que la partie ne révoque pas la procuration, l'autorité doit adresser ses communications au mandataire. L'administré qui prend connaissance de l'irrégularité de la notification doit demander en temps utile une autre notification régulière - soit une notification à son mandataire -, faute de quoi son comportement est contraire à la bonne foi et fait courir le délai de recours (CR LIFD - Masmejean-Fey/Berthoud, Art. 116 LIFD N 11, Art. 117 LIFD N 13 et les références; cf. ég. TF  2C_1021/2018 du 26 juillet 2019 consid. 4; CDAP AC.2012.0251 du 16 mai 2013 consid. 1; Niggli et al. [éds], Basler Kommentar Bundesgerichtsgesetz [BSK BGG], 3e éd., Bâle 2018 - Amstutz/Arnold, Art. 44 N 12 et Art. 49 N 13 [4]).

c) En l'espèce, le recourant fait en substance valoir que l'autorité intimée a elle-même spontanément considéré dans un premier temps qu'il était représenté par la Fiduciaire B.________ SA. A son sens, la communication spontanée de la décision initiale de fixation de son domicile fiscal à cette fiduciaire (cf. let. A supra) - qu'il qualifie au demeurant de "hautement problématique en regard du secret fiscal" - doit ainsi pouvoir être opposée aux autorités fiscales vaudoises pour la suite de la procédure; autrement dit, en ne respectant pas un rapport de représentation qu'elles avaient elles-mêmes admis sans l'intervention du recourant et que celui-ci n'a ensuite pas remis en question, les autorités fiscales auraient "gravement violé [leurs] obligations de procédure", ce qui justifierait (en tenant également compte des autre vices de procédure allégués à tout le moins) que soit constatée la nullité de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012.

Il n'est pas contesté que l'ensemble des communications des autorités fiscales ayant conduit à la décision de taxation d'office concernée - y compris cette dernière décision - ont été adressées au domicile (fiscal) du recourant à 2********. L'autorité intimée relève en particulier que l'OID ne disposait d'aucune procuration en faveur de la fiduciaire en cause.

Cela étant, il s'impose de constater que les griefs du recourant sur ce point ne résistent pas à l'examen. La décision d'assujettissement du 18 octobre 2011 a en effet été adressée (par courrier recommandé) directement au recourant lui-même à son domicile (fiscal) à 2********, avec tout au plus une "copie" à la Fiduciaire B.________ SA; si l'autorité intimée avait formellement admis l'existence d'un véritable rapport de représentation, elle aurait adressé cette décision directement à cette fiduciaire. Il apparaît ainsi, selon toute vraisemblance, que l'autorité intimée a appris dans le cadre de la procédure concernée que le recourant était représenté par la Fiduciaire B.________ SA dans ses relations avec les autorités fiscales fribourgeoises et qu'elle a dès lors jugé opportun d'adresser copie de sa décision à cette fiduciaire, sans toutefois reconnaître formellement un rapport de représentation devant elle; indépendamment de la question de savoir si et dans quelle mesure un tel procédé est compatible avec les garanties liées au secret fiscal - question qui échappe à l'objet du présent litige -, le recourant ne pouvait considérer dans ce contexte qu'un rapport de représentation était reconnu par les autorités fiscales vaudoises. La question de savoir, dans l'hypothèse où tel aurait été le cas, si et dans quelle mesure le recourant aurait pu considérer que les communications en lien avec la procédure de taxation subséquente seraient adressées directement à sa fiduciaire, respectivement s'il aurait dû être protégé dans sa bonne foi sur ce point, peut ainsi demeurer indécise. Le tribunal se contentera de relever à ce propos qu'il s'agit de procédures distinctes ne relevant en outre pas directement de la compétence de la même autorité fiscale, comme évoqué à juste titre par l'autorité intimée à la let. c de sa réponse au recours (en partie reproduite sous cf. let. C/a supra), et de rappeler qu'il appartient dans ce cadre au contribuable d'apporter la preuve de l'existence d'un rapport de représentation respectivement de renverser la présomption naturelle selon laquelle, à défaut d'une procuration écrite clairement libellée, des pouvoirs de représentation n'ont pas été conférés (cf. consid. 5b supra).

Le fait que les autorités fiscales ont adressé au recourant la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 ainsi que les actes antérieurs en lien avec cette procédure à son domicile (fiscal) à 2******** ne prête dès lors pas le flanc à la critique dans les circonstances du cas d'espèce. Si, comme il le laisse entendre, le recourant ne résidait dans les faits pas à cette adresse (ou seulement de façon très ponctuelle), il lui aurait appartenu de prendre les mesures nécessaires en conséquence - en en informant les autorités fiscales, en faisant suivre son courrier ou encore en chargeant un tiers d'agir à sa place (cf. consid. 5a supra).

