canton de vaud
TRIBUNAL ADMINISTRATIF
- A R R E T -
du 25 juin 1992
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sur le recours interjeté par la société INTERNATIONALE VERBANDSTOFF-FABRIK SCHAFFHOUSE, représentée par Maître Jacques Baumgartner, avocat à Lausanne
contre
la décision du Service des eaux et de la protection de l'environnement du 17 décembre 1991 (refus d'autorisation de preneur de déchets spéciaux).
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Statuant à huis clos,
le Tribunal administratif, composé de
M. J.-C. de Haller,
président
Mme I. Barman Guisan, assesseur
M. H. Collomb, assesseur
Greffier : M. J.-C. Weill
constate en fait :
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A. La recourante, INTERNATIONALE VERBANDSTOFF-FABRIK (ci-après IVF), est une société anonyme dont le siège est à Schaffhouse et inscrite au registre du commerce depuis le 13 avril 1883. Son but statutaire est la fabrication et la vente de matériel de pansement et de produits chimiques et pharmaceutiques ainsi que d'articles de chirurgie, de soins aux malades, d'hygiène et de cosmétiques.
B. Le 6 novembre 1991, IVF a demandé au Département des travaux publics, de l'aménagement et des transports (ci-après le Département) l'autorisation de traiter les déchets infectieux d'établissements hospitaliers vaudois au moyen d'une station mobile de réduction et de désinfection dénommée "Clinomobil". Cette autorisation a été refusée par décision du 17 décembre 1991, contre laquelle la recourante s'est pourvue les 23 décembre 1991 (déclaration de recours) et 7 janvier 1992 (mémoire de recours). Elle a effectué le 10 février 1992 l'avance de frais exigée, par Fr. 1'500.-.
C. Le dossier a été transmis au Tribunal administratif le 15 janvier 1992. Invité à se déterminer, le Département a révoqué sa décision le 25 février 1992, en relevant que l'affaire échappait à la compétence des autorités vaudoises et s'en remettant à justice pour le surplus. Ces déterminations ont été communiquées le 28 février 1992 à la recourante, qui n'a pas retiré son recours, demandant à prendre connaissance de l'arrêt du Tribunal (lettre du 18 mai 1992).
D. Le Tribunal administratif a délibéré le 17 juin 1992, en l'absence des parties, qui n'ont pas présenté de requête tendant à l'organisation de débats oraux.
et considère en droit :
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1. En droit administratif, l'existence d'une décision constituant l'objet de la contestation est une condition pour qu'il y ait un jugement au fond dans la procédure de recours subséquente (ATF 110 V 48). Dans le cas particulier, cette condition n'existe plus, le Département ayant retiré la décision entreprise. Les conclusions prises en procédure par la recourante sont donc sans objet, et il lui appartient d'entreprendre les démarches nécessaires à la prolongation ou au renouvellement de l'autorisation provisoire obtenue à Schaffhouse, conformément à la règle de l'art. 32 al. 2 litt. b in fine de la loi fédérale du 7 octobre 1983 sur la protection de l'environnement.
2. Seule reste à régler la question des frais et dépens (art. 55 LJPA).
Conformément à la jurisprudence, lorsqu'un recours est retiré ou devient sans objet parce que l'une des parties se soumet aux conclusions de l'autre ou aux exigences de l'autorité, la partie qui acquiesce est en principe chargée des frais et dépens (TA, arrêt du 10 février 1992 Bo RE 92/01; arrêt du 14 mai 1992 Ba et Je RE 92/13; voir aussi art. 162 CPC par analogie, ainsi que Grisel, Traité de droit administratif, page 846, et Martin Bernet, Die Parteientschädigung in der Verwaltungsrechtpflege, note 255, page 145). Il en résulte qu'en l'espèce, les frais de la procédure doivent être laissés à la charge de l'Etat et des dépens alloués à la recourante, à la charge du budget du département intimé.
Par ces motifs,
le Tribunal administratif
a r r ê t e :
I. Le recours est déclaré sans objet.
II. Il n'est pas perçu d'émolument d'arrêt, l'avance de frais étant restituée à la recourante.
III. L'Etat de Vaud versera à la recourante un montant de Fr. 500.-- à titre de dépens.
Lausanne, le 25 juin 1992
Au nom du Tribunal administratif :
Le président : Le greffier :