S'agissant pour le surplus spécifiquement de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012, elle a été communiquée par les autorités fiscales à la Fiduciaire B.________ SA, à la demande de cette dernière, le 30 août 2012 - comme le recourant l'a expressément admis notamment dans son courrier du 25 avril 2013 (cf. let. B/f supra). Indépendamment de la question des conséquences de l'absence par hypothèse de notification antérieure de formule de déclaration d'impôt respectivement de sommation pour la période fiscale concernée (qui sera examinée ci-après), il convient de relever d'emblée que cette décision est ainsi réputée avoir été notifiée au recourant (par l'intermédiaire de sa fiduciaire) au plus tard à cette date.

d) Dans son écriture du 28 mars 2018, le recourant laisse entendre qu'il ne serait pas établi que la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 - et les actes antérieurs des autorités fiscales en lien avec cette procédure - lui auraient effectivement été notifiés à son domicile (fiscal) à 2********, et rappelle que les autorités fiscale supportent le fardeau de la preuve sur ce point (cf. consid. 5a supra).

Le tribunal ne cache pas la très grande perplexité que lui inspirent de telles allégations, à ce stade de la procédure et dans les circonstances du cas d'espèce. Si véritablement aucun acte en lien avec la procédure de taxation pour la période fiscale 2010 n'était parvenu à l'adresse en cause, on ne s'explique pas que le recourant ne s'en soit pas prévalu antérieurement. Ainsi n'est-il fait mention d'aucun problème de notification dans la demande de révision déposée par Fiduciaire B.________ SA le 22 octobre 2012 - bien plutôt, cette fiduciaire admet expressément que les obligations fiscales du recourant n'ont été satisfaites que "très tardivement", sans invoquer aucune circonstances de nature à expliquer ce caractère tardif (cf. let. B/d supra) -, pas davantage que dans l'acte initial du conseil du recourant du 17 janvier 2013 (cf. let. B/f supra). Le problème de notification évoqué pour la première fois dans le courrier du 25 avril 2013 ne l'a été qu'en lien avec le fait que les communications des autorités fiscales en cause ont été adressées au domicile (fiscal) de 2******** du recourant plutôt qu'à la Fiduciaire B.________ SA; c'est ainsi du non-respect d'un rapport de représentation en lien avec la notification de leurs actes par les autorités fiscales que le recourant s'est plaint (à tort, comme on vient de le voir), soit de notifications irrégulières, ce qui semble implicitement exclure une absence totale de notification - dans cette dernière hypothèse en effet, le recourant n'aurait pas su si les actes des autorités fiscales lui avaient effectivement été envoyés, le cas échéant à quelle adresse. Dans ses observations complémentaires par écriture de son conseil du 5 février 2018, le recourant relève expressément qu'il "n'a jamais prétendu qu'il n'avait pas reçu la déclaration et la sommation, ou encore la décision de taxation du 9 juillet 2012 […], mais a simplement précisé que, résidant dans les faits à 1********, il n'en avait pas eu connaissance"; ses allégations dans son écriture subséquente du 28 mars 2018 selon lesquelles il "n'a jamais admis qu'il avait reçu l'avis de taxation (car ne pas prétendre n'avoir pas reçu une taxation ne signifie pas admettre l'avoir reçue)" apparaissent manifestement peu compatibles avec le principe de la bonne foi dans les circonstances rappelées ci-dessus. Au vrai, il apparaît que le recourant n'a jamais formellement contesté que les actes concernés lui ont effectivement été notifiés à son domicile (fiscal) à 2******** - pas même dans cette dernière écriture, dans laquelle il se contente en définitive d'indiquer qu'il n'aurait jamais admis les avoir reçus -, de sorte que l'on ne saurait reprocher à l'autorité intimée de n'avoir pas apporté (spontanément) la preuve de telles notifications. Le recourant ne conteste au demeurant pas pour le reste que les correspondances qui lui ont été adressées par les autorités fiscales postérieurement à la décision de taxation du 9 juillet 2012 sont bel et bien parvenues à son domicile (fiscal) à 2********, comme le relève l'autorité intimée à la let. c de sa réponse au recours du 27 novembre 2017 (en partie reproduite sous let. C/a supra).

Quoi qu'il en soit, le tribunal relève à toutes fins utiles que l'absence totale de notification de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 (avant qu'elle ne soit communiquée le 30 août 2012 à la fiduciaire du recourant) et des actes antérieurs en lien avec cette procédure, à supposer même, par hypothèse et nonobstant ce qui précède, qu'elle doive être retenue, n'aurait pas pour conséquence la nullité de cette décision en l'occurrence.

aa) S'agissant en premier lieu de la formule de déclaration d'impôt, il résulte de l'art. 124 al. 1 LIFD que les contribuables sont invités par publication officielle ou par l’envoi de la formule à remplir et à déposer une formule de déclaration d’impôt; les contribuables qui n’ont pas reçu de formule doivent en demander une à l’autorité compétente. En droit vaudois, l'art. 173 al. 3 LI prévoit dans ce cadre que les formules de déclaration sont remises au début de l'année qui suit chaque période fiscale ou à la fin de l'assujettissement aux personnes physiques inscrites au rôle des contribuables; l'art. 8 al. 3 et al. 6 (qui concernent les cas de transfert à l'intérieur de la Suisse du domicile au regard du droit fiscal respectivement d'assujettissement à raison du rattachement économique dans un autre canton que celui du domicile) est réservé; les personnes qui n'en ont pas reçu doivent en demander à l'autorité fiscale dans un délai raisonnable.

Dans l'ATF 137 I 273 auquel le recourant se réfère, le TF a notamment retenu (selon le Regeste) que "lorsque l'autorité fiscale cantonale, sans avoir préalablement adressé à une société contribuable une formule de déclaration d'impôt, procède directement à une taxation d'office (définitive), celle-ci est frappée de nullité (consid. 3.2-3.4)". Il apparaît toutefois, à la lecture de cet arrêt, que la conséquence de la nullité évoquée est directement liée aux circonstances particulières du cas. Il s'agissait en effet d'une société assujettie de façon illimitée pour l'exercice 2000 à son siège dans le canton de Bâle-Campagne; au mois de décembre 2005, l'autorité fiscale du canton de Soleure, retenant l'existence d'un établissement stable sur son sol justifiant la perception d'un impôt sur le bénéfice et sur le capital, avait directement adressé à cette société une décision de taxation d'office pour l'exercice en cause (afin d'interrompre la prescription). Le TF a en substance rappelé que le dépôt d'une déclaration d'impôt constituait à la fois une obligation procédurale fondamentale pour l'assujetti et un droit procédural fondamental de ce dernier; ce n'est que dans l'hypothèse où l'assujetti ne remplissait pas ses obligations malgré sommation que l'autorité fiscale pouvait procéder à une évaluation d'office des éléments imposables, une telle taxation d'office ne représentant ainsi pas un moyen valable ou admissible de refuser à l'intéressé la possibilité de déposer une déclaration d'impôt (cf. consid. 3.2.1 et 3.2.2). Le TF a par ailleurs rappelé que lorsqu'une personne contestait la compétence fiscale d'un canton, ce dernier devait rendre une décision préjudicielle sur l'assujettissement (cf. consid. 3.3.2). Il a également rappelé que lorsqu'un canton qui revendiquait l'assujettissement d'une personne ne le faisait que tardivement, il perdait son droit à l'impôt si un autre canton, ignorant la créance revendiquée, avait de bonne foi perçu l'impôt en résultant et serait de ce chef tenu au remboursement de cet impôt; ce principe ne protégeait toutefois que les cantons dans leurs relations entre eux, et non les personnes assujetties (cf. consid. 3.3.4). Cela étant, en procédant en 2005 directement à une taxation d'office pour l'exercice 2000, l'autorité fiscale soleuroise avait agi de façon tardive envers la société recourante, laquelle était soumise depuis longtemps à un assujettissement illimité et définitif dans un autre canton. Si le mécanisme de correction dans les rapports intercantonaux évoqué ne s'appliquait pas - le canton de Bâle-Campagne n'ayant pas soulevé une telle exception -, se posait la question de savoir si les droits procéduraux de la personne concernée ne devaient pas se voir reconnaître une protection supplémentaire; à tout le moins la revendication tardive était-elle en pareille hypothèse entachée d'un vice de procédure flagrant (cf. consid. 3.4.1). En outre, la violation de la première phase de la procédure
- comprenant la décision préjudicielle sur l'assujettissement, puisqu'il ne résultait pas du dossier que la société recourante aurait renoncé à contester la souveraineté fiscale du canton de Soleure - n'avait pas pu être suffisamment réparée; les vices de procédure devaient dans un tel contexte être considérés comme étant suffisamment graves pour justifier la nullité de la décision de taxation d'office (cf. consid. 3.4.2 et 3.4.3).  

Comme le relève à juste titre l'autorité intimée, cette jurisprudence n'est d'aucun secours au recourant dans les circonstances du cas d'espèce. Une décision fixant le domicile fiscal principal de ce dernier dans le canton de Vaud dès le 1er janvier 2010 - et, partant, son rattachement personnel impliquant un assujettissement illimité dans ce canton (cf. art. 3 al. 1 et 6 al. 1 LIFD, art. 3 al. 1 et 6 al. 1 LI) - avait en effet d'ores et déjà été rendue le 18 octobre 2011 (cf. let. A supra) avant que la décision de taxation d'office litigieuse ne soit rendue. Le recourant devait ainsi dans tous les cas déposer une déclaration d'impôt dans le canton de Vaud pour la période fiscale 2010 (et ce également dans l'hypothèse où, comme il le soutient, il n'aurait réalisé aucun revenu en lien avec son activité indépendante imposable dans ce canton), ce qu'il ne pouvait pas ignorer; à supposer même, par hypothèse, que la formule de déclaration d'impôt pour la période concernée ne lui soit jamais parvenue, il lui aurait en conséquence appartenu d'en demander une auprès de l'autorité compétente (cf. art. 124 al. 1, 2e phrase, LIFD, et 173 al. 3, 3e phrase, LI; cf. ég. CR LIFD - Althaus-Houriet, Art. 124 LIFD N 1, rappelant dans ce cadre que l'autorité fiscale procède chaque année à une publication officielle au moins rappelant l'obligation de remplir la déclaration d'impôt, la date de remise et d'éventuelles sanctions et qu'une telle publication "dispense l'autorité de taxation de prouver qu'elle a effectivement adressé au contribuable le formulaire lui permettant de satisfaire à ses obligations fiscales"). L'absence de notification au recourant de la formule de déclaration d'impôt, à supposer qu'elle soit retenue (ce qui semble pour le moins improbable dans les circonstances du cas d'espèce, comme on l'a vu ci-dessus), n'aurait dès lors aucunement pour conséquence la nullité de la décision de taxation d'office litigieuse en l'occurrence.

bb) Comme rappelé ci-dessus (consid. 4a), l'autorité fiscale ne peut procéder à une taxation d'office que si, "malgré sommation", le contribuable n’a pas satisfait à ses obligations de procédure ou que les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision voulue en l’absence de données suffisantes (cf. art. 130 al. 1, 1ère phrase, LIFD et 180 al. 2, 1ère phrase, LI; s'agissant des conditions de la taxation d'office, cf. ég. consid. 6a infra).

Selon l'ATF 137 I 273 déjà mentionné, une décision de taxation d'office n'est qu'annulable (et non nulle) lorsqu'une formule de déclaration d'impôt est adressée à un contribuable qui la retourne à l'autorité de taxation sans la remplir et que cette dernière omet de le sommer préalablement de satisfaire à ses obligations de procédure (consid. 3.5). Dans différents arrêts ultérieurs, le TF a ainsi retenu que l'absence de sommation préalable n'empêchait pas l'autorité fiscale d'établir les éléments imposables par appréciation, lorsqu'il subsistait une incertitude sur ces éléments (TF 2C_620/2018 du 28 février 2019 consid. 6.4 et les références), respectivement que l'absence de sommation n'était pas rédhibitoire mais excluait uniquement l'application de l'art. 132 al. 3 LIFD (cf. ég. 186 al. 2 LI) et permettait donc au contribuable de faire valoir les griefs qu'il pourrait normalement soulever dans le cadre d'une taxation ordinaire (cf. TF 2C_467/2017 du 5 juillet 2018 consid. 5.3) - l'absence de sommation ne constituant ainsi en aucun cas un vice à ce point grave qu'il devrait entraîner la nullité de la décision de taxation d'office (TF 2C_203/2019 du 4 juillet 2019 consid. 3.3).

En l'occurrence, à supposer même que la sommation adressée le 23 mars 2012 par l'ACI au domicile (fiscal) du recourant à 2******** ne soit jamais parvenue à ce dernier (ce qui semble pour le moins douteux, comme on l'a déjà vu), cette circonstance n'entraînerait dès lors pas la nullité de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012, mais aurait tout au plus pour conséquence que le recourant aurait pu, s'il avait déposé une réclamation contre cette décision, faire valoir les griefs qu'il aurait pu soulever dans le cadre d'une taxation ordinaire - étant rappelé qu'il n'est pas contesté qu'il n'a pas déposé une telle réclamation en temps utile.

cc) Quant à la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 et comme déjà évoqué (cf. consid. 5c supra), il n'est pas contesté qu'elle a été communiquée par les autorités fiscales à la Fiduciaire B.________ SA, à la demande de cette dernière, le 30 août 2012. A supposer même que cette décision ne soit jamais parvenue au domicile (fiscal) du recourant à 2********, elle est ainsi réputée être entrée dans la sphère d'influence de ce dernier au plus tard à cette date, à partir de laquelle le délai de réclamation a en conséquence commencé à courir (cf. consid. 5a supra).

e) En définitive, il s'impose ainsi de constater que les griefs du recourant en lien avec la notification de la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 et des actes antérieurs en lien avec cette procédure ne résistent pas à l'examen. Le fait que les autorités fiscales ont adressé les actes en cause au domicile (fiscal) du recourant à 2******** ne prête pas le flanc à la critique; pour le reste, à supposer même que les actes concernés ne soient jamais parvenus à cette adresse, cette circonstance - dont on relèvera une fois encore qu'elle paraît pour le moins douteuse dans les circonstances du cas d'espèce - ne serait pas de nature à entraîner la nullité de la décision litigieuse.

Quant aux prétendues "erreurs" (notamment de notification) dont les autorités fiscales vaudoises se seraient rendues coupables dans le cadre d'autres procédures, évoquées par le recourant dans sa dernière écriture du 11 février 2019, elles ne sont dans tous les cas pas de nature à avoir une incidence sur le sort du présent litige. Le tribunal se contentera de rappeler à ce propos que, quoi qu'il en soit, une notification irrégulière ne peut entraîner aucun préjudice pour le recourant (cf. consid. 5a supra).

6.                      Le recourant se plaint également de vices dans la procédure de taxation d'office proprement dite. Il fait en substance valoir que les autorités fiscales vaudoises n'avaient pas la compétence de l'imposer sur le revenu de son activité indépendante, sauf à prouver qu'il possédait un établissement stable (respectivement une succursale de sa raison individuelle fribourgeoise) dans le canton de Vaud - ce qu'elles n'avaient pas fait, aucune pièce au dossier n'attestant de l'existence d'un tel établissement stable. Il estime dans ce cadre que le fisc vaudois n'a pas respecté son obligation de l'informer qu'il avait l'intention de le taxer sur le revenu d'une activité indépendante. Il soutient encore que, indépendamment même de ce qui précède, le montant retenu à titre de revenu imposable dans le canton de Vaud l'a été en violation de l'obligation faite aux autorités fiscales de procéder, dans le cadre d'une taxation d'office, à une appréciation consciencieuse de sa situation.

a)  Comme déjà évoqué (consid. 4a), l'autorité de taxation effectue la taxation d’office sur la base d’une appréciation consciencieuse si, malgré sommation, le contribuable n’a pas satisfait à ses obligations de procédure ou que les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision voulue en l’absence de données suffisantes; elle peut prendre en considération les coefficients expérimentaux, l’évolution de fortune et le train de vie du contribuable (art. 130 al. 2 LIFD et 180 al. 2 LI).

Outre la condition d'une sommation, l'art. 130 al. 2 LIFD (comme l'art. 180 al. 2 LI) prévoit deux conditions ouvrant la procédure de taxation d'office: 1) le contribuable n'a pas satisfait à ses obligations de procédure ou 2) les éléments imposables ne peuvent être déterminés avec toute la précision voulue en l'absence de données suffisantes. Une interprétation textuelle de cette disposition (conjonction "ou") laisse entendre que ces deux conditions sont alternatives. En vertu d'une telle interprétation, la seule violation d'obligations de procédure suffirait pour que l'autorité de taxation soit habilitée à procéder à une taxation d'office (après sommation). Il ressort toutefois de la jurisprudence constante que le droit de procéder à une taxation d'office suppose fondamentalement qu'il existe ou qu'il subsiste, après examen par l'autorité de taxation, une incertitude dans les faits qui empêche cette dernière de procéder à la taxation de manière complète et exacte; en d'autres termes, le fait que le contribuable ait violé des obligations de procédure n'ouvre pas le droit à procéder par taxation d'office, si l'autorité de taxation a pu par ailleurs établir d'office tous les éléments déterminants pour effectuer la taxation (TF 2C_544/2018 du 21 décembre 2018 consid. 3.3 et les références).

L'obligation d'effectuer une appréciation consciencieuse du cas impose à l'autorité de taxation de tenir compte, en procédant à une taxation d'office, de tous les éléments qui sont à sa disposition. L'appréciation consciencieuse des facteurs déterminants pour l'imposition implique pour l'autorité l'obligation de se rapprocher le plus possible de la situation réelle du contribuable, qu'elle estime sur la base des éléments à sa disposition et en fonction de l'expérience de la vie. Dans la mesure du possible, les éléments connus de chaque cas particulier doivent entrer en ligne de compte, en particulier ceux fournis par des tiers. L'autorité fiscale peut le cas échéant procéder à des actes d'instruction additionnels pour établir les éléments nécessaires à la taxation qui ne seraient pas contenus dans ses dossiers; on ne peut cependant exiger d'elle qu'elle effectue des enquêtes et établisse les faits par des recherches trop détaillées, en particulier lorsqu'elle ne dispose pas d'éléments probants (cf. TF 2C_620/2018 du 28 février 2019 consid. 6.4 et les références, 2C_129/2018 du 24 septembre 2018 consid. 5.1.2, 2C_467/2017 du 5 juillet 2018 consid. 5.4; CR LIFD - Althaus-Houriet, Art. 130 N 23 et les références). L'autorité fiscale n'a ainsi pas à s'acquitter des obligations de procédure omises en lieu et place du contribuable. Une certaine marge d'erreur entre les derniers facteurs fiscaux connus et ceux qui ont été retenus est inhérente à la taxation d'office; ce n'est que lorsque les valeurs qu'elle a retenues sont manifestement inexactes que le contribuable peut déposer une réclamation au sens de l'art. 132 al. 3 LIFD (CR-LIFD - Althaus-Houriet, Art. 130 N 25).

b) S'agissant de la question de la nullité d'une décision de taxation d'office, le TF a eu l'occasion de se prononcer dans l'arrêt 2C_679/2016, 2C_680/2016 du 11 juillet 2017 sur le cas d'une contribuable (salariée) qui avait été taxée d'office durant neuf années successives (périodes 2004-2012) par des décisions entrées en force du fisc zurichois. Il a retenu que si, dans le cadre d'une taxation d'office, l'autorité fiscale se basait sur les facteurs des périodes précédentes, dont elle s'écartait peu ou pas du tout, elle n'avait pas besoin de procéder à des mesures d'instruction complémentaires (consid. 5.2.1). Tel n'était toutefois pas le cas en l'occurrence, le fisc zurichois ayant procédé à des augmentations systématiques et massives du revenu imposable de l'intéressée sans se fonder pour ce faire sur aucun indice probant (consid. 5.2.2); en pareille hypothèse, il lui aurait appartenu de vérifier la plausibilité de ces augmentations en mettant en œuvre des mesures d'instruction complémentaires, notamment en demandant à l'employeur un certificat de salaire (consid. 5.2.3). A ce défaut, il apparaissait que les augmentations du revenu imposable de la contribuable se fondaient exclusivement sur des motifs punitifs respectivement fiscaux; les taxations d'office étaient en conséquence manifestement inexactes (au sens de l'art. 132 al. 3 LIFD). Pour autant, l'autorité fiscale n'avait pas violé son obligation d'effectuer la taxation d'office sur la base d'une appréciation consciencieuse (au sens de l'art. 130 al. 2 LIFD) dans une mesure telle qu'il en résulterait la nullité des taxations (consid. 5.2.4). Dès l'année 2006 toutefois, le fisc zurichois avait reçu copie des avis de saisie de salaire de l'intéressée (consid. 5.3) et ainsi eu connaissance de sa situation (en particulier de ses revenus et du fait qu'elle n'arrivait plus à payer ses impôts, ce qui signifiait que ceux-ci avaient été fixés au-delà de sa capacité contributive; consid. 5.3.1-5.3.2). Dès la période en cause, le procédé du fisc zurichois était ainsi en contradiction avec les informations dont il disposait, et ce dans une mesure si grossière qu'il apparaissait comme l'expression d'un arbitraire injustifiable; l'autorité fiscale avait violé ses obligations d'une manière choquante voire insupportable ("in einer stossenden, ja geradezu unerträglichen Weise"), ce qui a entraîné la nullité des taxations d'office dès la période 2006 (consid. 5.3.3).  

En référence notamment à ce dernier arrêt, le TF a encore retenu dans un arrêt 2C_720/2018 du 11 septembre 2018 qu'une taxation d'office était nulle (seulement) si l'autorité fiscale avait arrêté le revenu ou le bénéfice imposable de façon délibérément arbitraire au détriment du contribuable ("bewusst und willkürlich zum Nachteil der steuerpflichtigen Person"; consid. 3.2.3 et 3.3.2).

c) En l'espèce, le recourant fait en premier lieu valoir qu'en l'absence de preuve qu'il avait un établissement stable dans le canton de Vaud durant la période fiscale 2010, les autorités fiscales vaudoises n'avaient pas la compétence de l'imposer sur le revenu d'une activité indépendante.

aa) Aux termes des art. 6 LIFD et 6 LI (dont la teneur est similaire), l’assujettissement fondé sur un rattachement personnel est illimité; il ne s’étend toutefois pas aux entreprises, aux établissements stables et aux immeubles situés à l’étranger respectivement hors du canton (al. 1). L’assujettissement fondé sur un rattachement économique est limité aux parties du revenu qui sont imposables en Suisse respectivement dans le canton selon les art. 4 et 5 (al. 2, 1ère phrase).

L'assujettissement illimité (ou intégral) repose sur la conception du globalisme ou de l'universalisme. Afin d'éviter les doubles impositions, sont exclus du champ d'application de cet assujettissement les entreprises, établissements stables et immeubles situés à l'étranger respectivement dans un autre canton, selon la méthode de l'exemption sous réserve de progression; la détermination du revenu imposable est ainsi effectuée par exclusion des éléments de revenu net dont l'imposition est attribuée à l'étranger respectivement dans un autre canton (cf. CR LIFD - Paschoud/de Vries Reilingh, Art. 6 LIFD N 5 ss).

bb) Il n'est pas contesté en l'occurrence que le recourant a été imposé sur le revenu de son activité indépendante durant la période fiscale en cause dans le canton de Fribourg, compte tenu d'un assujettissement (limité) fondé sur un rattachement économique. Les autorités fiscales vaudoises ont ainsi tenu compte du montant de 600'000 fr. retenu à ce titre (selon une évaluation d'office) par les autorités fiscales fribourgeoises.

Cela étant, formellement, la compétence des autorités fiscales vaudoises d'imposer les revenus et la fortune du recourant pour la période fiscale en cause ne fait aucun doute puisque l'assujettissement de ce dernier dans ce canton, fondé sur un rattachement personnel, était alors illimité. Quant à la compétence de ces mêmes autorités de l'imposer spécifiquement sur le revenu de son activité indépendante, le recourant fait fausse route lorsqu'il soutient que, dès lors que l'existence d'un rattachement économique dans le canton de Fribourg était admise, l'ensemble des revenus de son activité indépendante devaient être rattachés à cet établissement - sauf preuve du contraire, dont la charge devrait être supportée par les autorités fiscales vaudoises; bien plutôt et comme le relève à juste titre l'autorité intimée, l'ensemble des revenus de son activité indépendante devaient être imposés dans le canton de Vaud, compte tenu du rattachement illimité dans ce canton, sous réserve des revenus dont il était établi qu'ils étaient rattachés économiquement à l'établissement stable sur sol fribourgeois, et c'est au recourant qu'il aurait appartenu d'apporter la preuve d'un tel rattachement (cf. TF 2C_396/2016, 2C_397/2016 du 14 novembre 2016 consid. 8.4 et 10).

Selon les informations résultant de recherches effectuées par les autorités fiscales vaudoises sur Internet (selon toute vraisemblance en lien avec la détermination du domicile fiscal, puisque les résultats de ces recherches ont pour la plupart été imprimés le 21 juillet 2011), le recourant exerçait une activité indépendante notamment dans le canton de Vaud (selon une recherche sur le site Internet "local.ch" en particulier, il avait ainsi une adresse avec numéro de téléphone auprès de la Clinique C.________ à 3********). L'ACI a au demeurant expressément relevé ce point dans la décision de détermination de son domicile fiscal du 18 octobre 2011 (cf. let. A supra). Cela étant, le fait que les autorités fiscales vaudoises avaient connaissance qu'il était "indépendant à 5******** " (selon une note manuscrite sur l'un des résultats de ces recherches, qui se réfère à un entretien téléphonique avec les autorités fiscales fribourgeoises) n'excluait aucunement qu'il ait réalisé en parallèle un revenu d'activité indépendante imposable dans le canton de Vaud; il était ainsi notamment sinon "plausible" (cf. let. a in fine de la réponse au recours, en partie reproduite sous let. C/a supra), à tout le moins possible que le recourant ait disposé d'un établissement stable auprès de la clinique de C.________ à 3********, aucun élément au dossier n'attestant formellement du contraire. Dans cette mesure, peu importe en définitive, s'agissant d'apprécier la décision de taxation d'office du 9 juillet 2012 sous l'angle de la nullité, que tel n'ait par hypothèse pas été effectivement le cas (ainsi les autorités fiscales n'ont-elles retenu aucun revenu d'une activité indépendante imposable dans le canton de Vaud pour la période fiscale 2011); cette circonstance aurait tout au plus pu justifier que la décision de taxation d'office litigieuse soit qualifiée de manifestement inexacte sur ce point, ce dont le recourant aurait dû se prévaloir dans le cadre d'une réclamation contre cette décision (cf. art. 132 al. 3 LIFD et 186 al. 2 LI). Comme le relève l'autorité intimée en effet, le grief du recourant relève dans ce contexte d'une question de fond plutôt que d'un prétendu vice de forme en lien avec la procédure de taxation d'office respectivement d'un problème de compétence à proprement parler - puisque cette compétence ne fait d'emblée aucun doute, compte tenu du rattachement illimité du recourant dans le canton de Vaud.

d) Le recourant fait également valoir qu'il aurait appartenu aux autorités fiscales vaudoises de l'informer de ce qu'elles avaient l'intention de l'imposer sur le revenu d'une activité indépendante.

Ce grief ne résiste pas à l'examen. Comme on l'a déjà vu, le rattachement illimité du recourant dans le canton de Vaud avait d'ores et déjà été arrêté par la décision de fixation de son domicile fiscal du 18 octobre 2011, de sorte qu'il ne pouvait pas ignorer qu'il y serait imposé. Pour le reste et comme le relève à juste titre l'autorité intimé, on ne saurait exiger du fisc qu'il procède à un examen préalable de la situation du contribuable et l'informe des éléments imposables qu'il a l'intention de retenir, avec au demeurant un risque évident en pareille hypothèse que ce contribuable, renseigné par avance sur ce point, choisisse en connaissance de cause de demeurer passif et de se laisser taxer d'office. C'est ainsi au recourant qu'il aurait appartenu d'annoncer ses éléments imposables dans le canton de Vaud en complétant sa déclaration d'impôt - et non à l'OID de s'acquitter des obligations de procédure omises en lien en place de l'intéressé (cf. consid. 6a supra).

Quant au fait que l'ACI a adressé au recourant une sommation pour l'inviter à fournir des preuves relatives aux revenus d'un cabinet "prétendument" exploité dans le canton de Vaud en lien avec la taxation pour la période fiscale 2012, dont l'intéressé se prévaut dans sa dernière écriture du 11 février 2019 (cf. let. C/b supra), il ne saurait avoir une incidence sur l'issue du présent litige. D'une part en effet, cette "sommation de demande de pièces" (selon son intitulé) s'inscrit selon toute vraisemblance dans le cadre d'un complément d'instruction de la situation du recourant, l'ACI ayant estimé que ce dernier n'avait que partiellement satisfait à ses obligations de procédure et que les élément déclarés et les données fournies ne lui permettaient pas de statuer - alors qu'en l'occurrence, le recourant a bien plutôt été sommé de déposer sa déclaration fiscale puisqu'il ne s'était pas exécuté (cf. let. B/a supra). D'autre part et quoi qu'il en soit, le fait que les autorités fiscales puissent, dans le cadre d'une taxation d'office, procéder à des actes d'instruction additionnels ne signifie pas qu'elles seraient tenues de le faire (cf. consid. 6a supra), quoi que semble en penser le recourant. Au demeurant, à supposer même que l'on retienne que, dans les circonstances du cas d'espèce, l'OID ne pouvait retenir un montant de 400'000 fr. à titre de revenu d'une activité indépendante imposable dans le canton de Vaud sans avoir au préalable complété l'instruction du cas, respectivement que cet office aurait de ce chef violé son obligation de procéder à une appréciation consciencieuse de la situation du recourant, ce vice n'entraînerait pas la nullité de la décision de taxation d'office litigieuse - comme on le verra plus en détail ci-après.

e) Le recourant soutient enfin que l'OID a violé son obligation de procéder à une appréciation consciencieuse de sa situation dans le cadre de la taxation d'office (cf. art. 130 al. 2 LIFD et 180 al. 2 LI), singulièrement que le revenu de son activité indépendante imposable retenu l'a été pour des motifs strictement pénaux - en punition de son absence de collaboration.

L'OID a dans ce cadre retenu un montant de 400'000 fr. à titre de revenu d'une activité indépendante imposable dans le canton de Vaud pour la période fiscale en cause - en complément du montant de 600'000 fr. imposable à ce titre dans le canton de Fribourg retenu par les autorités fiscales de ce dernier canton pour cette même période. Comme le relève l'autorité intimée, ce dernier montant retenu par les autorités fiscales fribourgeoises l'a également été selon une évaluation d'office. Il n'en demeure pas moins que le revenu total d'une activité indépendante du recourant pour la période fiscale en cause en résultant apparaît particulièrement élevé (1'000'000 fr.). L'OID n'a pas précisé les éléments sur lesquels il s'était fondé pour retenir un montant de 400'000 fr.; le tribunal ne voit pas en quoi les pièces au dossier seraient de nature à rendre un tel montant vraisemblable - il n'apparaît pas, en particulier, que l'OID se serait fondé sur le train de vie du recourant, l'évolution de sa fortune (puisque cet office ne semble pas avoir eu connaissance de celle-ci durant les années qui ont précédé) ou encore sur des coefficients expérimentaux (cf. art. 130 al. 2, 2e phrase, LIFD, et 180 al. 2, 2e phrase, LI) -, et doute sérieusement qu'un montant de cette importance puisse être déduit de considérations relevant de la seule expérience de la vie (cf. consid. 6a supra). Dans ce contexte, on ne peut exclure que le montant de 400'000 fr. doive être qualifié de manifestement inexact respectivement qu'il y ait lieu de constater qu'il a été retenu pour des motifs pénaux (ou fiscaux) plutôt que sur la base d'une appréciation consciencieuse, à tout le moins que l'OID ne pouvait retenir un tel montant, dans le cadre de son obligation de procéder à une appréciation consciencieuse de la situation du recourant, sans avoir au préalable procédé à un complément d'instruction lui permettant de s'assurer de son caractère à tout le moins probable.

Il n'y a toutefois pas lieu de compléter l'instruction sur ce point dès lors que, à supposer même que le montant de 400'000 fr. retenu à ce titre par l'OID doive être qualifié de manifestement inexact, ce constat ne serait pas de nature à entraîner la nullité de la taxation d'office du 9 juillet 2012. En pareille hypothèse, la situation du recourant serait en effet similaire (mutatis mutandis) à celle de la contribuable taxée d'office par les autorités fiscales zurichoises pour les périodes 2004 et 2005 dans l'arrêt 2C_679/2016, 2C_680/2016 du 11 juillet 2017 évoqué ci-dessus (consid. 6b). Le TF a retenu dans ce cadre que les montants retenus à titre de revenus d'une activité lucrative (salariée) de la contribuable concernée ne se fondaient sur aucun indice probant, qu'il aurait appartenu au fisc zurichois, à toute le moins, de vérifier la plausibilité de ces montants et qu'à ce défaut, il apparaissait que les montants retenus se fondaient exclusivement sur des motifs punitifs (pénaux) respectivement fiscaux; une telle violation par l'autorité fiscale de son obligation d'effectuer la taxation d'office sur la base d'une appréciation consciencieuse n'était toutefois pas d'une gravité telle qu'il en résulterait la nullité des taxations d'office en cause - contrairement à la situation prévalant pour les périodes fiscales postérieures, pour lesquelles les décisions de taxation du fics zurichois étaient en contradiction grossière avec des informations dont cette autorité avait connaissance.

En l'espèce, à supposer même que le montant de 400'000 fr. retenu à titre de revenu d'une activité indépendante dans le canton de Vaud doive être qualifié de manifestement inexact, il n'en était pas moins possible - en ce sens qu'un tel montant n'était pas à proprement parler en contradiction avec les informations dont l'OID avait connaissance; autrement dit, cet office n'a pas taxé le recourant de façon délibérément arbitraire à son détriment, mais aurait tout au plus retenu un montant qui ne se fondait sur aucun indice probant. Une telle violation de ces obligations de procédure par l'OID, si elle serait regrettable (à supposer qu'elle soit établie), n'aurait dès lors dans tous les cas pas pour conséquence la nullité de la taxation d'office litigieuse (cf. ég. pour comparaison CDAP FI.2018.0211 du 30 décembre 2019 consid. 5e/aa).

f) En définitive, il s'impose de constater que les griefs du recourant en lien avec la procédure de taxation d'office ne résistent pas à l'examen, à tout le moins ne sont pas de nature à entraîner la nullité de la décision litigieuse.

7.                      Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté et la décision attaquée confirmée.   

Un émolument de 5'000 fr. est mis à la charge du recourant, qui succombe (cf. art. 49 al. 1 LPA-VD; art. 1 et 2 du tarif des frais judiciaires et des dépens en matière administrative, du 28 avril 2015 - TFJDA; BLV 173.36.5.1). Il n'y a pas lieu pour le reste d'allouer d'indemnité à titre de dépens (cf. art. 55 al. 1 LPA-VD).


 

Par ces motifs
 la Cour de droit administratif et public
du Tribunal cantonal
arrête:

I.                       Le recours est rejeté.

II.                      La décision rendue le 16 août 2017 par l'Administration cantonale des impôts est confirmée.

III.                    Un émolument de 5'000 (cinq mille) francs est mis à la charge de A.________.

IV.                    Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 3 juin 2020

 

Le président:                                                                                             Le greffier:         


                                                                                                                 

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000 Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.